Return Of The Living Dead 4 – Necropolis (Ellory Elkayem, 2004)

Emmanuelle Ignacchiti 20 octobre 2011 A enterrer pour de bon !, Critiques, Sagas, Zombies 0

Un groupe d’adolescents fait la découverte de l’existence d’une base secrète où une multinationale teste sur des humains une toxine qui réanime les morts à des fins militaires. Mais suite à un accident, les adolescents permettent à un mort vivant de s’échapper, la base se retrouve alors vite envahie par les zombies.

Malgré la qualité toute relative de la franchise initiée par John A. Russo en 1985, Return Of The Living Dead en remet une couche avec ce quatrième volet baptisé Necropolis. Il faut préciser d’emblée que ce film n’a absolument rien en commun avec les autres opus de la saga, si ce n’est la présence de l’indémodable Trioxyne, ce virus militaire contenu dans des barils imperméables qui finissent toujours par s’ouvrir, capable de transformer les cadavres en morts-vivants accros au cerveau humain. Nous voici donc repartis pour une toute nouvelle aventure qui, si elle ressemble à s’y méprendre à celle des Goonies, ne risque certainement pas de connaitre le même succès public… Vous voilà prévenus.

L’histoire de Return Of The Living Dead 4 – Necropolis ne se veut pas tellement comique ; pourtant, force est de constater que le risible est omniprésent dans quasiment chaque scène tant les scénaristes sont à côté de la plaque : que ce soit dans les rapports entre les personnages, plus stéréotypés que jamais ; ou encore dans l’improbabilité de certaines situations, le film ne parvient jamais à faire mouche et s’enfonce bien au contraire dans un marasme de platitude insignifiante dont il lui sera très difficile de sortir. L’histoire se déroule apparemment dans un univers similaire à Return 3, puisque la scène d’intro fait mention d’un état de guerre dans le passé qui opposa les humains contre les zombies, mais cette fausse-apparence de séquelle est vraiment très mal foutue, le 3 se terminant sur la destruction du laboratoire maudit par les zombies et rien de plus. Quoiqu’il en soit, ladite guerre fut annihilée par une puissante multinationale nommée HYBRA TECH, qui a la mainmise sur l’intégralité du marché technologique, des jeux vidéo aux armes bactériologiques en passant par la nourriture et les médicaments. Tout commence lorsque le professeur Charles-quelque chose (oups, j’ai oublié son nom…), employé d’HYBRA TECH de son état, décide de se rendre dans une usine désaffectée de Russie traiter avec des trafiquants aux mines faussement patibulaires et à l’accent faussement Russe afin de se procurer quelques barils de cette fameuse Trioxyne, « pour son usage personnel » dit-il. Bizarrement, la transaction tourne mal : un baril s’ouvre sans raison apparente (oh comme c’est original ! on nous l’avait encore jamais faite, celle-là…), entraînant la pagaille sur fond de hurlements zombiesques qui ont comme un air de déjà-vu – le pathétique et insupportable « Cerveaux ! Cerveaux ! » si caractéristique de la franchise –. Néanmoins, le fourbe professeur réussit à s’échapper et à rapatrier on ne sait trop comment les cinq barils de Trioxyne jusqu’aux USA. C’est donc à partir de là que les évènements vont s’enchaîner à une vitesse de croisière qui devient vite lassante, le film se focalisant dès à présent sur une bande de jeunes dont le « héros » n’est autre que le filleul du professeur Charles, dont celui-ci a hérité la garde après que ses parents aient été tués dans un accident de voiture.

