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	<title>Films-horreur.com &#187; Zombies</title>
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	<description>News ... Critiques ... Rumeurs ... Bandes annonces : le meilleur des &#60;strong&#62; films d&#039;horreur &#60;/strong&#62;</description>
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		<title>[Critique] Le Manoir de la Terreur (Andrea Bianchi, 1980)</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Nov 2011 10:18:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuelle Ignacchiti</dc:creator>
				<category><![CDATA[A enterrer pour de bon !]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Zombies]]></category>
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		<description><![CDATA[Un groupe de jeunes gens se rend dans la villa d&#8217;un riche industriel, pensant y passer un week-end agréable. Mais un professeur passionné d&#8217;archéologie séjournant dans la demeure fait réapparaître des zombies qui ne vont pas tarder à semer la terreur parmi les convives. Sorti en salles en 1981 sous les titres Le Notti del [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em><a href="http://www.films-horreur.com/wp-content/uploads/2011/11/le-manoir-de-la-terreur.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-13652" title="le manoir de la terreur" src="http://www.films-horreur.com/wp-content/uploads/2011/11/le-manoir-de-la-terreur.jpg" alt="" width="252" height="360" /></a><br />
</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Un groupe de jeunes gens se rend dans la villa d&#8217;un riche industriel, pensant y passer un week-end agréable. Mais un professeur passionné d&#8217;archéologie séjournant dans la demeure fait réapparaître des zombies qui ne vont pas tarder à semer la terreur parmi les convives.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Sorti en salles en 1981 sous les titres <strong><em>Le Notti del Terrore</em></strong> et <strong><em>The Nights Of Terror </em></strong>(et parfois même <strong><em>Zombie 3</em></strong>, sur certaines éditions dvd foireuses), <strong><em>Le Manoir de la Terreur</em></strong> fait partie de ces œuvres lamentables à visée purement commerciale qui choisissent de recourir à des scènes de sexe bas de gamme pour combler autant que faire se peut un cruel manque d’inventivité scénaristique. Pas subtil pour un sou, d’une mollesse à toute épreuve et abominablement sur-interprété, le film d’<strong>Andrea Bianchi </strong>(<strong><em>Nue Pour l’Assassin</em></strong>) comporte tous les atouts du navet ultime et s’avère tellement affligeant qu’il en devient franchement hilarant…</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://zomblog.zombies.fr/public/Films%20zombis/Manoir_de_la_Terreur/Manoir_de_la_terreur04.jpg" alt="" width="450" height="254" /><br />
<em> </em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Tiens, <strong>L&#8217;Enfer des Zombies </strong>? </em></p>
<p style="text-align: justify;">Mais, quelle coïncidence ! Sorti tout juste un an après<strong> <em>Zombi 2 </em></strong>de <strong>Lucio Fulci</strong>, ce soi-disant <strong><em>Zombie 3</em></strong> ne se prive pas de plagier honteusement son aîné… Citons par exemple cette scène absolument ridicule où les cadavres, comme par hasard recouverts de vers de terre gluants (ça ne vous rappelle rien ?) sortent de leurs tombes avec une lenteur à s’arracher les dents ; ou encore celle où Leslie, la « bomba italiana » du film, se fait énucléer dans les débris d’une porte par un zombie pervers (« Bon, allez, les gars, remplaçons la porte en bois de ce bon vieux Lucio par une porte en verre et le tour est joué ! »)… C’est simple, ces scènes sont tournées quasiment à l’identique de celles de <strong><em>L’Enfer Des Zombies</em></strong>, mais avec le talent en moins. Côté technique, on a bien sûr droit aux zooms optiques incessants et insupportables sur des visages atteignant des sommets d’inexpressivité, des scènes d’action traînardes à en crever (« tout ça pour ÇA ?! »), des incohérences scénaristiques toutes plus aberrantes les unes que les autres (tiens, y a des pièges à loup dans le jardin maintenant ?!) et une tension dramatique digne des meilleurs épisodes de <strong><em>L’Inspecteur Derrick</em></strong>.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://2.bp.blogspot.com/__fSnwCCIbLI/TJ0qbAkY8SI/AAAAAAAAWvQ/SRQ21X44HpE/s640/Manoir+de+la+terreur+%28le%292.jpg" alt="" width="420" height="292" /><br />
<em> </em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Les zombies vont lui caresser le visage jusqu&#8217;à ce que mort s&#8217;ensuive&#8230;</em></p>
<p style="text-align: justify;">Comme je le disais précédemment, l’érotisme fait partie intégrante du<strong> <em>Manoir de la Terreur </em></strong>; et pour cause, tous ses personnages semblent avoir le feu au cul : à peine arrivés à la villa, tous les couples sont pris d’une envie subite de fornication (et tous en même temps en plus, c’est fou ce que l’air de la campagne peut être vivifiant !) … De dialogues savoureux (<em>« Tu as l’air d’une vraie putain, mais c’est comme ça que tu m’excites… »</em>) en propositions très subtiles (<em>« –  Je mérite une augmentation ! – Je vais te payer ça en nature… »</em>), la première moitié du film se résume à une succession de scènes pseudo-érotiques au moins aussi excitantes qu’un match de croquet dans la forêt de Sherwood ; le tout sur un fond de musique d’ascenseur nous donnant sans cesse l’impression qu’un gros plombier moustachu à salopette bleue va tout à coup débarquer pour réparer la tuyauterie… Et quand le film ne donne pas dans l’érotique <em>cheap</em>, il s’efforce vainement de faire peur à grands coups de déclarations solennelles plus tordantes qu’effrayantes et au sens parfaitement inintelligible pour les pauvres spectateurs ignorants que nous sommes<em> </em>(« <em>Hum…  Ce zombie est comme rongé par le temps… »</em>).</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://content9.flixster.com/photo/11/30/58/11305839_gal.jpg" alt="" width="462" height="290" /><br />
<em> </em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Ha ha ! Il était caché dans la jardinière, le bougre !</em></p>
<p style="text-align: justify;">Les morts-vivants peuvent quant à eux se targuer de faire partie des plus moches de l’histoire du cinéma zombiesque ; le directeur des effets spéciaux <strong>Gino De Rossi </strong>semblant s’être contenté de leur foutre des morceaux de pots en terre cuite sur la gueule tout en prenant quand même soin de leur noircir le tour des yeux, le nez et les lèvres pour faire croire à des crânes vides, mais sans grand succès (les bouts de nez grimés qui dépassent des masques sont du plus bel effet…). Pour le reste, les zombies ressemblent davantage à des vieillards séniles en robes de chambre tout juste sortis de l’hospice (sans rire, certains accusent même quelques traits de ressemblance avec le Père Fourras !) qu’à de véritables cadavres ambulants <em>made by </em><strong>Romero</strong>… Sans compter que, pour des raisons probablement budgétaires, c’est en réalité la même douzaine de morts-vivants qui nous est donnée à voir tout au long du film (ah ah ! vous croyiez qu’il était mort, hein ? eh ben non !). D’ailleurs, on se demande bien d’où ils sortent ces zombies ! Certains surgissent des tombes autour de la villa et même des jardinières (ben ouais, les proprios avaient enterré cent cinquante cadavres dans leur jardin, normal), d’autres d’on ne sait où mais bon, peu importe, puisque de toute façon aucune explication ne sera donnée, le film souhaitant conserver son aura de mystère… Tu parles d’un suspense pourri !</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://sinistremag.com/wp-content/uploads/2010/01/manoir2.jpg" alt="" width="451" height="256" /><br />
<em></em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Admirez le réalisme saisissant du maquillage&#8230;</em></p>
<p style="text-align: justify;">Un truc affolant reste aussi les comportements stupides des protagonistes, presque tous interprétés par des acteurs de films érotiques de second ordre à la sauce italienne (les meilleurs, quoi !). Le fait est qu’ils tombent tous comme des mouches les uns après les autres dans l’indifférence la plus totale, ne se rendent même pas compte de la disparition effective de leurs conjoints respectifs, quand ils ne se barricadent pas avec des branches de plantes vertes (… no comment). En gros, ils sont presque aussi risibles que les zombies lanceurs de pierres pointues ou coupeurs de tête à la faux (et le pire, c’est qu’il y en a vraiment dans le film) !</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://4.bp.blogspot.com/_tngWMToWtCc/SJ945Vi9M4I/AAAAAAAAFW0/9NHecvz2KWI/s400/Peter+Bark.png" alt="" width="400" height="300" /><br />
<em>Aaaargh ! Ces yeux !!!!!</em></p>
<p style="text-align: justify;">Abordons maintenant l’élément sans conteste le plus perturbant de tout le film, et peut-être même le seul qui réussisse à faire un peu peur : le personnage de Michael, aka <strong>Peter Bark </strong>! Ce jeune homme à la démarche inquiétante et à la croissance curieusement peu développée joue ici le rôle d’un enfant très très moche (non mais quelle horrible tête il a, ce gosse !) aux gros yeux globuleux que le film se régale à « sublimer » par le biais de longs zooms optiques horripilants, amoureux de sa mère et terriblement jaloux de son beau-père … D’une allure générale proche de celle de la créature terrée dans la cave de <strong><em>[Rec]</em></strong>, le petit Michael nous fait beaucoup rire autant de par sa tronche impayable que par ses propos d’illuminé (<em>« Maman ! Ce chiffon ! Il a une odeur de mort…&nbsp;&raquo;</em>),<em> </em>comme il nous fait frissonner d’effroi, notamment dans cette étrange scène assez glauque où il se met à tripoter sa mère de manière peu orthodoxe… Jusqu’à carrément lui sucer le sein, un peu plus tard dans le film. Quel intérêt d’une telle scène, toute aussi nulle qu’incestueuse, me demanderez-vous ? Et c’est sur un ton grave, la tête baissée, les yeux rivés vers le sol, que je vous répondrez avec un tremblement dans la voix (le choc, vous comprenez…) : absolument AUCUN, mes amis.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://content7.flixster.com/photo/11/30/58/11305849_gal.jpg" alt="" width="450" height="300" /><br />
<em></em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Les zombies les plus moches de l&#8217;histoire du cinéma.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Mal écrit, mal fait, mal joué et quelquefois même carrément malsain, <strong><em>Le Manoir de la Terreur</em> </strong>est un pur navet de basse consommation, un film raté sur toute la ligne et abominablement ennuyeux… A voir pour se foutre de la gueule des scènes érotico-ridicules et de <strong>Peter Bark</strong> !</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Par Emmanuelle Ignacchiti</em></p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Bonus</span> :</strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong><img src="http://s.wat.fr/f/10h6p_480x270_1b5jrc.jpg" alt="" width="480" height="270" /><br />
</strong><em></em></p>
<p style="text-align: left;"><em>OMFG !!!!<br />
(Ok, la qualité est vraiment très moche mais je n&#8217;ai pas pu m&#8217;en empêcher !) </em><em></em><strong><br />
</strong></p>
]]></content:encoded>
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		<title>[Critique] Survival Of The Dead</title>
