Preview : La Route ( 2ème partie )

Publié le 5 nov 2009

Pour John Hillcoat, une des difficultés du film était de montrer l’horreur d’un
monde ravagé sans avoir recours aux clichés du genre post-apocalyptique. Pour y
parvenir, le réalisateur s’est entouré de collaborateurs avec qui il avait déjà travaillé :
le monteur Jon Gregory, le chef décorateur Chris Kennedy, et la chef costumière
Margot Wilson.
John Hillcoat raconte : « Après THE PROPOSITION, j’avais envie de continuer
à travailler avec eux pour le restant de mes jours. Ce que j’aime chez Chris et
Margot, c’est leur attention du détail. Leur compréhension de l’histoire et du film va
bien au-delà de ce qu’ils sont censés faire dans le cadre de leur métier. Comme
Chris, Margot comprend parfaitement les personnages, ce qu’ils font, les thèmes qui
leur sont associés et comment les traduire dans leur environnement.
« Nous voulions éviter de créer un univers « à la Mad Max » parce que tout le
monde connaît ce film qui a défini le genre post-apocalyptique. Nous avons donc
repensé à ce qui était dans le livre, et ce qui en ressortait : les chariots de
supermarché, les blousons de ski, la crasse, les sacs plastiques… Cela nous a tout de
suite évoqué les SDF qu’on peut voir dans toutes les grandes villes. D’une certaine
façon, ces parias vivent déjà dans ce monde post-apocalyptique, chaque jour ils
essayent de survivre dans les rues sans argent ni nourriture.
« Les SDF ont donc été notre principale source d’inspiration. Margot a
rassemblé de nombreuses photos, et elle s’est intéressée à leur monde et aux
techniques qu’ils utilisent pour survivre dans les rues. C’est de là que viennent les
doublures en plastique dans les manteaux des personnages, c’est un moyen très
efficace pour se protéger du froid. Elle a aussi copié leur façon de recycler des
morceaux de vêtements. Les costumes de Margot sont très détaillés et très
réalistes. »
La chef costumière Margot Wilson raconte : « J’ai lu cinq fois le scénario pour
bien comprendre la tristesse, les petites joies passagères et toutes les émotions qu’il
évoque. Cette histoire vous fait passer par toutes les émotions qui vont de l’espoir au
désespoir, parfois en quelques secondes. Ce n’est qu’en ayant compris pleinement
toutes les émotions de l’histoire et des personnages que j’ai réellement eu le
sentiment de comprendre l’amour entre ce père et son fils. »
« Avec le scénario, John m’a envoyé des photos des extérieurs dans lesquels
nous allions tourner et ses notes sur sa vision du film. C’était très intéressant et cela
m’a poussée à faire des recherches sur les SDF qui vivent malheureusement dans
des conditions qui se rapprochent de celles des personnages du roman. Comme eux,
ils n’ont pas de vêtements, ils trouvent difficilement de la nourriture, et ils font ce
qu’ils peuvent avec ce qu’ils trouvent. Grâce aux photos des extérieurs, j’ai pu me
faire une idée du néant dans lequel allait se dérouler l’histoire. Ces paysages étaient
mornes et sans couleurs, mais en même temps ils avaient en eux une poésie qui les
rendait magnifiques. »
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La chef costumière a ensuite réfléchi aux personnages et fait des dessins de
leurs vêtements de fortune. « Lire le scénario m’a permis de comprendre la nature
profonde des personnages et de les rapprocher de leurs interprètes. Cela m’a
beaucoup aidée pour créer des costumes qui permettent aux acteurs de se fondre
dans leur personnage. Je voulais qu’en regardant les personnages, le public voie en
eux quelque chose de familier et reconnaisse des vêtements que nous portons
aujourd’hui. »
Après avoir défini le style de chaque personnage, des heures de travail ont été
nécessaires pour vieillir les différentes pièces de leurs costumes, qui ont pour la
plupart été achetées dans des magasins de vêtements d’occasion. Comme les
survivants récupèrent et transforment des habits pour leur capacité à les tenir au
chaud et à l’abri des éléments, et non pas pour leur style, la costumière a veillé à ne
choisir que des vêtements dépareillés.
Margot Wilson a aussi inventé une « philosophie de la vie sur la route » qu’elle
a appliquée à tous les personnages, et qui consiste à voyager léger, en n’emportant
que ce que l’on peut porter, à s’habiller de plusieurs couches de vêtements, et à
utiliser une matière qui nous survivra tous : le plastique.
« Dans ce film, les personnages devaient porter plusieurs couches de
vêtements parce que si vous n’avez pas de maison et que vous traversez le pays à
pieds pour trouver un lieu sûr, vous devez porter sur vous tout ce qui vous
appartient. Pour Viggo, nous avons pris ce qu’il avait apporté avec lui, un tee-shirt,
quelques chemises, un sweat-shirt avec une capuche pour garder sa tête au chaud,
des gants, des chaussettes et des chaussures. Il fallait se dire que dans une situation
comme celle-là, on ne met pas ses affaires dans un grand sac qu’on emporte avec
soi. On ne peut pas voyager à pied avec une montage de bagages. Ce qu’on emporte
se résume en gros à ce qu’on peut mettre sur soi.
