The Strain : l’infection se propage

Plus de 8 ans après « Le Labyrinthe de Pan » et « Pacific Rim » en 2013, Guillermo del Toro revient à ses premiers amours : l’horreur et les monstres. Le réalisateur appose cette fois sa patte pour la TV avec « The Strain », nouvelle série sortie l’été dernier, à mi-chemin entre horreur/gore et fantastique. C’est après avoir écrit sa suite de 3 romans (coécrit avec Chuck Hogan) que notre cher mexicain arrivera à obtenir l’aval de FX pour donner vie à cette série, qui à l’origine n’a essuyé que des refus.

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L E  P I T C H

Lorsqu’un Boeing 777 atterrit à l’aéroport new yorkais JFK sans qu’aucun signe de vie n’en émane, Eph Goodweather, un scientifique spécialisé dans les épidémies et les attaques biologiques, est dépêché sur les lieux. A l’intérieur de l’avion, il découvre que tous les passagers sont morts, probablement tués par un étrange virus ou… quelque chose de non identifié. L’homme fait alors équipe avec un ancien professeur, survivant de l’Holocauste, Abraham Setrakian. Ensemble, ils constituent un petit groupe qui devient rapidement le dernier espoir pour la survie de la race humaine. Des créatures nocturnes transforment en effet petit à petit la civilisation en un gigantesque buffet. Rien ne semble pouvoir les arrêter…

De très bonnes choses…

Si vous êtes fan de l’univers de Monsieur del Toro, nul doute que vous apprécierez ! Autant sur la lumière, l’ambiance lugubre, que sur le maquillage des vampires clairement en référence aux vampires de Blade II. C’est purement un produit signé. Le thème du vampirisme étant cher au réalisateur (on se souvient de Cronos en 1993 montrant un mécanisme donnant goût au sang), on sent avec « The Strain » que c’est un sujet avec lequel Guillermo del Toro n’a pas encore joué toutes ses cartes.

L’évolution du virus une fois « ingéré » par le corps humain change de la plupart des contagions déjà vues à la télé ou au cinéma. On assiste à une véritable transformation, l’humain ne devenant plus que l’ombre de lui-même, plus ou moins conscient de son état, pour finir en créature assoiffée de sang. Au delà du vampire, celle-ci adopte le même comportement qu’un zombie, jamais rassasié et toujours à la recherche de nouvelles victimes. Certains épisodes sont de jolis moments d’angoisse.

Guillermo del Toro a compris qu’une série doit avoir une fin. Dès le début, le réalisateur explique qu’il a imaginé « The Strain » pour 5 saisons, pas plus : « Je n’ai pas envie que ce soit une série qui reste à la télévision jusqu’à ce qu’elle ne soit plus un succès« . C’est plutôt une bonne chose puisqu’on sait que nombre de séries se sont précipitamment arrêtées par manque de crédibilité scénaristique / d’audience / d’argent. L’homme sait où il va, et pour ça on a envie de connaitre l’évolution qu’il a planifié pour sa série.

Strain

… et pas mal de déceptions.

A partir de la mi-saison, il y a comme un relachement. Certaines scènes deviennent vraiment longues, d’autres sont complètement inutiles à l’intrigue de la série. Pas mal d’incohérences et des questions qui restent sans réponses, notamment sur les questions hygiène/scientifiques ou sur les comportements des protagonistes. Des « petits rien » qui pèsent du mauvais côté de la balance, et venant de Guillermo c’est d’autant plus étonnant !

Des erreurs de montage, parfois grossières. Les scènes passent de l’une à l’autre sans trop de rapprochement, ou sans grande cohérence, certains flashbacks n’ont pas lieu d’être… Le scénario prend le parti de vouloir nous faire découvrir la vie passée de certains personnages, en laissant les autres sur le carreau, voire à ne même pas prendre la peine de développer leur psychologie. C’est plutôt dommage lorsqu’on connait l’environnement dans lequel ils évoluent, et surtout au fait que nous allons les suivre tout au long de la série.

N’ayant pas lu les livres de Guillermo del Toro et de Chuck Hogan, impossible de savoir ce qui a été fait à la base pour le « Maître ». Créature mystérieuse et ancienne, grand chef du désastre qui est en train de décimer New York, il perd toute crédibilité en montrant son visage. Son masque de silicone nous donne l’impression d’avoir été recyclé d’un vieux tournage de film d’horreur cheap, et quand on voit le travail sur les autres créatures, on reste dubitatif.

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EN RÉSUMÉ

Guillermo del Toro nous perd un peu avec parfois un manque de discernement sur le message et le type de série qu’il a envie de nous montrer : on oscille facilement entre vampires et zombies, série horreur et série action, magie et sciences… Difficile de résumer facilement ce qu’on vient de voir, nous laissant un goût mi-figue mi-raisin. La première saison pose clairement les bases de la seconde à venir. Malgré le type de scénario revu et corrigé des dizaines de fois, del Toro arrive néanmoins toujours à nous faire voir autre chose, à y mettre sa griffe si particulière. Et c’est peut-être justement parce que notre avis n’est pas tranché après cette saison qu’on ira jeter un oeil curieux à la prochaine !

2 plusieurs commentaires

  1. Hâte de pouvoir la découvrir!

  2. J’ai eu l’occasion de les voir depuis ma dernière visite et j’ai adoré. J’attends avec impatience la suite !!

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