		<link>http://www.films-horreur.com/2011/11/critique-survival-of-the-dead-2009/</link>
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		<pubDate>Fri, 04 Nov 2011 14:52:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuelle Ignacchiti</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Six jours après que les morts se soient mis à marcher, une poignée de soldats américains décide de déserter, dans l’espoir de trouver un lieu isolé encore non infesté par les zombies. Ils échouent sur Plum Island, une petite île d’Amérique de Nord déchirée par une guerre sans merci entre deux familles qui se disputent [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><img src="http://4.bp.blogspot.com/_K7FvwSbWpXM/S80lrJV0N2I/AAAAAAAAAZ4/KfQD9kuS35c/s1600/200px-Survival_of_the_Dead.jpg" alt="" width="200" height="297" /></em></p>
<p><em>Six jours après que les morts se soient mis à marcher, une poignée de soldats américains décide de déserter, dans l’espoir de trouver un lieu isolé encore non infesté par les zombies. Ils échouent sur Plum Island, une petite île d’Amérique de Nord déchirée par une guerre sans merci entre deux familles qui se disputent le territoire. Les soldats vont alors apprendre à leurs dépens que l’ennemi n’est pas toujours celui que l’on croit&#8230;</em></p>
<p style="text-align: justify;">George A. Romero adore les zombies, d’abord <em>« parce qu’ils sont très simples et faciles à comprendre » </em>mais aussi et surtout parce qu’ils lui offrent une possibilité quasi-illimitée de mettre en avant les travers du comportement humain. Le réalisateur a beau être un fan de gore, il a toujours revendiqué la dimension sociale de ses films qui lui permettent de s’attaquer à la société américaine qu’il abhorre de manière virulente non dénuée d’un humour grinçant. Après s’en être pris aux rouages d&#8217;un système en chute libre (<em>Night Of The Living Dead</em>)<em>,</em> à la montée en flèche du consumérisme (<em>Dawn</em><em> Of The Dead</em>), au militarisme forcené (<em>Day Of The Dead), </em>à la corruption des puissants et à la paranoia post-11 septembre 2001 des Etats-Unis (<em>Land Of The </em>Dead) et enfin aux medias et leur impact dévastateur (<em>Diary Of The Dead</em>) ; le créateur du zombie « mangeur de chair » décide d’aborder dans <em>Survival Of The Dead</em> la thématique de la guerre, très à propos en cette ère tourmentée où les conflits barbares font rage.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://cutleblog.files.wordpress.com/2010/02/survival.jpg" alt="" width="480" height="319" /></p>
<p style="text-align: justify;">Et c’est une guerre totalement absurde qui nous est ici présentée par l’intermédiaire de deux clans rivaux qui n’ont de cesse de se battre depuis toujours. En effet, les deux dernières générations en sont à un tel niveau de bêtise aveugle qu’ils ignorent la nature réelle du différend qui opposa un jour leurs familles respectives mais continuent tout de même à régler leurs comptes par principe ; parce qu’on leur a toujours enseigné la haine de l’autre sans possibilité de remise en cause de ce fait établi. Ils sont tellement obnubilés par leur désir de pouvoir sur l’autre camp qu’ils en oublient leur véritable ennemi : les zombies, qui gagnent de plus en plus de terrain sur leur précieuse île, le fruit de leur discorde insensée. Même si cela n’a pas été confirmé par le cinéaste, il parait néanmoins difficile de ne pas faire le rapprochement avec le conflit Israëlo-Palestinien.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://www.aceshowbiz.com/images/still/survival_of_the_dead03.jpg" alt="" width="480" height="257" /></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Survival</em> reprend également la question du sort à réserver aux morts-vivants, déjà posée dans <em>Dawn </em>et <em>Day</em>. Ainsi, les protagonistes ne savent quelle position adopter face à ce véritable cataclysme humain : en effet, comment considérer ces êtres qui errent quelque part entre la vie et la mort ? Faut-il les exterminer jusqu’au dernier, même s’il s’agit de sa famille ou de ses amis ? N’est-il pas possible de conserver les morts auprès de soi en les domestiquant ? Et quelle serait la volonté de Dieu ? Une fois de plus, Romero met l’accent sur l’éternel clivage entre ceux qui agissent sous la peur du Jugement Dernier, persuadés qu’ils subiront le châtiment divin s’ils commettent l’Irréparable, ceux qui ne peuvent se résoudre à admettre que les zombies qui menacent de les dévorer vivants ne sont définitivement plus des leurs ; et enfin ceux qui décident que la meilleure solution consiste à tirer une balle dans la tête de tout ce qui bouge. La représentation de la folie guerrière de ce microcosme en autarcie (les habitants à la limite de la consanguinité de Plum Island) permet au Romero de dénoncer le communautarisme autodestructeur de sociétés en proie à la panique et au chaos. Par ailleurs, le réalisateur de <em>Martin </em>prend le parti de s’adresser directement à notre conscience éthique sans ménagement aucun par le biais d’images choquantes mettant en scène des chasseurs dont le jeu pour le moins morbide consiste à décapiter des zombies et à les maintenir en « vie » la tête plantée sur des piquets. Cette cruauté intrinsèquement humaine avait déjà été abordée à la fin de <em>Night </em>et <em>Diary</em>, et nous pousse à revoir notre propre perception de la monstruosité. Ce refus d’une vision manichéenne considérant les zombies comme mauvais et les vivants comme bons entre en corrélation avec la complexité morale et la représentation d’une dualité universelle que l’on peut retrouver dans tous les films de Romero.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://www.khimairaworld.com/bibliotheque/images/image/Survival%20of%20the%20dead_08.jpg" alt="" width="480" height="257" /></p>
<p style="text-align: justify;">Après avoir explicité les différents thèmes exploités dans ce sixième long-métrage de la saga des morts-vivants initiée en 1968 avec <em>Night Of The Living Dead</em>, il semblerait bien que l’Oncle George tourne en rond, et peut-être même s’essouffle… Eh bien non, fort heureusement, ce n’est pas le cas ! S’il semble en apparence avoir fait le tour de son sujet zombiesque, le grand talent de Romero est de parvenir à chaque film à se renouveler avec maestria. <em>Survival </em>prend ainsi des allures de western moderne, avec cowboys débiles à la gâchette facile et zombies à cheval à la clé. Si cette nouvelle forme peut surprendre et peut-être même en déstabiliser certains au départ, la mise en scène est tellement réussie que l’on se laisse prendre au jeu en deux temps-trois mouvements. Le travail de la photographie et de la couleur, superbes, ainsi que l&#8217;impeccable direction des acteurs confèrent au film une telle unité esthétique et narrative qu’il est presque impossible de ne pas être positivement réceptif à ce <em>Survival</em>. Seule la bande-son semble carrément à côté de la plaque, avec ses faux-airs de ressemblance avec le dessin-animé des <em>Contes de la Crypte </em>qui désamorcent complètement l’impact des scènes horrifiques en donnant parfois la sensation que tout se joue sur un ton de dérision totalement inapproprié au fond grave et sérieux du film. Ce fait est quant à lui assez dérangeant, car l’on a sans cesse l’impression d’une discordance essentielle entre le son et l’image, une disharmonie rythmique qui vient semer le trouble dans notre appréhension de l’œuvre. Par ailleurs, il est à noter que le film comporte nettement moins d’action que les précédents opus, avec quelques scènes de parlotte qui risquent d’en ennuyer certains, mais sans toutefois que cela nuise à son savant équilibre.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://www.khimairaworld.com/bibliotheque/images/image/Survival%20of%20the%20dead_05.jpg" alt="" width="480" height="257" /></p>
<p style="text-align: justify;">L’élément le plus efficace de <em>Survival</em> reste certainement l’ingéniosité de ses mises à mort de zombies, absolument jouissives pour le spectateur averti. Après le foutage de gueule complet de <em>Resident Evil Afterlife : 3D</em>, on a enfin l’occasion d’assister à du vrai dégommage de zombies, bien fun, bien gore, et surtout bien réalisé ! Malgré le manque de budget évident du film (la plupart des effets spéciaux sont réalisés en CGI pas toujours très réussis mais plus que corrects dans l’ensemble) les exterminations massives de morts-vivants sont toutes posées avec beaucoup d’humour et d’inventivité (mention spéciale à l’éviscération par le dos). Ainsi, Romero innove son propre style en nous proposant la pêche aux zombies (si si, je vous assure !), le zombie lumineux (essayez un peu de tirer une fusée de détresse sur un cadavre pourrissant… effet garanti), le zombie mangeur de chapeaux (ben ouais, il avait trop la dalle)… Autant de détails (qui pour le fan de films de zombies n’en sont pas vraiment au final) qui confèrent à <em>Survival </em>cette ambiance particulière qui fait tout le génie de la filmographie Romerienne.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://madmoizelle.com/carnets/horreur/files/2010/09/survival-of-the-dead-2.jpg" alt="" width="480" height="319" /></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Survival Of The Dead</em> se montre donc à la hauteur des autres volets de la saga des morts-vivants et parvient à assurer la cohésion de l’œuvre de toute une vie tout en se renouvelant sans cesse grâce à la créativité et à l’esthétique soignée dont il fait preuve. George A. Romero nous démontre encore une fois que s’il file la même métaphore depuis plus de quarante ans, il a encore et toujours des choses à dire…</p>
<p>Par Emmanuelle Ignacchiti</p>
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		<title>Zone Of The Dead (Milan Konjevic et Milan Todorovic, 2009)</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Nov 2011 15:13:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuelle Ignacchiti</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans la ville industrielle de Pancevo, une toxine biochimique est répandue accidentellement au milieu de la nuit, empoisonnant les habitants. L’infection se propage dans toute la ville alors que non loin, des agents d’Interpol escortent un dangereux criminel jusqu’à Londres. Le groupe d’agents va être attaqué par les habitants infectés. La ville est devenue une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://data.sueursfroides.fr/affiche-zone-of-the-dead-1631.jpg" alt="" width="255" height="378" /></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Dans la ville industrielle de Pancevo, une toxine biochimique est répandue accidentellement au milieu de la nuit, empoisonnant les habitants. L’infection se propage dans toute la ville alors que non loin, des agents d’Interpol escortent un dangereux criminel jusqu’à Londres. Le groupe d’agents va être attaqué par les habitants infectés. La ville est devenue une zone envahie par des milliers de zombies…</em></p>
<p style="text-align: justify;">Voilà une chose de faite : avec <strong><em>Zone Of The Dead</em></strong>, le cinéma d’horreur compte désormais son tout premier film de zombies <em>made in </em>Serbie, mais a aussi le plaisir de retrouver un acteur qui ne subsistait qu’au fin fond des mémoires les plus cinéphages, j’ai nommé <strong>Ken Foree </strong>(<strong><em>Dawn Of The Dead</em></strong>). Retrouvailles pour le meilleur, peut-être, mais aussi et surtout pour le pire…</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://data0.eklablog.com/bubblegeek/mod_article1241934_3.jpg?3967" alt="" width="500" height="332" /></p>