« Vous ne devez prendre avec vous que ce qui est nécessaire. C’est un peu
comme quand vous partez faire du camping. Vous ne pouvez prendre qu’une
quantité limitée de choses et la priorité est bien sûr d’emporter ce qui pourra vous
réchauffer et vous garder au sec. Pour rester au sec, les personnages utilisent dans
le film des rideaux de douche. L’Homme les a trouvés quelque part sur le bord de la
route et les a transformés en imperméables. Il utilise des choses qu’il trouve sur son
chemin. »
La chef costumière poursuit : « Quand Kodi est né, il n’y avait déjà plus de
boutiques ni d’électricité, tout ce qui lui appartient a donc été confectionné par sa
mère et son père. Il porte un pull et un pantalon de son père qu’ils ont raccourci, une
parka qu’ils avaient dans leur maison, et une chemise, des chaussures et des gants
tous trop grands pour lui.
« Comme l’Homme traverse le pays à pied, nous avions besoin de chaussures
confortables pour Viggo. C’est la seule paire de chaussures que possède son
personnage, et comme il les porte depuis des années elles sont très usées et
rafistolées. Nous les avons donc vieillies et nous avons mis du ruban adhésif autour.
Dans le film, il a un rouleau de ruban adhésif avec lequel il raccommode ses
vêtements. Il utilise même l’adhésif pour panser sa blessure après avoir reçu une
flèche.
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Pour John Hillcoat, une des difficultés du film était de montrer l’horreur d’un monde ravagé sans avoir recours aux clichés du genre post apocalyptique. Pour y parvenir, le réalisateur s’est entouré de collaborateurs avec qui il avait déjà travaillé : le monteur Jon Gregory, le chef décorateur Chris Kennedy, et la chef costumière Margot Wilson. John Hillcoat raconte : « Après THE PROPOSITION, j’avais envie de continuer à travailler avec eux pour le restant de mes jours. Ce que j’aime chez Chris et Margot, c’est leur attention du détail. Leur compréhension de l’histoire et du film va bien au-delà de ce qu’ils sont censés faire dans le cadre de leur métier. Comme Chris, Margot comprend parfaitement les personnages, ce qu’ils font, les thèmes qui leur sont associés et comment les traduire dans leur environnement. « Nous voulions éviter de créer un univers « à la Mad Max » parce que tout le monde connaît ce film qui a défini le genre post-apocalyptique. Nous avons donc repensé à ce qui était dans le livre, et ce qui en ressortait : les chariots de supermarché, les blousons de ski, la crasse, les sacs plastiques… Cela nous a tout de suite évoqué les SDF qu’on peut voir dans toutes les grandes villes. D’une certaine façon, ces parias vivent déjà dans ce monde post-apocalyptique, chaque jour ils essayent de survivre dans les rues sans argent ni nourriture. « Les SDF ont donc été notre principale source d’inspiration. Margot a rassemblé de nombreuses photos, et elle s’est intéressée à leur monde et aux techniques qu’ils utilisent pour survivre dans les rues. C’est de là que viennent les doublures en plastique dans les manteaux des personnages, c’est un moyen très efficace pour se protéger du froid. Elle a aussi copié leur façon de recycler des morceaux de vêtements. Les costumes de Margot sont très détaillés et très réalistes. »
La chef costumière Margot Wilson raconte : « J’ai lu cinq fois le scénario pour bien comprendre la tristesse, les petites joies passagères et toutes les émotions qu’il évoque. Cette histoire vous fait passer par toutes les émotions qui vont de l’espoir au désespoir, parfois en quelques secondes. Ce n’est qu’en ayant compris pleinement toutes les émotions de l’histoire et des personnages que j’ai réellement eu le sentiment de comprendre l’amour entre ce père et son fils. » « Avec le scénario, John m’a envoyé des photos des extérieurs dans lesquels nous allions tourner et ses notes sur sa vision du film. C’était très intéressant et cela m’a poussée à faire des recherches sur les SDF qui vivent malheureusement dans des conditions qui se rapprochent de celles des personnages du roman. Comme eux, ils n’ont pas de vêtements, ils trouvent difficilement de la nourriture, et ils font ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils trouvent. Grâce aux photos des extérieurs, j’ai pu me faire une idée du néant dans lequel allait se dérouler l’histoire. Ces paysages étaient mornes et sans couleurs, mais en même temps ils avaient en eux une poésie qui les rendait magnifiques. »