Et c’est là que ça se complique, car si la scène d’introduction pouvait encore passer – bien que difficilement, il faut l’avouer –, ce n’est définitivement plus le cas lorsque le jeune Julian (« Jul’ », pour les intimes) entre en scène. Avec la tête irritante au plus haut point qu’il se trimballe et ses sourcils sans cesse tirés vers le bas comme s’il allait se mettre à chialer d’une minute à l’autre, Julian fait partie des héros les plus larmoyants et pitoyables qu’il m’ait jamais été donné de voir. Mais admirons un peu ses copains, tout aussi gratinés : alors, il y a Zeke (non mais, c’est quoi ce nom pourri ?!), le pseudo-badass jaloux et violent tout habillé en noir (parce qu’il est trop dark) aux allures paradoxales de petit bourge capricieux, qui se fera enlever par HYBRA TECH et sera donc celui qui entrainera ses collègues dans une « Gonnies-like adventure » lorsqu’ils décideront tous ensemble de partir à sa rescousse ; il y a aussi l’Afro-Américain-blagueur de service Cody, spécialiste en piratage informatique (enfin, c’est ce qu’ils veulent nous faire croire…) ; ainsi que Becky, la blonde-conne-à-couettes-et-lunettes-pas-si-conne-et-moche-que-ça, qui finit par daigner sortir de son  éternel rôle de potiche pour se rendre un peu utile vers la fin du film (et que l’on peut également retrouver dans tout bon film de teenager bas-de-gamme digne de ce nom) ; Katie, la bombe sexuelle intelligente et naturelle mais à l’air cruche et superficiel dont le héros Julian et son rival Zeke sont amoureux ; Emmy, la blondasse à tête en plastique et corps de rêve cramé aux UV, fringuée en mini-jupe et top pour enfant de cinq ans rose-bonbon et qui ne sert au final qu’à exhiber sa plastique deux minutes avant de crever connement ; le petit frère casse-cou à la voix insupportable (on sent bien qu’il a été doublé en français par un adulte qui tente tant bien que mal de modifier sa voix) et dont le passe-temps débile consiste à tout faire cramer au lance-flammes (trop crédible, il doit avoir 8 ans…) ; et enfin Carlos, le trouillard antipathique abonné au sarcasme et à l’instinct de survie surdéveloppé, toujours prêt à sortir son flingue comme un ahuri mais qui au final s’avère être celui qui fait le plus preuve de bon sens, et donc le plus crédible du film. On ne croit pas une seule seconde aux relations périmées qu’entretiennent ces personnages saturés de clichés, et les voir évoluer entre leurs activités d’ados débiles et leurs déboires affectifs gnangnan n’a en soi pas plus d’intérêt qu’un roman d’Anna Gavalda.

Mais assez parlé des personnages, venons-en au fait : que valent donc les zombies, cette fois ? Est-ce qu’ils se cassent la gueule toutes les cinq minutes en racontant des conneries comme Ben Stiller ? Non, rassurez-vous, Return 4 nous épargne au moins ça… En revanche, les zombies ont toujours les quenottes aussi incroyablement robustes, capables de vous ouvrir le crâne par l’arrière ou par le front et de récupérer un bon bout de votre cerveau, os crâniens y compris, en un seul et unique coup de mâchoire. Bizarre, bizarre… On peut également déplorer le fait qu’ils parlent, comme je l’ai déjà dit un peu plus haut (« Cerveaux ! Cerveeeaaauuuux ! »), mais bon, ça, la franchise commence à nous y habituer (ou plutôt, on finit par ne plus rien en espérer). Niveau maquillage, ils sont plutôt pas mal, dommage cependant que le film se soit senti d’innover en nous présentant des espèces de cyber-zombies tout droit sortis d’un épisode de Buffy contre les vampires (oui, c’est une tendance à la mode) autour desquels on fait tout un foin (ils sont l’arme ultime !) mais qui se font latter le cul aussi vite qu’ils sont apparus. Les scènes gore sont correctes, le sang gicle pas mal, mais elles sont en définitive plutôt rares et surtout rébarbatives (ben ouais, les zombies ne s’attaquent qu’aux cerveaux donc c’est toujours plus ou moins pareil…). Il n’y a qu’une seule scène, une seule et unique dans tout le film, qui vaille un tant soit peu le détour : celle où les zombies s’échappent de leurs cellules et décapitent sauvagement un gardien avant de l’éviscérer en bonne et due forme. Très brève mais plutôt réussie, cette scène fait contraste avec le reste du métrage dont elle ne parvient pas pour autant à rehausser le niveau. A part cela, les scènes d’action sont comme tout ce qui compose ce film : molles, bourrées de clichés et totalement indignes d’intérêt. Comble du ridicule, on peut même y voir une attaque de rat-zombie fou furieux atrocement mal foutue : imaginez des peluches cradingues secouées frénétiquement  contre le cou ou le bras de ses « victimes » par un mec hors-cadre, et vous aurez tout compris de la scène. Absolument rien de surprenant dans tout cela, sans parler de la tendance lourdingue à recycler sans cesse les mêmes ficelles, comme le coup du flingue qui n’a plus de balles, pour ne citer qu’un exemple…

Return Of The Living Dead 4 – Necropolis est donc bien ce que l’on peut appeler sans se tromper un mauvais film : lent, chiant, creux et maladroit, il s’agit sans conteste du pire des quatre volets (qui n’étaient déjà pas terribles) ; quand bien même a-t-il pris soin d’éviter l’humour à deux balles, il n’en demeure pas moins ridicule. Un film que je ne conseille pas même comme remède ultime pour s’endormir en cas d’insomnies sévères…

Par Emmanuelle Ignacchiti

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