<p style="text-align: justify;">Car malgré ses bonnes intentions, le film des réalisateurs serbes <strong>Milan Konjevic</strong> et <strong>Milan Todorovic</strong> rate son coup en beauté. Au-delà de son intrigue tout sauf originale et bourrée de clichés éculés depuis fort longtemps, le gros point faible de <strong><em>Zone Of The Dead </em></strong>réside dans le fait qu’il soit passablement désagréable à visionner. Je m’explique : dans le but peut-être d’apporter un peu de peps<em> </em>à leur métrage ou encore d’éviter que le spectateur ne remarque certains ratés dans les maquillages et effets spéciaux – cependant plus que corrects –, les deux Milan ont cru bon d’agrémenter chaque scène d’action d’effets de style permanents (et donc redondants) mais surtout absolument  insupportables pour les yeux. Tremblements de caméra intempestifs à la <strong>Darren Lynn Bousman</strong> (<em><strong>Saw II</strong>, <strong>III </strong></em>et <strong><em>IV</em></strong>) pour donner un semblant d’immersion complètement foiré ; montage <em>cut </em>ultra-rapide et déstabilisant ; jeux de lumière sans raison logique apparente, etc. ; ces scènes, en plus d’être formellement illisibles, encombrent le film d’une sorte d’aura prétentieuse laissant penser que <strong><em>Zone Of The Dead </em></strong>cherche à péter plus haut que son cul. D’autant plus que ce (mauvais) choix stylistique ne sert strictement à rien, si ce n’est à décrédibiliser l’œuvre en nous la rendant plus qu’antipathique.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.the-other-view.com/images/zone1.jpg" alt="" width="500" height="333" /></p>
<p style="text-align: justify;">Comme précédemment évoqué, le scénario de <strong><em>Zone Of The Dead</em></strong> ne cherche nettement pas à se différencier de la pléiade de films de zombies sans aucun intérêt ni personnalité sortis depuis le milieu des années 2000 : encore une énième histoire de virus toxique élaboré par l’armée à des fins que l’on suppose peu amicales ; suivie d’un sempiternel accident qui entrainera le processus bien connu de zombification d’une partie de la population locale, etc. Bref, tout est dit, c’est pas dans le scénar&#8217; qu’on risque de trouver un brin de nouveauté, bien au contraire. L’intrigue se déroule encore (et toujours) sur le modèle indétrônable de <strong><em>Night Of The Living Dead </em></strong>de <strong>George A. Romero</strong>, c&#8217;est-à-dire sur une seule nuit durant laquelle les personnages vont s’efforcer de survivre, à la différence près que<strong> <em>Zone Of The Dead </em></strong>n’approfondit absolument pas ses personnages pathétiquement creux, et encore moins les relations stéréotypées qu’ils entretiennent. A la limite, on pouvait se réjouir d’enfin retrouver dans un film de zombies ce cher vieux <strong>Ken Foree</strong>, entraperçu en caméo dans le remake de <strong><em>Dawn Of The Dead</em></strong>, mais même là, on déchante très vite. Non seulement le pauvre Ken ne parvient pas une seule seconde à rehausser un peu notre intérêt pour le film, semblant complètement à côté de la plaque parmi tous ces Serbes à l’accent à couper au couteau, mais dans quel état le retrouve-t-on, surtout ! Grossi, vieilli et claudiquant, l’acteur se traine littéralement dans chacune de ses scènes, peinant à se mouvoir et donnant l’impression de manquer s’effondrer d’un infarctus foudroyant à chaque effort. Sans parler des scènes où il se trouve forcé de courir ! Autant dire qu’il fait vraiment peine à voir.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://a10.idata.over-blog.com/500x281/3/85/36/69/Image-Zone-of-the-dead.jpg" alt="" width="498" height="281" /></p>
<p style="text-align: justify;">Mais le plus décevant reste très certainement les zombies, dont l’apparence plus ou moins soignée pouvait de prime abord agréablement surprendre les plus naïfs d’entre nous. Malheureusement, les cinéastes n’ont pas pu s’empêcher de suivre la mode du moment en prenant le parti de faire de leurs morts-vivants des coureurs de fond vachement doués et flanqués de rugissements de lion affamé en guise de vagissements typiquement zombiesques pourtant bien plus crédibles. Le film n’évite pas non plus les écueils du coulis noirâtre (censé être du sang) qui s’écoule voluptueusement et surtout continuellement des bouches pourrissantes de nos amis zombies, ni les incohérences flagrantes dans leur design (l’absence ou présence de lentilles blanches) et leur comportement <em>post-mortem</em>. Le pire, c’est que le film croit révolutionner le genre en nous donnant à voir des zombies paisiblement étendus sur le sol, en train de faire une petite sieste tous ensemble en pleine journée comme les bébés à la crèche avant que le « zombie originel » ne vienne les réveiller, alors même qu’aucune explication ne viendra éclairer ce fait aussi illogique qu’inopportun. Sans compter que cette « révolution » avait déjà été traitée trois ans plus tôt avec bien plus de consistance – et de talent, cela va sans dire –  dans <strong><em>Cellulaire</em></strong>, le seul et unique roman zombiesque à ce jour du grand maître de l’épouvante <strong>Stephen King</strong>.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://rhapsody2000.free.fr/images/wallpapers/4000/i_43__zone.jpg" alt="" width="500" height="333" /></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Zone Of The Dead</em></strong> n’est donc définitivement pas le bon petit film de zombies rafraîchissant et dépaysant que l’on pouvait attendre d’une production étrangère inédite, mais bel et bien un <em>direct-to-dvd</em> sans âme se contentant de brasser les clichés habituels sans aucune conviction. Ennuyeux au possible et jamais original, ce film ne vaut pas même la peine d’être vu pour le come-back présumé de <strong>Ken Foree</strong>, dont la piètre performance ne manque pas de faire pitié…</p>
<p><em>Par Emmanuelle Ignacchiti</em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Diary Of The Dead (George A. Romero, 2007)</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Nov 2011 15:20:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuelle Ignacchiti</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.whyfame.com/movies/movies_images/george_romero_s_diary_of_the_dead_16212.jpg" alt="" width="200" height="300" /></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Des étudiants en cinéma tournent, dans une forêt, un film d&#8217;horreur à petit budget, lorsque la nouvelle tombe au journal télévisé : partout dans le pays, on signale des morts revenant à la vie. Témoins de massacres, de destructions et du chaos ambiant, ils choisissent alors de braquer leurs caméras sur les zombies et les horreurs bien réelles auxquels ils sont confrontés afin de laisser un témoignage de cette nuit où tout a changé.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Après avoir mis un terme à sa saga <strong><em>Of The Dead </em></strong>en 2004 avec la « bombe Universal » <strong><em>Land Of The Dead</em></strong>, <strong>George A. Romero</strong> décide trois ans plus tard de tout reprendre à zéro, soit au moment crucial où les premiers morts se sont mis à marcher pour dévorer les vivants. Cette relecture moderne de son film culte de 1968, <strong><em>Night Of The Living Dead</em></strong>, s’applique en outre à tenir compte de tous les éléments notables qui ont transformé le visage de la société contemporaine depuis les Sixties et propose une réflexion bien sombre sur l’impact social des nouveaux médias, avec l’arrivée d’Internet en tête de liste.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.traquenanar.fr/leblog/wp-content/uploads/2011/01/mangemoi.jpg" alt="" width="453" height="300" /></p>
<p style="text-align: justify;">La célèbre invasion zombiesque qui fit la renommée du réalisateur de Pittsburgh se trouve donc entièrement remise au goût du jour, premièrement par le choix de la caméra subjective, utilisée à la manière d’un <strong><em>[Rec] </em></strong>– par ailleurs sorti la même année – ou d’un <strong><em>Cloverfield</em></strong>. Si un tel procédé stylistique comprend l’avantage de proposer une immersion plus intense, plus « directe » au spectateur, il s’avère malheureusement plutôt mal géré dans<strong> <em>Diary Of The Dead</em></strong> avec parfois des situations peu crédibles – le type qui préfère filmer ses amis en train de se faire bouffer plutôt que de leur venir en aide – et quelques maladresses ponctuelles au niveau du point de vue. Certes la caméra subjective vise ici à illustrer formellement le propos tenu par <strong>Romero </strong>tout en offrant une alternative de visionnage intéressante pour son public, mais le film aurait néanmoins gagné à être tourné de manière « classique », car son léger manque de maîtrise en la matière a parfois tendance à décrédibiliser un peu le réalisme sur lequel mise ce premier volet d’une toute nouvelle saga <strong><em>Of The Dead</em></strong>.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.joblo.com/newsimages1/diary%20of%20the%20dead%20Josh.jpg" alt="" width="349" height="232" /></p>
<p style="text-align: justify;">Mais le fait est que la caméra se trouve avant tout être l’avatar d’une société désignée comme étant en proie à son environnement technologique, entre pulsion voyeuriste et désir d’apporter sa pierre à l’édifice humain. Ce que <strong>Romero </strong>dénonce ici, ce sont les nouvelles pratiques popularisées grâce au progrès multimédia, dont la possibilité quasi-illimitée – davantage démontrée comme un besoin hautement addictif dans le film – de faire connaitre au monde entier sa propre perception de la réalité, via Internet et sa pléiade de réseaux de partage universel. Ainsi les personnages ne peuvent-ils à aucun moment s’empêcher de filmer les évènements, aussi tragiques soient-ils, qu’ils sont contraints de vivre depuis que les morts sont sortis de leur sommeil éternel pour semer le chaos sur Terre. Comme toujours, la vision du réalisateur autant connu pour son goût immodéré de l’horreur que pour ses satires au vitriol s’avère fort intéressante et bien approfondie, et nombreuses sont les répliques qui portent à réfléchir (<em>« Si ça n’a pas été filmé, c’est que ça n’a pas existé… »</em>) tout en s’inscrivant dans la narration de manière incisive par l’intermédiaire de la voix <em>off</em>, par ailleurs un peu trop présente et peut-être un brin moralisatrice. Selon <strong>Romero</strong>, l’on ne vit pas dans la même réalité selon que l’on se trouve devant ou derrière la caméra ; cette idée se trouve théorisée dans l’intégralité du film via le comportement des différents protagonistes. La désinformation totale opérée par les médias ainsi que le travestissement de la vérité sous la multiplicité des points de vue sont quelques-uns des nombreux thèmes abordés avec beaucoup de finesse par <strong><em>Diary Of The Dead</em></strong>.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://vladimirlebrun.free.fr/blog/public/Diary_of_the_dead/.diary_7_m.jpg" alt="" width="448" height="297" /></p>