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La chef costumière a ensuite réfléchi aux personnages et fait des dessins de leurs vêtements de fortune. « Lire le scénario m’a permis de comprendre la nature profonde des personnages et de les rapprocher de leurs interprètes. Cela m’a beaucoup aidée pour créer des costumes qui permettent aux acteurs de se fondre dans leur personnage. Je voulais qu’en regardant les personnages, le public voie en eux quelque chose de familier et reconnaisse des vêtements que nous portons aujourd’hui. » Après avoir défini le style de chaque personnage, des heures de travail ont été nécessaires pour vieillir les différentes pièces de leurs costumes, qui ont pour la plupart été achetées dans des magasins de vêtements d’occasion. Comme les survivants récupèrent et transforment des habits pour leur capacité à les tenir au chaud et à l’abri des éléments, et non pas pour leur style, la costumière a veillé à ne choisir que des vêtements dépareillés. Margot Wilson a aussi inventé une « philosophie de la vie sur la route » qu’elle a appliquée à tous les personnages, et qui consiste à voyager léger, en n’emportant que ce que l’on peut porter, à s’habiller de plusieurs couches de vêtements, et à utiliser une matière qui nous survivra tous : le plastique. « Dans ce film, les personnages devaient porter plusieurs couches de vêtements parce que si vous n’avez pas de maison et que vous traversez le pays à pieds pour trouver un lieu sûr, vous devez porter sur vous tout ce qui vous appartient. Pour Viggo, nous avons pris ce qu’il avait apporté avec lui, un tee-shirt, quelques chemises, un sweat-shirt avec une capuche pour garder sa tête au chaud, des gants, des chaussettes et des chaussures. Il fallait se dire que dans une situation comme celle-là, on ne met pas ses affaires dans un grand sac qu’on emporte avec soi. On ne peut pas voyager à pied avec une montage de bagages. Ce qu’on emporte se résume en gros à ce qu’on peut mettre sur soi.
Lorsqu’il est venu voir le tournage, Cormac McCarthy a particulièrement apprécié le choix des extérieurs, en particulier celui de La Nouvelle-Orléans qui a subit en 2005 une catastrophe naturelle. John Hillcoat note : « Ce que j’aime beaucoup dans le livre et chez Cormac McCarthy, c’est cette volonté d’explorer les tréfonds de l’âme humaine, et de montrer sans complaisance les monstres que nous sommes vraiment, et comment nous avons toujours été et serons toujours notre pire ennemi et celui de notre planète. Et puis il y a aussi, parallèlement à ce portrait sans fard, une richesse émotionnelle extraordinaire et une tendresse entre le père et le fils qui n’existe dans aucun autre de ses livres. « J’ai aussi beaucoup aimé le fait qu’il n’y ait pas dans le livre de discussions ou d’explications sur ce qui est arrivé à notre monde. On ne sait pas ce qui s’est
passé. J’ai trouvé cela très habile parce que si une catastrophe de cette ampleur devait un jour frapper la Terre, les gens se soucieraient peu de savoir si elle a été causée par une guerre nucléaire, une comète ou quoi que ce soit d’autre. Pour eux, la véritable préoccupation serait de savoir comment ils vont survivre dans un monden qui a radicalement changé. J’ai trouvé que la façon dont Cormac McCarthy gardait cette question en suspens était originale, obsédante et dérangeante. Cela rend l’histoire beaucoup plus réaliste et pertinente. » Paula Mae Schwartz observe : « C’est une histoire biblique, l’histoire du triomphe de l’amour sur le mal, et je pense qu’en sortant des salles les gens seront habités par une certitude, celle qu’il y a toujours de l’espoir. »

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Dans un film où la planète est un personnage central, il était crucial pour les cinéastes de trouver une grande variété de terrains qui reflètent l’évolution du paysage à mesure que le père et le fils avancent sur la route, depuis une région montagneuse en passant par les plaines vallonnées du pays et jusqu’à l’océan. De plus, comme la planète a été ravagée par une catastrophe, tous les extérieurs devaient être abandonnés, dévastés et en ruine. Au cours d’une longue période de préproduction, les cinéastes ont visité plus d’une cinquantaine d’endroits pouvant servir de décors au film. La plupart d’entre eux ont été trouvés en Pennsylvanie, sur les rives du lac Erie, en Louisiane dans les régions touchées par Katrina, et dans certaines régions de l’Oregon. Nick Wechsler note : « Comme Cormac McCarthy ne dit pas ce qui a ravagé la Terre, nous avons passé en revue les événements récents qui ont causé d’énormes dégâts aux Etats-Unis. La Nouvelle-Orléans nous a permis de montrer les ravages que peut faire une catastrophe naturelle. Nous nous sommes aussi intéressés à d’autres endroits du pays qui ont été détruits par des incendies et des éruptions volcaniques, défigurés par l’industrie, ou vidés de leur population par des problèmes économiques. Nous nous sommes inspirés de toutes les catastrophes naturelles ou nées de la main de l’homme. »

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