Hannibal : retour sur 2 saisons de sang-froid

Officiellement renouvelée pour une 3ème saison qui devrait nous arriver cet été, la série retraçant l’histoire et la relation particulière du professeur Will Graham avec le psychiatre sociopathe Hannibal Lecter mérite un petit bilan.

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Will Graham, consultant pour le FBI aux vues de ses capacités particulières pour aider à la résolution de meurtres, essaye de surmonter les violences psychologiques que lui provoquent les enquêtes. C’est avec l’aide du Dr Lecter qu’il essaye d’y voir plus clair. Les personnages évoluent dans une ambiance sombre, glauque, où chaque meurtre est théâtralement orchestré pour laisser au spectateur un sentiment oppressant, un malaise auquel il ne peut rien.
Au-delà du parti pris que l’on pourrait avoir, le réalisateur nous place dans la tête de Will Graham, nous fait vivre de l’intérieur ses doutes, ses fantômes, sa chute. On se sent torturé et maladroit, tout comme le personnage. En face de lui, un Hannibal ambigu, au sang-froid imperturbable, à la monstruosité savamment cachée. Il n’est pas encore le tueur connu et recherché par la justice, et intervient ici en tant que simple professionnel de la santé mentale. Le spectateur est le seul à « réellement » savoir qui est Hannibal Lecter, prenant une longueur d’avance sur les autres protagonistes et devenant presque complice de ses faits.

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La seconde saison change radicalement de rythme, plus lent que la précédente, avec une découpe distinct en deux moitiés. On se plonge littéralement au plus profond de la psychologie des personnages principaux. Une partie d’échecs malsaine débute entre Hannibal et Will Graham. Moins accès « série policière », on sent néanmoins un tournant beaucoup plus glauque (voir parfois même à la limite du gore – ou complètement dedans -). La série ne veut pas nous laisser indifférent à ce qui se passe, et surtout à ce qui se profile au fur et à mesure que les 13 épisodes avancent. Des tableaux et des mises en scène toujours aussi travaillées et soignées, et l’introduction de nouveaux personnages qui apportent à l’intrigue une part de « réel » qui va jouer sur le scénario et nous donner peu de répit dans l’enchaînement des événements.

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P O U R Q U O I  Ç A  V A U T  L E  D É T O U R  ?

– Pour la vision de réécriture et l’histoire du passé. Hannibal Lecter est un personnage qui a déjà eu son « heure de gloire » au cinéma, on pourrait croire qu’il n’y a plus grand chose à dire ou à faire, et Bryan Fuller nous démontre tout l’inverse. Le personnage est loin de nous avoir tout dévoilé, et la série nous permet d’être nous même un peu le psychiatre du sociopathe.

– Pour le changement d’acteurs. C’est d’ailleurs ce point là qui est le plus compliqué pour une grande partie des spectateurs qui ont essayé de regarder la série. On se souvient encore très (trop ?) bien de l’interprétation d’Anthony Hopkins dans le rôle du psychiatre cannibale, et on se dit que passer après lui, c’est un peu « pêcher ». Pourtant ça fonctionne. Mads Mikkelsen nous livre une incarnation plus fine du personnage, et ce justement parce que l’intrigue se passe avant son incarcération. Il est encore plus secret, plus fourbe, mais surtout raffiné, courtois, il ne doit pas se faire prendre. Et c’est cette hauteur là, que n’avaient pas forcément les films, qui donne du mérite à la série.

– Pour l’ambiance. Que ce soit pour la mise en scène, la musique, les couleurs, les dialogues… tout est fait avec soin. Tout est fait pour que nous ne soyons pas confortables émotionnellement. Un éternel jeu du chat et de la souris dans lequel nous sommes pris malgré nous, obligés de prendre parti ou d’être constamment sur nos gardes.

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L A  S A I S O N  3 : L E S  A T T E N T E S 

Le début de la seconde saison, légèrement en deçà de l’ambiance de la fin de la première, a très vite repris du poil de la bête. Avec un épisode final au sommet, on ne peut que se demander où le réalisateur va nous emmener. Maintenant que le jeu a été dévoilé, c’est une toute nouvelle partie qui s’annonce et le moins qu’on puisse dire c’est qu’on l’espère du même acabit que les beaux twists proposés dans la seconde saison. Un rythme soutenu serait le plus approprié pour la suite afin de pouvoir ressentir la course-poursuite haletante qui devrait s’y jouer…

https://www.youtube.com/watch?v=9kN7fhWnhdM

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