<p style="text-align: justify;">Mais qu’en est-il des zombies, au juste ? Moins présents que dans <strong><em>Land Of The Dead</em></strong>, qui était davantage orienté « action », ils ne sont au final qu’un prétexte – au sens mélioratif du terme – pour explorer les réactions de chacun face à l’avènement de l’apocalypse. Les zombies servent en quelque sorte de « décor » au sein duquel les personnages sont voués à évoluer sous l’œil affûté du sociologue <strong>Romero </strong>dont tout l’intérêt est ici centré sur les moyens auxquels ils vont recourir pour tenter de survivre à une succession de situations désastreuses. <strong>Greg Nicotero</strong> toujours à la barre, les effets spéciaux sont une fois de plus absolument superbes, et le film ne lésine pas sur les scènes gore et des mises à mort toujours plus fun (haaa le défibrillateur !). On sent que le réalisateur et son deuxième directeur SFX-maquilleur attitré se sont vraiment fait plaisir en allant toujours plus loin dans la barbarie et le second degré mais globalement, le film reste quand même moins gore que les précédents opus (<strong><em>Day </em></strong>et <strong><em>Land Of The Dead</em> </strong>en tête).</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://a10.idata.over-blog.com/500x332/2/35/06/44/Suite-5/diary-of-the-dead2.jpg" alt="" width="500" height="332" /></p>
<p style="text-align: justify;">On peut également noter quelques petites autoréférences assez bien amenées : le zombie dans l’hôpital qui se lève de son brancard et fait tomber toutes ses tripes par terre comme dans<strong> <em>Day Of The Dead </em></strong>; le plan sur une femme-zombie qui pousse son caddy devant un supermarché comme dans <strong><em>Dawn</em></strong>&#8230; Le réalisateur a également pris l’initiative fort réjouissante pour les fans de faire intervenir de nombreux acteurs et cinéastes en caméos par l’intermédiaire de témoignages de journalistes audio et vidéo (<strong>Tom Savini</strong>,<strong> Simon Pegg</strong>,<strong> Quentin Tarantino</strong> et <strong>Guillermo Del Toro</strong>, entre autres). Enfin, <strong><em>Diary Of The Dead</em></strong> en profite pour envoyer quelques petites piques bien senties sur la perspective ridicule de donner à voir des zombies qui courent, peut-être lancées à <strong>Zack Snyder</strong> qui commit l’Irréparable dans son remake de <strong><em>Dawn Of The Dead </em></strong>? Difficile de savoir, mais une chose est sûre : les puristes apprécieront que le Master du genre ait pris le soin de rétablir l’ordre des choses…</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://c181321.r21.cf0.rackcdn.com/PHENxKEMRWBJJI_1_m.jpg" alt="" width="450" height="312" /></p>
<p style="text-align: justify;">En dépit de ses indéniables qualités et de toutes ses bonnes intentions, il manque un petit quelque chose à <strong><em>Diary Of The Dead</em> </strong>pour s’ériger au niveau de ses illustres prédécesseurs… De la rage peut-être ?  Davantage de profondeur ? Peut-être un peu des deux, mais il est vrai que la superficialité des personnages, par exemple, rend l’identification du spectateur assez délicate, pour ne pas dire complètement vaine. Les personnages sont de jeunes étudiants en cinéma plutôt quelconques et sans réel trait distinctif interprétés par des acteurs pas vraiment inoubliables ; on est donc bien loin de la présence imposante d’un <strong>Duane Jones </strong>ou d’un <strong>Ken Foree</strong>… Mais le problème n’est pas là, non, ce qui fait défaut à <strong><em>Diary Of The Dead</em></strong>, ce qui fait que l’on peut être déçu du résultat quand on s’apprête à assister au retour aux origines du Mal de notre réalisateur préféré, c’est la différence considérable d’impact qui existe entre ce film et les trois premiers volets de la saga <strong><em>Of The Dead</em></strong>, surtout comparé à <strong><em>Night</em></strong>, dont <strong><em>Diary </em></strong>se veut l’équivalent. Peut-être est-ce tout simplement la conséquence inévitable d’une mise en scène un peu trop consensuelle qui, en s’inscrivant pleinement dans son époque, rompt quelque peu le charme « à l’ancienne » de ses premiers films… Le résultat final s’avère ainsi beaucoup moins percutant, moins beau aussi, le travail sur la photographie n’atteignant jamais vraiment le niveau d’excellence d’un <strong><em>Dawn</em> </strong>ou d’un <strong><em>Day Of The Dead</em></strong>.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://medias.fluctuat.net/medias-factory/m/mediabox/media/0/1/9/7910/7910.jpg" alt="" width="500" height="333" /></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Diary Of The Dead</em></strong>, s’il ne joue pas dans la même cour que ses aînés, s’avère être un excellent divertissement, aussi violent que posé, et qui a le mérite de reprendre le commencement de la saga <strong><em>Of The Dead</em> </strong>avec beaucoup d’inventivité et un regard toujours aussi réaliste sur les travers d’une société en voie d’extinction. Réflexif et captivant sans pour autant être un chef-d’œuvre, voilà ce qui définit le mieux ce nouvel opus zombiesque. A bon entendeur…</p>
<p><em>Par Emmanuelle Ignacchiti</em></p>
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		<title>Fido (Andrew Currie, 2006)</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Nov 2011 14:11:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuelle Ignacchiti</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il y a bien longtemps, la Terre traversa un nuage stellaire de poussière radioactive qui sema le chaos sur notre planète en déclenchant un effroyable appétit de chair humaine. La terreur dura jusqu&#8217;à ce que la toute-puissante compagnie ZomCon mette au point un collier qui domestique littéralement les zombies. Devenues jardiniers, livreurs de lait ou [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.films-horreur.com/wp-content/uploads/2011/11/fido_ver4.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-13658" title="fido_ver4" src="http://www.films-horreur.com/wp-content/uploads/2011/11/fido_ver4.jpg" alt="" width="259" height="346" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Il y a bien longtemps, la Terre traversa un nuage stellaire de poussière radioactive qui sema le chaos sur notre planète en déclenchant un effroyable appétit de chair humaine. La terreur dura jusqu&#8217;à ce que la toute-puissante compagnie ZomCon mette au point un collier qui domestique littéralement les zombies. Devenues jardiniers, livreurs de lait ou même véritables animaux de compagnie, ces créatures sont désormais partout, sous le parfait contrôle de leur collier, dans un monde réglé comme du papier à musique. Pour le jeune Timmy, tout cela est aussi stupide qu&#8217;illusoire et lorsque sa mère achète l&#8217;un de ces zombies, Fido, pour l&#8217;aider dans les tâches ménagères, il va avoir l&#8217;occasion de mesurer à quel point. Parce que Fido va le sauver, une belle amitié va naître entre le jeune garçon et la créature, mais lorsque son collier tombe en panne, les voisins ne tardent pas à en faire les frais&#8230;</em></p>
<p style="text-align: justify;">S’il devait y avoir une suite alternative au mythique <strong><em>Day Of The Dead </em></strong>de <strong>George A. Romero</strong>, ce serait <strong><em>Fido</em></strong>. <strong>Andrew Currie</strong>, son réalisateur, a parfaitement su s’emparer des enjeux établis dans le troisième volet de la saga <strong><em>Of The Dead</em></strong> pour nous livrer une comédie horrifique assaisonnée de satire mordante diablement réussie qui prend des allures d’hommage vibrant à l’œuvre du Père des Morts-Vivants. Touchant, drôle, angoissant, pétillant et foutrement intelligent, <strong><em>Fido </em></strong>franchit les limites du politiquement correct en poussant à son paroxysme l’idée de domestication du zombie mangeur de chair telle qu’elle était pressentie il y a plus de vingt-cinq ans en arrière dans <strong><em>Day Of The Dead</em></strong>.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.apocalypticmovies.com/movie-index/images/jmovies/img_folders/fido/Fido-100.jpg" alt="" width="408" height="281" /></p>
<p style="text-align: justify;">Contrairement à <strong><em>Land Of The Dead </em></strong>dont il se veut l’alter ego positif,<em> </em>ce film nous présente un monde paisible dans lequel les morts-vivants, une fois « apprivoisés » à défaut d’être complètement éradiqués, constituent une main-d’œuvre précieuse au service du bien-être quotidien de ses habitants. Le lieu où se déroule l’histoire, Willard, ressemble à une petite bourgade des années 50 qui bénéficierait de tout le confort et le progrès de la vie moderne ; en cela, nous pouvons la qualifier d’uchronie car il demeure absolument impossible de déterminer l’époque de la narration avec certitude. Et c’est d’ailleurs tout ce qui fait le charme du film… La première belle surprise de <strong><em>Fido </em></strong>consiste justement à nous présenter le caractère docile et multitâche de ce parangon d’horreur qu’est le zombie avec un humour décalé absolument génial : ceux que l’on était jusqu’à présent habitués à voir déambuler sans but en vagissant continuellement, en quête perpétuelle de chair fraîche à se mettre sous la dent et terriblement dangereux en groupe, se livrent désormais aux tâches les plus humaines qui soient avec beaucoup d’implication malgré leur maladresse inhérente à la <em>rigo mortis</em>. Il faut bien l’avouer, c’est un vrai régal que de voir ces zombies, non plus horde mais semi-individus, patauds et quasi-inoffensifs, balancer le journal à l’arrache dans les jardins fleuris de Willard ; nettoyer des voitures d’époque à grands coups de gestes mécaniques absolument ridicules ; servir le dîner en arborant un air tout ce qu’il y a de plus ahuri, tous raides dans leurs costumes trois-pièces, etc. La démythification totale du zombie est sans aucun doute l’aspect le plus réussi du film et constitue un véritable rafraîchissement dans l’historicité de cette figure fantastique célébrée par le 7<sup>ème</sup> Art depuis le début des années 30.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://exclaim.ca/images/up-fido.jpg" alt="" width="460" height="350" /></p>
<p style="text-align: justify;">Et c’est sans difficulté aucune que <strong>Currie </strong>parvient à nous plonger dès la séquence d’ouverture dans l’ambiance des Fifties revisitées version post-apocalypse zombie, notamment grâce à la bande-son incroyablement efficace passant des airs incontournables de l’époque et aux costumes à la fois prudes et colorés que portent les personnages. Coincés entre l’obligation de respecter les convenances – puritanisme oblige – et leur désir de fantaisie en conséquence bridé, les protagonistes de <strong><em>Fido</em></strong>, sous leurs apparences parfaitement conformes à la norme sociale établie, cachent tous des névroses que le film va peu à peu laisser se révéler sans toutefois trop nous en dévoiler ni tomber dans le piège du pathos qui désamorcerait complètement sa dimension fondamentalement humoristique et divertissante. Que ce soit le chef de la famille Robinson, Bill (<strong>Dylan Baker</strong> ; <strong><em>The Cell</em></strong>, <em><strong>Spiderman 2 </strong></em>et <strong><em>3</em></strong>), froussard détestable cumulant les défauts et traumatisé par la mort de son père transformé en mort-vivant ; ou le vétéran de la guerre zombiesque et directeur de ZomCon, <strong>Jonathan Bottoms</strong> (<strong>Henry Czerny</strong> ; <strong><em>Mission Impossible</em></strong>, <strong><em>L’Exorcisme d’Emily Rose</em></strong>),<em> </em>qui ne peut vivre sa vie qu’au-travers de son passé glorieux de massacres sanglants ; ou encore le petit Timmy Robinson, enfant chétif et solitaire, rejeté par ses camarades de classe et délaissé par son propre père ; les personnages bénéficient tous d’une profondeur scénaristique réellement convaincante qui nous amène à nous y identifier sans effort. Mention spéciale à l’actrice <strong>Carrie-Ann Moss</strong> (la trilogie <strong><em>Matrix </em></strong>; <strong><em>Memento</em></strong>) qui nous livre ici une prestation éblouissante de femme au foyer prisonnière de son couple malade et du besoin obsessionnel de sauver les apparences dans lequel elle s’est engluée. Elle est tout bonnement lumineuse dans ce rôle ambivalent de femme capable de s’effondrer à la simple perspective d’un jugement négatif de la part de ses voisins tout autant que de vider son chargeur sur un enfant fraîchement reconverti en zombie. Quoiqu’il en soit, les personnages, de même que les performances remarquables des acteurs, constituent l’un des atouts majeurs de <strong><em>Fido</em></strong>.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://i249.photobucket.com/albums/gg233/SteveAustinBookClub/MovieTime/SSZombieFestFido.jpg" alt="" width="450" height="300" /></p>
