Critique: Embodiment Of Evil (2008)

Alexandre 14 juillet 2010 Bonnes surprises, Critiques, Sagas, Suites de films 0

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Planquez vos femmes! José Mojica Marins, toutes griffes dehors, redevient Coffin Joe pour ce « Embodiment Of Evil ». Et le vieux barbu est plutôt furax qu’on ait supprimé son profil Meetic !

Après quarante années passées en taules, le psychopathe Coffin Joe débarque dans les rue de Sao Paulo, accompagné de son fidèle Bruno et toujours à la recherche de la femme idéale pour porter sa progéniture. Et les critères du papie sont toujours aussi exigeant, Coffin Joe ayant une vision plutôt perverse de l’élitisme, par-delà le bien et le mal…

embodiment of evil

Coffin Joe dans la fleur de l’âge

Achevant une trilogie commencée au début des années 60, « Embodiment Of Evil » poursuit donc quarante deux ans après un cycle entamé par « At Midnight I Will Take Your Soul » et « This Night I Will Possess Your Corpse » – on notera l’effort d’originalité dans les titres – cela même si Coffin Joe est apparu entre temps comme special guest de nombreux films, comics, nouvelles et chansons hommages achevant de faire du personnage une véritable icône macabre du patrimoine cinématographique brésilien. Que les néophytes se rassurent cependant : cette réactualisation  permet aussi d’introduire Coffin Joe – ou plutôt Xé do Caixo en Brésilien ou même Xé du cercueil chez nous – aux spectateurs non-initiés. Toujours à la réalisation, José Mojica Marins reprend à plus de 70 ans la cape, le chapeau haut de forme et les griffes 100% authentiques pour un scénario dont les bases auraient été écrites il y a près de quarante ans mais furent réactualisées pour rentrer un peu plus dans l’air du temps.

embodiment of evil

Le même, quarante plus tard, avec un vieux mec zarbi qui fait ses fringues lui-même…

Cette tentative de recoller à un script développé des décades auparavant mène à un film parfois un peu décousu et au rythme quelque peu bancal. Les flashbacks mélangeant extraits des films précédents et séquences revisitées alourdissent ainsi l’ensemble et tentent tant bien que mal d’expliquer inutilement quelques petits détails de l’histoire. Le film est surtout dénué du moindre effroi : comment flipper devant un vieux cabotin atteint de calvitie, allergique à la manucure, vêtu de fringues dignes de la Hammer et qui passe la moitié du film terrifié par les fantômes de ses victimes passées ? C’est pourquoi, entre deux discours ambigus emprunt d’un nihilisme pour ado perturbé, Coffin Joe est obligé de recruter une team de fidèles toute droit sortie d’un clip de métal/indus des années 90 afin de trouver la mère porteuse idéale. Dénué de toute tension, « Embodiment Of Evil » se rattrape un peu gratuitement au détour de séquences gores à l’extrémisme rarement atteint au cinéma. Tous les Saw et Hostel de la planète font ainsi pâle figure face à ce déferlement d’actes de torture dignes du livre « American Psycho », filmés plein cadre et aidés par des acteurs/victimes se passant parfois d’effets spéciaux, trop contents de mettre leurs envies de performances extrémistes au service de Coffin Joe.

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Malgré sa taille « passe-partout », Coffin Joe arrive à dessaper l’intégralité du casting féminin. Chapeau bas l’artiste!

Malgré donc une mise en scène bancale – rattrapée notablement par la photographie – et le caractère légèrement désuet du personnage, c’est le côté punk, subversif et original du film qui restera en mémoire du spectateur. En plus de dépasser sans retenus les limites du genre, José Mojica Marins moque allégrement toutes les représentations du pouvoir au travers d’une galerie de personnages bigarrés et tordant : du prêtre sado-maso au flic borgne et travaillant à nettoyer les favelas des orphelins « pour le bien des finances publics », en passant par un système judiciaire qui relâche dans la nature ses pires criminels, Coffin Joe prône un nihilisme de foire dans une société affamée et rongée par la corruption. En plus de cette forte personnalité qui justifie déjà à elle seule la vision du film, « Embodiment of Evil » arrive aussi à déployer des imageries originales et marquantes, cela notamment au détour de quelque apparition cauchemardesque ou d’un passage aux enfers rappelant fortement la veine surréaliste sud-américaine d’un Alejandro Jodorowsky.

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Oh! On a fait un vilain cauchemard!

Disponible en DVD UK chez Anchor Bay Home Entertainment.

Critique par Alex B

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