<p style="text-align: justify;">Mais ce n’est pas le seul, le mélange des registres opérés par le film contribue également à lui conférer sa saveur si agréablement originale : tantôt vraiment drôle, tantôt émouvant, quelquefois même angoissant mais surtout fondamentalement réflexif, <strong><em>Fido </em></strong>réussit l’exploit de changer complètement de tonalité d’une scène à l’autre en faisant preuve d’une incroyable maîtrise stylistique. C’est ce qui permet au spectateur de ressentir, de <span style="text-decoration: underline;">vivre</span> le film plus encore que de simplement le voir, car c’est ainsi que nous suivons de très près la vie des habitants d’une petite ville idyllique peuplée à 50% de zombies domestiques, avec ses rebondissements, ses éclats, ses drames et ses joies. Pour vous dire,<strong> Andrew Currie</strong> est même parvenu à insérer du romantisme et de l’amour – du sexe ? – via les relations interpersonnelles entre morts et vivants ! Certes, cela avait déjà été vu dans <strong><em>Zombie Honeymoon</em></strong> de<strong> David Gebroe</strong> mais, là où <strong><em>Fido </em></strong>est parvenu à faire dans la juste mesure, le film de <strong>Gerbroe </strong>repose entièrement sur le concept de relation amoureuse à penchant nécrophile et le rendu est de nettement moins bonne qualité, il faut bien l’avouer… Chacune des situations de l’histoire est donc particulièrement riche en émotions en tout genre et tellement bien amenée que l’on ne peut s’empêcher de se prendre au jeu. S’il n’y avait pas ces quelques scènes de repas cannibales, indispensables à tout bon film de zombies, <strong><em>Fido </em></strong>pourrait presque se targuer d’être THE comédie familiale <strong><em>Of The Dead</em></strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Car, nous le savons depuis <strong><em>Shaun Of The Dead</em></strong>, le comique n’exclut pas nécessairement l’horreur, et c’est même tout à fait le contraire : l’arrivée soudaine de celle-ci au sein d’un contexte humoristique bien établi, alors que le spectateur n’est plus du tout sur ses gardes, a pour conséquence de maximiser l’impact horrifique sur ce dernier. L’horreur est d’autant plus puissante qu’elle survient brutalement, sans aucun préliminaire. C’est à peu près ce qui se passe pour <strong><em>Fido</em></strong>, si ce n’est que l’impact se voit considérablement diminué par la sobriété des scènes gore, qui d’ailleurs n’en sont pas vraiment. Tout n’est qu’une question de proportions, et l’horreur se trouve ici davantage suggérée qu’exhibée. Et c’est très bien ainsi, car à vrai dire la surenchère grand-guignolesque serait tout à fais hors de propos dans un film se voulant accessible au plus grand nombre afin de faire partager sa vision radicale et hautement corrosive de la société moderne, ici travestie par l’ambiguïté concernant l’époque de l’histoire. Si le style très « années 50 » du film pousse l’auteur à grossir les traits de chacun des vices qu’il dénonce par l’intermédiaire du second degré, ceux-ci n’en restent pas moins retranscriptibles à l’ère dans laquelle nous vivons actuellement… Par exemple, l’attitude conditionnée consistant à se référer systématiquement à la norme établie pour tous les aspects de l’existence dans l’espoir d’être accepté et reconnu par un groupe social standardisé ; le recours excessif aux services en tout genre, quitte à se créer de nouveaux besoins aussi inutiles qu’encombrants et à sombrer dans l’assistanat le plus vil ; la propagande télévisée, qui vend du rêve et propage la désinformation par la lobotomie subliminale ; le fragile équilibre d’une communauté basé sur le mensonge, qui n’attend qu’un seul tressaillement de vérité pour éclater en mille morceaux ; etc. Cette dimension analytique accompagne l’intégralité du métrage de manière très subtile, presque latente, et s’offre en seconde lecture venant prendre le contrepied de celle qui consisterait à ne voir en <strong><em>Fido</em> </strong>qu’un simple divertissement.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.bloodygoodhorror.com/bgh/files/reviews/caps/fido_3.jpg" alt="" width="425" height="349" /></p>
<p style="text-align: justify;">Bien plus qu’une simple petite comédie horrifique sans prétention, le film d’<strong>Andrew Currie</strong> est en réalité une véritable bombe de cynisme grinçant qui a su poursuivre l’idée première de son modèle <strong>George A. Romero</strong> – <strong>Currie </strong>avait déjà réalisé un court-métrage intitulé <strong><em>Night Of The Living </em></strong>dans lequel un enfant assiste à la transformation en zombie de son père alcoolique – pour livrer une satire brillante sur la société contemporaine. Mais, fort heureusement, le point de vue purement social ne prend jamais le pas sur l’humour, ce qui permet à <strong><em>Fido</em> </strong>de prendre place parmi les meilleures comédies de zombies des années 2000. Si vous vous êtes toujours demandés à quoi pourrait bien ressembler le monde si les choses n’avaient pas aussi mal tourné que dans <strong><em>Land Of The Dead</em></strong>, la réponse est ici !</p>
<p><em>Par Emmanuelle Ignacchiti</em></p>
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		<title>Land Of The Dead (George A. Romero, 2004)</title>
		<link>http://www.films-horreur.com/2011/10/land-dead-george-a-romero-2004/</link>
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		<pubDate>Mon, 31 Oct 2011 16:39:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuelle Ignacchiti</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans un avenir pas si lointain, une poignée de survivants barricadés dans une ville bunker vit encore dans le souvenir de l&#8217;ancien monde&#8230; Des zombies, qui désormais pensent et communiquent, s&#8217;organisent pour prendre d&#8217;assaut la ville bunker. Kaufman, autoproclamé chef des vivants, engage un commando de mercenaires pour contrer les attaques de ces morts-vivants d&#8217;un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.filmovore.com/base/imgpromo/land_of_the_dead.jpg" alt="" width="220" height="300" /></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Dans un avenir pas si lointain, une poignée de survivants barricadés dans une ville bunker vit encore dans le souvenir de l&#8217;ancien monde&#8230; Des zombies, qui désormais pensent et communiquent, s&#8217;organisent pour prendre d&#8217;assaut la ville bunker. Kaufman, autoproclamé chef des vivants, engage un commando de mercenaires pour contrer les attaques de ces morts-vivants d&#8217;un genre nouveau&#8230;</em></p>
<p style="text-align: justify;">Sorti en 2005, <strong><em>Land Of The Dead</em></strong> signe le retour fracassant au cinéma de ce bon vieux George qui, il faut bien l’avouer, connut sa petite traversée du désert artistique entre 1992 et 2005 avec seulement un film en presque quinze ans (<strong><em>Bruiser</em></strong>)… Il revient donc sur sa légendaire saga des morts-vivants qu’il avait laissée en suspens exactement vingt ans auparavant avec <strong><em>Day Of The Dead</em></strong> (1985) pour en produire la suite directe qui cette fois clora définitivement le quadriptyque <strong><em>Of The Dead</em></strong> entamé en 1968 avec le chef-d’œuvre incontesté <strong><em>Night Of The Living Dead</em></strong>. On pouvait légitimement craindre le pire concernant ce soudain retour aux sources, mais <strong>Romero </strong>n’a pas son pareil pour nous surprendre : ainsi livre t-il avec <strong><em>Land Of The Dead</em></strong> une œuvre extrêmement sombre d’une puissance de frappe ahurissante, sorte de croisement hybride entre l’univers post-apocalyptique de <strong><em>Mad Max</em> </strong>de <strong>George Miller</strong> ou de <strong><em>New York 1997 </em></strong>de <strong>John Carpenter</strong> et la lignée de mangas fin-du-mondistes des années 90 tels que <strong><em>Ken Le Survivant </em></strong>de <strong>Tetsuo Hara</strong> et <strong>Buronson</strong> ou encore l’excellent <strong><em>Gunnm </em></strong>de <strong>Yukito Kishiro</strong>.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.filmotv.fr/elts/programmes/316/gallerie/Land_of_the_dead_photo1_w_450.jpg" alt="" width="450" height="293" /></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Land Of The Dead</em></strong> revendique sa filiation avec les trois précédents volets de la saga dès son générique d’introduction dont les premières images ont la particularité de nous en mettre plein la vue. Par l’intermédiaire d’un montage très esthétisé d’extraits d’émissions radio ou télévisées, le début du film nous situe d’emblée dans un contexte fin-du-mondiste désespéré : il s’est apparemment déroulé un certain temps depuis que les morts se sont mis à marcher et à attaquer les vivants dans <strong><em>Night Of The Living Dead</em></strong>, et la situation est loin de s’être arrangée depuis&#8230; Il se dégage de ce générique véritablement impressionnant une aura d’une noirceur à faire froid dans le dos ; le caractère morbide des propos tenus couplé à une musique angoissante et à des images bien glauques (des visages de zombies grimaçants) annonçant d’entrée de jeu que le film ne compte pas faire dans la dentelle ; et c’est tant mieux. Mais attardons-nous davantage sur cette vision dantesque d’un univers ravagé par une espèce sur le point de s’éteindre, en proie à la folie et au chaos…</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://s3.amazonaws.com/auteurs_production/stills/13579/original.jpg?1289463704" alt="" width="448" height="252" /></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Land Of The Dead</em></strong> se présente en réalité comme une uchronie dystopique mettant en scène une population de plus en plus réduite qui s’efforce de survivre dans une sorte de ghetto où meurtres et pillages vont bon train. En plus de devoir quotidiennement affronter une horde de zombies affamés de chair vivante et chaque jour un peu plus nombreux, les survivants doivent avant tout lutter contre eux-mêmes, contre leur penchant naturel à sombrer dans la décadence en l’absence de tout cadre sécurisé. C’est donc en quelque sorte la lie de l’humanité que nous présente <strong>Romero </strong>dans <strong><em>Le Territoire des Morts</em></strong>, à l’instar des films de <strong>Miller </strong>et <strong>Carpenter </strong>précédemment évoqués : une espèce corrompue par le vice, perdue entre les jeux, l’alcool, la drogue et le sexe facile qui tente de s’organiser au mieux pour ralentir le processus d’extinction qui la menace depuis un temps indéterminé. Une humanité en pleine régression aussi, comme le suggère le concept de « l’arène aux zombies » dans laquelle est jetée la <em>so sexy </em>Slack (<strong>Asia Argento</strong>, fille du réalisateur et vieil ami de <strong>Romero Dario Argento</strong>) qui n’est pas sans rappeler les arènes aux lions ou aux gladiateurs de l’Époque Ancienne. Et lorsque la caméra s’attarde quelque peu sur les visages au comble du bonheur de vieilles dames en manteaux de fourrure qui applaudissent et trépignent d’impatience à l’idée de voir la jeune femme se faire dévorer vivante, on se heurte de plein fouet au message alarmiste que cherche à véhiculer <strong>Romero</strong>. C’est en grande partie grâce à ce genre d’images-chocs mais tout en subtilité que le cinéaste a forgé sa réputation d’artiste « engagé » au discours virulent (même si l’intéressé s’en défend).</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://vladimirlebrun.free.fr/blog/public/Land_of_the_dead/.land_12_m.jpg" alt="" width="448" height="302" /></p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce monde en complète perdition, un rêve subsiste cependant : l’espoir de pouvoir un jour s’installer au cœur du luxueux gratte-ciel Fiddler’s Green, espace utopique réservé aux riches et aux puissants et dirigé d’une main de fer par Kaufman (le regretté <strong>Dennis Hopper</strong>, dont la prestance unique bouffe littéralement tout l’écran). Pour illustrer le clivage existant entre ces deux couches de population que tout oppose, les images associées à la « décharge » où évoluent Riley (<strong><em>The Mentalist</em></strong><em> </em><strong> Simon Baker</strong>) et Cholo (<strong><em>Phénomènes </em>John Leguizamo</strong>) demeurent toutes ternes et sombres, dans les tons froids de bleu et de gris ; tandis que celles associées à Fiddler’s Green sont au contraires lumineuses et chatoyantes. Par ailleurs, on peut aisément ressentir l’empreinte post-11 septembre 2001 qui imprègne l’œuvre toute entière, déjà par la figure de la menace terroriste que représente Cholo, mais aussi et surtout par l’intermédiaire du comportement de Kaufman (<em>« On ne négocie pas avec les terroristes ! »</em>), avatar hyperbolique (ou pas) d’un <strong>George W. Bush</strong> qui à cette époque venait tout juste d’être élu pour un second mandat. Cholo incarne quant à lui la cristallisation de la profonde désillusion des américains concernant &laquo;&nbsp;The American Dream&nbsp;&raquo; ; sa tristesse et sa déception lorsqu’il réalise que malgré tous ses efforts il ne pourra jamais jouer dans la cour des grands sont telles, qu’il ne s’en remettra pas et décidera d’employer les grands moyens pour parvenir à ses fins. En dépit de son pessimisme ambiant, <strong><em>Land Of The Dead</em></strong> lance néanmoins des messages d’espoir en représentant une humanité qui cherche malgré tout à s’élever grâce aux rêves qu’elle nourrit et aux ressources qu’elle est capable d’employer pour les concrétiser.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.k2filmfest.com/wp-content/uploads/2007/07/lotd.jpg" alt="" width="488" height="284" /></p>
<p style="text-align: justify;">Mais abordons à présent un sujet un plus fun, les zombies ! Pour ma part, et même si cela reste plus que ponctuel, je regrette un peu l’emploi des CGI pour le maquillage des morts-vivants et les scènes gore (vous l’aurez compris depuis le temps, je ne suis pas fan des effets spéciaux numériques), mais je dois néanmoins reconnaitre que le talent de <strong>Greg Nicotero</strong>, éminent disciple du maître du trucage <strong>Tom Savini</strong>, a encore réalisé des merveilles…  Même si à mes yeux le travail de <strong>Savini </strong>sur <strong><em>Day Of The Dead</em></strong> reste LA référence en matière de films de zombie, celui de <strong>Nicotero </strong>sur<strong> <em>Land Of The Dead</em> </strong>reste absolument remarquable sur tous les points. Par ailleurs, le film va plutôt loin dans le gore (c’est d’ailleurs étrange qu’il n’ait écopé que d’une interdiction aux moins de 12 ans en France…) et réussit même à s’approprier les tendances actuelles de la mode pour innover dans ses mises à mort toujours plus originales et dégueulasses (miam, le piercing au nombril…). <strong>Romero </strong>se régale donc à nous en mettre plein la gueule sans complexe à grands coups de décapitations à mains nues, de démembrements, d’éviscérations et d’égorgements excessivement sanglants qui confèrent à son film cette dimension ultra-agressive pour les yeux qu’on lui connait si bien. Le sang gicle de tous les côtés, des cadavres jonchent le sol par milliers, les doigts et les dents des zombies arrachent, explorent et déchiquètent des kilos de lambeaux de chair et des kilomètres de viscères humaines sans interruption. A ce stade du film, les vivants ne sont plus qu’un tas de bidoche sanguinolente à la merci des morts-vivants, une sorte de gigantesque fast-food humain « service à volonté 24/7 ». Le design des zombies est quant à lui plus particulièrement bien réussi, certains d’entre eux comme « Big Daddy » (<strong>Eugene Clark</strong>, vraiment très impressionnant), proclamé leader des morts-vivants car exceptionnellement intelligent, sont vraiment du plus bel effet… Comme dans <strong><em>Day Of The Dead</em></strong>, l’oncle George semble s’être bien amusé à mettre en situation des zombies condamnés à répéter jusqu’à la nuit des temps des gestes qui ont conditionné leur existence passée (les zombies-musiciens ; le zombie-boucher, le zombie-clown – peut-être en clin d’œil à<strong> <em>Day Of The Dead</em></strong>, justement ?) et certaines scènes ne sont pas dénuées d’un certain sens de l’humour (noir). En définitive, les maquillages constituent une très belle réussite mais, encore une fois, l’utilisation bien que parcimonieuse de CGI vite dépassés aurait largement pu être évitée à mon sens.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.freneticarts.com/files/illustration/cinema/FA_illustration_00029.jpg" alt="" width="462" height="260" /></p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui est également fort intéressant dans <strong><em>Land Of Dead</em></strong>, c’est le concept d’une potentielle évolution comportementale des zombies déjà soulevé dans<strong> <em>Day Of The Dead</em></strong>, ici poursuivi et poussé à son paroxysme avec un sens du détail très rigoureux. Non seulement les zombies ont appris à se méfier des « fleurs célestes » (feux d’artifice destinés à détourner leur attention), mais ils deviennent également capables de communiquer entre eux et d’accomplir certaines actions de base (comme se servir d’un fusil mitrailleur), ou encore des tâches qui avaient leur importance dans la vie qu’ils menaient avant leur contamination. Les zombies constituent donc non plus un ensemble dispersé mais une communauté soudée, unie par l’instinct d’appartenance au groupe et le désir de se placer sur un pied d’égalité par rapport aux vivants. Car c’est bel et bien de cela dont il s’agit en réalité : plus encore que dans les précédents volets de la saga, <strong>Romero</strong> estompe les frontières qui séparent les morts des vivants, jusqu’à les confondre carrément (<em>« Ils sont nous. Nous sommes eux. » </em>; <em>«Ils cherchent un endroit où aller… Tout comme nous. »</em>). Le parallèle entre ces deux espèces à la fois si différentes et si proches est permanent, de sorte que l’on ne puisse véritablement pencher pour l’un ou l’autre des deux camps. Le sentiment d’empathie envers les zombies est ainsi quasi-inévitable, notamment lors de moments spécifiques durant lesquels <strong>Romero </strong>dénonce la cruauté intrinsèquement humaine des vivants à l’égard des morts (les zombies utilisés comme des cibles mouvantes par des tireurs chevronnés, idée que l’on trouvait déjà dans<strong> <em>Night Of The Living Dead</em> </strong>et que le cinéaste réutilisera ensuite dans <strong><em>Diary </em></strong>et <strong><em>Survival Of The Dead</em></strong>). Dénué de tout manichéisme simpliste et handicapant,<strong> <em>Land Of The Dead</em></strong> déploie ainsi tout son potentiel de réflexion en privilégiant une certaine ambiguïté morale au piège des facilités scénaristiques.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://deadlymovies.files.wordpress.com/2010/08/protectedimage-php.jpg" alt="" width="499" height="212" /></p>
<p style="text-align: justify;">Pour finir, il me semble amusant de préciser que l’oncle George a eu la bonne idée d’offrir une petite apparition au réalisateur <strong>Edgar Wright</strong> et à l’acteur-scénariste <strong>Simon Pegg</strong> pour les &laquo;&nbsp;remercier&nbsp;&raquo; de leur hommage rendu avec le film <strong><em>Shaun Of The Dead</em></strong>. Nous les retrouvons donc dans les rôles de deux zombies enchaînés, aux côtés de qui les habitants ont la possibilité de se faire prendre en photo en simulant la terreur… Idem pour le cascadeur-maquilleur <strong>Tom Savini</strong>, qui apparait sous les traits d’un zombie à grosses moustaches et en perfecto de cuir noir faisant un carnage à la machette, en référence à son rôle de biker fou dans<strong> <em>Dawn Of The Dead</em></strong>. Bien que relativement brèves et pas nécessairement évidentes (surtout pour les créateurs de <strong><em>Shaun Of The Dead</em></strong>), ces scènes restent néanmoins fort agréables pour les fans de films de zombies qui y verront là une intertextualité tout ce qu’il y a de plus rafraîchissant.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://s.excessif.com/mmdia/i/36/5/landofthedeadimg11-3911365ybsgn.jpg?v=1" alt="" width="500" height="325" /></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Land Of The Dead</em></strong> peut donc à juste titre être considéré comme une réussite totale qui, si elle ne parvient pas pour autant à s’élever au niveau d’excellence des trois chefs-d’œuvre constitutifs de la saga <strong><em>Of The Dead </em></strong>(d’où la note de 4/5), parvient sans problème à pleinement atteindre ses objectifs tout en clôturant la quadrilogie en beauté. Un film incontournable à voir ou à revoir sans modération pour mesurer toute l’envergure du gigantesque talent de conteur de <strong>George A. Romero</strong>. Fan d’horreur post-apocalyptique, ce film est fait pour vous !</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Par Emmanuelle Ignacchiti </em></p>
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<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span>Sorti en 2005, <em>Land Of The Dead</em> signe le retour fracassant au cinéma de ce bon vieux George qui, il faut bien l’avouer, connut sa petite traversée du désert artistique entre 1992 et 2005 avec seulement un film en presque quinze ans (<em>Bruiser</em>)… Il revient donc sur sa légendaire saga des morts-vivants qu’il avait laissée en suspens exactement vingt ans auparavant avec <em>Day Of The Dead</em> (1985) pour en produire la suite directe qui cette fois clora définitivement le quadriptyque <em>Of The Dead</em> entamé en 1968 avec le chef-d’œuvre incontesté <em>Night Of The Living Dead</em>. On pouvait légitimement craindre le pire concernant ce soudain retour aux sources, mais Romero n’a pas son pareil pour nous surprendre : ainsi livre t-il avec <em>Land Of The Dead</em> une œuvre extrêmement sombre d’une puissance de frappe ahurissante, sorte de croisement hybride entre l’univers post-apocalyptique de <em>Mad Max</em> de George Miller ou de <em>New York 1997 </em>de John Carpenter et la lignée de mangas fin-du-mondistes des années 90 tels que <em>Ken Le Survivant </em>de Tetsuo Hara et Buronson ou encore l’excellent <em>Gunnm </em>de Yukito Kishiro.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><em><span>Land Of The Dead</span></em><span> revendique sa filiation avec les trois précédents volets de la saga dès son générique d’introduction dont les premières images ont la particularité de nous en mettre plein la vue. Par l’intermédiaire d’un montage très esthétisé d’extraits d’émissions radio ou télévisées, le début du film nous situe d’emblée dans un contexte fin-du-mondiste désespéré : il s’est apparemment déroulé un certain temps depuis que les morts se sont mis à marcher et à attaquer les vivants dans <em>Night Of The Living Dead</em>, et la situation est loin de s’être arrangée depuis&#8230; Il se dégage de ce générique véritablement impressionnant une aura d’une noirceur à faire froid dans le dos ; le caractère morbide des propos tenus couplé à une musique angoissante et à des images bien glauques (des visages de zombies grimaçants) annonçant d’entrée de jeu que le film ne compte pas faire dans la dentelle ; et c’est tant mieux. Mais attardons-nous davantage sur cette vision dantesque d’un univers ravagé par une espèce sur le point de s’éteindre, en proie à la folie et au chaos…</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><em><span>Land Of The Dead</span></em><span> se présente en réalité comme une uchronie dystopique mettant en scène une population de plus en plus réduite qui s’efforce de survivre dans une sorte de ghetto où meurtres et pillages vont bon train. En plus de devoir quotidiennement affronter une horde de zombies affamés de chair vivante et chaque jour un peu plus nombreux, les survivants doivent avant tout lutter contre eux-mêmes, contre leur penchant naturel à sombrer dans la décadence en l’absence de tout cadre sécurisé. C’est donc en quelque sorte la lie de l’humanité que nous présente Romero dans <em>Le Territoire des Morts</em>, à l’instar des films de Miller et Carpenter précédemment évoqués : une espèce corrompue par le vice, perdue entre les jeux, l’alcool, la drogue et le sexe facile qui tente de s’organiser au mieux pour ralentir le processus d’extinction qui la menace depuis un temps indéterminé. Une humanité en pleine régression aussi, comme le suggère le concept de « l’arène aux zombies » dans laquelle est jetée la <em>so sexy </em>Slack (Asia Argento, fille du réalisateur et vieil ami de Romero Dario Argento) qui n’est pas sans rappeler les arènes aux lions ou aux gladiateurs de l’Époque Ancienne. Et lorsque la caméra s’attarde quelque peu sur les visages au comble du bonheur de vieilles dames en manteaux de fourrure qui applaudissent et trépignent d’impatience à l’idée de voir la jeune femme se faire dévorer vivante, on se heurte de plein fouet au message alarmiste que cherche à véhiculer Romero. C’est en grande partie grâce à ce genre d’images-chocs mais tout en subtilité que le cinéaste a forgé sa réputation d’artiste « engagé » au discours virulent (même si l’intéressé s’en défend). </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span>Dans ce monde en complète perdition, un rêve subsiste cependant : l’espoir de pouvoir un jour s’installer au cœur du luxueux gratte-ciel Fiddler’s Green, espace utopique réservé aux riches et aux puissants et dirigé d’une main de fer par Kaufman (le regretté Dennis Hopper, dont la prestance unique bouffe littéralement tout l’écran). Pour illustrer le clivage existant entre ces deux couches de population que tout oppose, les images associées à la « décharge » où évoluent Riley (<em>The Mentalist </em>Simon Baker) et Cholo (<em>Phénomènes </em>John Leguizamo) demeurent toutes ternes et sombres, dans les tons froids de bleu et de gris ; tandis que celles associées à Fiddler’s Green sont au contraires lumineuses et chatoyantes. Par ailleurs, on peut aisément ressentir l’empreinte post-11 septembre 2001 qui imprègne l’œuvre toute entière, déjà par la figure de la menace terroriste que représente Cholo, mais aussi et surtout par l’intermédiaire du comportement de Kaufman (<em>« On ne négocie pas avec les terroristes ! »</em>), avatar hyperbolique (ou pas) d’un George W. Bush qui à cette époque venait tout juste d’être élu pour un second mandat. Cholo incarne quant à lui la cristallisation de la profonde désillusion des américains concernant <em>The American Dream </em>; sa tristesse et sa déception lorsqu’il réalise que malgré tous ses efforts il ne pourra jamais jouer dans la cour des grands sont telles, qu’il ne s’en remettra pas et décidera d’employer les grands moyens pour parvenir à ses fins. En dépit de son pessimisme ambiant, <em>Land Of The Dead</em> lance néanmoins des messages d’espoir en représentant une humanité qui cherche malgré tout à s’élever grâce aux rêves qu’elle nourrit et aux ressources qu’elle est capable d’employer pour les concrétiser.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span>Mais abordons à présent un sujet un plus <em>fun</em>, les zombies ! Pour ma part, et même si cela reste plus que ponctuel, je regrette un peu l’emploi des CGI pour le maquillage des morts-vivants et les scènes <em>gore </em>(vous l’aurez compris depuis le temps, je ne suis pas fan des effets spéciaux numériques), mais je dois néanmoins reconnaitre que le talent de Greg Nicotero, éminent disciple du maître du trucage Tom Savini, a encore réalisé des merveilles…<span> </span>Même si à mes yeux le travail de Savini sur <em>Day Of The Dead</em> reste LA référence en matière de films de zombie, celui de Nicotero sur <em>Land Of The Dead</em> reste absolument remarquable sur tous les points. Par ailleurs, le film va plutôt loin dans le <em>gore </em>(c’est d’ailleurs étrange qu’il n’ait écopé que d’une interdiction aux moins de 12 ans en France…) et réussit même à s’approprier les tendances actuelles de la mode pour innover dans ses mises à mort toujours plus originales et dégueulasses (miam, le piercing au nombril…). Romero se régale donc à nous en mettre plein la gueule sans complexe à grands coups de décapitations à mains nues, de démembrements, d’éviscérations et d’égorgements excessivement sanglants qui confèrent à son film cette dimension ultra-agressive pour les yeux qu’on lui connait si bien. Le sang gicle de tous les côtés, des cadavres jonchent le sol par milliers, les doigts et les dents des zombies arrachent, explorent et déchiquètent des kilos de lambeaux de chair et des kilomètres de viscères humaines sans interruption. A ce stade du film, les vivants ne sont plus qu’un tas de bidoche sanguinolente à la merci des morts-vivants, une sorte de gigantesque fast-food humain « service à volonté 24/7 ». Le design des zombies est quant à lui plus particulièrement bien réussi, certains d’entre eux comme « Big Daddy » (Eugene Clark, vraiment très impressionnant), proclamé leader des morts-vivants car exceptionnellement intelligent, sont vraiment du plus bel effet… Comme dans <em>Day Of The Dead</em>, l’oncle George semble s’être bien amusé à mettre en situation des zombies condamnés à répéter jusqu’à la nuit des temps des gestes qui ont conditionné leur existence passée (les zombies-musiciens ; le zombie-boucher, le zombie-clown – peut-être en clin d’œil à <em>Day Of The Dead</em>, justement ?) et certaines scènes ne sont pas dénuées d’un certain sens de l’humour (noir). En définitive, les maquillages constituent une très belle réussite mais, encore une fois, l’utilisation bien que parcimonieuse de CGI vite dépassés aurait largement pu être évitée à mon sens.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span>Ce qui est également fort intéressant dans <em>Land Of Dead</em>, c’est le concept d’une potentielle évolution comportementale des zombies déjà soulevé dans <em>Day Of The Dead</em>, ici poursuivi et poussé à son paroxysme avec un sens du détail très rigoureux. Non seulement les zombies ont appris à se méfier des « fleurs célestes » (feux d’artifice destinés à détourner leur attention), mais ils deviennent également capables de communiquer entre eux et d’accomplir certaines actions de base (comme se servir d’un fusil mitrailleur), ou encore des tâches qui avaient leur importance dans la vie qu’ils menaient avant leur contamination. Les zombies constituent donc non plus un ensemble dispersé mais une communauté soudée, unie par l’instinct d’appartenance au groupe et le désir de se placer sur un pied d’égalité par rapport aux vivants. Car c’est bel et bien de cela dont il s’agit en réalité : plus encore que dans les précédents volets de la saga, Romero estompe les frontières qui séparent les morts des vivants, jusqu’à les confondre carrément (<em>« Ils sont nous. Nous sommes eux. » </em>; <em>«Ils cherchent un endroit où aller… Tout comme nous. »</em>). Le parallèle entre ces deux espèces à la fois si différentes et si proches est permanent, de sorte que l’on ne puisse véritablement pencher pour l’un ou l’autre des deux camps. Le sentiment d’empathie envers les zombies est ainsi quasi-inévitable, notamment lors de moments spécifiques durant lesquels Romero dénonce la cruauté intrinsèquement humaine des vivants à l’égard des morts (les zombies utilisés comme des cibles mouvantes par des tireurs chevronnés, idée que l’on trouvait déjà dans <em>Night Of The Living Dead</em> et que le cinéaste réutilisera ensuite dans <em>Diary </em>et <em>Survival Of The Dead</em>). Dénué de tout manichéisme simpliste et handicapant, <em>Land Of The Dead</em> déploie ainsi tout son potentiel de réflexion en privilégiant une certaine ambiguïté morale au piège des facilités scénaristiques.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span>Pour finir, il me semble amusant de préciser que l’oncle George a eu la bonne idée d’offrir une petite apparition au réalisateur Edgar Wright et à l’acteur-scénariste Simon Pegg pour les remercier de leur hommage rendu avec le film <em>Shaun Of The Dead</em>. Nous les retrouvons donc dans les rôles de deux zombies enchaînés, aux côtés de qui les habitants ont la possibilité de se faire prendre en photo en simulant la terreur… Idem pour le cascadeur-maquilleur Tom Savini, qui apparait sous les traits d’un zombie à grosses moustaches et en perfecto de cuir noir faisant un carnage à la machette, en référence à son rôle de biker fou dans <em>Dawn Of The Dead</em>. Bien que relativement brèves et pas nécessairement évidentes (surtout pour les créateurs de <em>Shaun Of The Dead</em>), ces scènes restent néanmoins fort agréables pour les fans de films de zombies qui y verront là une intertextualité tout ce qu’il y a de plus rafraîchissant.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><em><span>Land Of The Dead</span></em><span> peut donc à juste titre être considéré comme une réussite totale qui, si elle ne parvient pas pour autant à s’élever au niveau d’excellence des trois chefs-d’œuvre constitutifs de la saga <em>Of The Dead </em>(d’où la note de 4/5), parvient sans problème à pleinement atteindre ses objectifs tout en clôturant la quadrilogie en beauté. Un film incontournable à voir ou à revoir sans modération pour mesurer toute l’envergure du gigantesque talent de conteur de George A. Romero. Fan d’horreur post-apocalyptique, ce film est fait pour vous !</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><em><span>Par Emmanuelle Ignacchiti </span></em></p>
</div>
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		<title>Les Amants d&#8217;Outre-Tombe (John McNaughton, 2005)</title>
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		<pubDate>Thu, 27 Oct 2011 14:17:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuelle Ignacchiti</dc:creator>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
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		<description><![CDATA[Ernest Haeckel trouve refuge dans une cabine isolée au cœur de la campagne sauvage de la Nouvelle Angleterre. Il reçoit pour consigne de son hôte de ne sortir sous aucun prétexte. Alerté par les pleurs d&#8217;un bébé qui se mêlent à d&#8217;horribles gémissements, Haeckel désobéit et se retrouve au cœur d&#8217;une orgie peuplée de morts-vivants&#8230; [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.horreur.net/img/mastersofhorror12.jpg" alt="" width="283" height="398" /></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ernest Haeckel trouve refuge dans une cabine isolée au cœur de la campagne sauvage de la Nouvelle Angleterre. Il reçoit pour consigne de son hôte de ne sortir sous aucun prétexte. Alerté par les pleurs d&#8217;un bébé qui se mêlent à d&#8217;horribles gémissements, Haeckel désobéit et se retrouve au cœur d&#8217;une orgie peuplée de morts-vivants&#8230;</em></p>
<p style="text-align: justify;">En 2005, l’acteur, réalisateur, scénariste et producteur <strong>Mick Garris</strong> (à qui l’on doit, entre autres, <strong><em>Psychose IV</em></strong> et <strong><em>La Nuit Déchirée</em></strong>,<em> </em>ainsi que la seconde adaptation télévisée de <strong><em>The Shining</em></strong>) eut l’idée brillante de réunir treize réalisateurs fétiches du cinéma d’horreur, tels que <strong>Stuart Gordon</strong> (<strong><em>Reanimator</em></strong>), <strong>John Carpenter</strong> (<strong><em>The Thing</em></strong>), <strong>Tobe Hooper</strong> (<strong><em>Massacre A La Tronçonneuse</em></strong>) ou encore <strong>Dario Argento </strong>(<strong><em>Suspiria</em></strong>),<em> </em>dans le cadre d’une série télévisée intitulée <strong><em>Masters Of Horror </em></strong>; chacun de ces « maîtres » de l’épouvante se voyant confier un épisode de la série. Parmi eux, <strong><em>Les Amants d’Outre-Tombe</em></strong>, adaptation cinématographique de la nouvelle <strong><em>Haeckel’s Tale </em></strong>de <strong>Clive Barker</strong> (<strong><em>Hellraiser </em></strong>; <strong><em>The Midnight Meat Train</em></strong>) réalisée par <strong>John McNaughton</strong> (<strong><em>Henry, Portrait d’un Serial Killer</em></strong>). A la base, cet épisode de 59 minutes devait être réalisé par un certain <strong>George A. Romero</strong> qui se désista par la suite pour des raisons qui demeurent encore obscures, certains évoquant des divergences artistiques, tandis que d’autres affirment qu’il était à l’époque trop occupé par la promotion de son tout nouveau film,<strong> <em>Land Of The Dead</em></strong>. Quoi qu’il en soit, <strong><em>Les Amants d’Outre-Tombe </em></strong>se présente comme une œuvre <em>« en association avec George A. Romero »</em>, bien qu’il demeure assez difficile de mesurer le degré d’implication réel du Père des Morts-Vivants dans ce projet.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.kinodelirio.com/wp-content/uploads/2010/01/haeckels-tale-moh.jpg" alt="" width="375" height="207" /></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Les Amants d’Outre-Tombe</em></strong> est un conte baroque sur le thème de la résurrection : Ernest Haeckel, jeune étudiant en médecine obsédé par la possibilité de vie après la mort, se livre a des expériences plus que douteuses sur des cadavres jusqu’à ce qu’il rencontre un mystérieux nécromancien dénommé Montesquino qui se déclare capable de ressusciter les morts au prix du sacrifice d’une année de sa propre vie. Dès lors, Haeckel, qui jusqu’à présent n’avait foi qu’en la science, va se trouver au cœur d’évènements défiant toute logique scientifique qui l’amèneront à revoir son jugement.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.serietele.com/illustrations/galeries/series/44284.jpg" alt="" width="450" height="300" /></p>
<p style="text-align: justify;">Cet épisode, assez différent des douze autres, commence plutôt bien : après une scène d’introduction captivante dans la digne lignée des films gothiques de la <strong><em>Hammer</em></strong>, nous faisons la connaissance d’Haeckel, sorte d’Herbert West des Temps Anciens qui se rebelle contre les autorités de son époque qu’il considère dans l’erreur car encore trop influencée par la religion catholique. L’opposition entre la foi religieuse ou la magie noire et le scepticisme matérialiste reste très intéressante car toujours autant d’actualité, l’expérience de la mort renfermant encore bien des secrets qui continuent de déchainer les passions. L’épisode se plait à entretenir le mystère autour des pratiques nécromanciennes et du passé de chacun des personnages, ce qui parvient à capter et maintenir l’attention du spectateur à peu près jusqu’à la moitié du film.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://3.bp.blogspot.com/_zswvgN3NvdY/Ssc20ZXwa2I/AAAAAAAABbg/zs5NLdRV-So/s400/2661087651_02fec60132.jpg" alt="" width="400" height="225" /></p>
<p style="text-align: justify;">C’est à partir de cet instant que tout commence à partir en sucette : lorsque Haeckel fait la rencontre d’un vieil homme marié à une femme beaucoup plus jeune et belle que lui qui passe le plus clair de son temps à scruter l’horizon avec mélancolie. La jeune femme au comportement étrange s’avère en réalité être une fervente adepte de la nécrophilie qui attend impatiemment de se livrer à son hobby favori : partouzer en compagnie de zombies encore chauds à qui la <em>rigo mortis </em>semble bien utile&#8230; A partir de ce moment, vers la quarantième minute du film, la tension retombe net pour laisser place à une ambiance se voulant glauque et malsaine du fait de son concept assez provoc’ de sexe craspec avec des zombies. Malgré tout, le malsain n’est pas tellement au rendez-vous, les scènes racoleuses se succédant sans grand intérêt tout en nous faisant la promo de la jolie plastique de l’actrice <strong>Leela Savasta</strong>. On aurait aimé peut-être un traitement un peu plus subtil de la part du réalisateur de <strong><em>Henry, Portrait d’un Serial Killer</em></strong> qui semble ce coup-ci avoir voulu trop en faire. Certes, les zombies sont pas mal (<strong>Greg Nicotero</strong> à la barre), bien qu’ils n’apparaissent qu’à partir des quinze dernières minutes de l’épisode&#8230; On a même droit à un bébé zombie à la <strong><em>Braindead</em></strong>, plus amusant que réellement effrayant car pas vraiment crédible niveau maquillage. Quant à la fin, eh bien elle enfonce un peu plus l’épisode en sombrant dans le grand-guignol, avec son retournement de situation pas vraiment surprenant qui tombe plutôt à plat. Dommage…</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://3.bp.blogspot.com/_zswvgN3NvdY/Ssc2mp2Lp_I/AAAAAAAABbQ/KCNZksrXsvk/s400/2661086841_cf501d432b.jpg" alt="" width="400" height="226" /></p>
<p style="text-align: justify;">En définitive, si <strong><em>Les Amants d’Outre-Tombe </em></strong>est loin d’être le meilleur des épisodes de la série, il a le mérite d’avoir su se différencier du lot de par son traitement baroque d’une histoire originale et son suspense très prenant. Dommage que le dénouement final ne soit pas à la hauteur du reste. On peut toutefois se demander ce qu’il en aurait été si <strong>Romero </strong>avait poursuivi le projet… Du sexe chez les morts-vivants ? Pourquoi pas…</p>
<p><em>Par Emmanuelle Ignacchiti</em></p>
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		<title>Day Of The Dead (Steve Miner, 2008)</title>
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		<pubDate>Wed, 26 Oct 2011 14:16:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuelle Ignacchiti</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Une épidémie se répand dans une petite ville des États-Unis, la garde nationale organise alors une quarantaine afin de contrôler l’épidémie. Sarah, caporal de la garde nationale originaire de cette même ville, décide d’aller prendre des nouvelles de sa mère et de son frère. Quelle grosse merde. Excitant comme un plagiat raté de Bruno Mattei [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://4.bp.blogspot.com/_ITZ1KLIppt0/SwdePg3se4I/AAAAAAAAAVQ/unNzxK9vMWo/s320/dayofthedead08.jpg" alt="" width="200" height="295" /></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Une épidémie se répand dans une petite ville des États-Unis, la garde nationale organise alors une quarantaine afin de contrôler l’épidémie. Sarah, caporal de la garde nationale originaire de cette même ville, décide d’aller prendre des nouvelles de sa mère et de son frère.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Quelle grosse merde.</p>
<p style="text-align: justify;">Excitant comme un plagiat raté de <strong>Bruno Mattei</strong> et presque aussi prétentieux qu’une daube à gros budget de <strong>Paul W.S Anderson</strong>, ce remake, ou plutôt devrais-je dire cet <span style="text-decoration: underline;">affront</span> au chef-d’œuvre culte de 1985 <strong><em>Day Of The Dead</em></strong>, s’acharne à vouloir péter plus haut que son cul pour un résultat, disons-le clairement, pire encore que tout ce qui se fait en termes d’opportunisme foireux et complètement dénué de talent. Visuellement très très moche, atrocement mal joué, inintéressant au possible et ridicule à en pleurer, le film de <strong>Steve Miner </strong>(<strong><em>Le Tueur du Vendredi </em></strong>; <strong><em>Halloween, 20 Ans Après </em></strong>; <strong><em>Lake Placid</em></strong>) se fout ouvertement de la gueule des fans de l’original en prenant des libertés qui, s’il y avait déjà fort peu de chances pour qu’elles réussissent à surpasser ou ne serait-ce qu’à égaler le scénario de <strong>George A. Romero</strong>, s’avèrent être des initiatives aussi merdiques qu’incohérentes. Retour sur le massacre d’un chef-d’œuvre en bonne et due forme.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.bloodygoodhorror.com/bgh/files/promos/day-of-the-dead-remake-070523-3.jpg" alt="" width="459" height="311" /></p>
<p style="text-align: justify;">Le premier point qui nous agresse les yeux au visionnage de <strong><em>Day Of The Dead</em></strong>, c’est son absence totale d’originalité – d’inspiration ? – que le film tente vainement de combler à grands coups d’effets de style plus risiblement cheap les uns que les autres. Le pire reste sans nul doute ces accélérations d’images intempestives convoquées dans l’unique but de donner un semblant de dynamisme au film mais qui ne parviennent au final qu’à rendre les actions complètement brouillonnes voire carrément illisibles. Cet effet insupportable va en réalité de pair avec le parti pris de <strong>Steve Miner</strong> – sans doute le pire outrage du film – de donner des pouvoirs surhumains à ses zombies. En effet, ceux-ci sont capables de pousser des sprints supersoniques, de marcher au plafond comme dans <strong><em>L’Exorciste</em></strong>, de courir sur les murs à la <strong><em>Prince Of Persia</em></strong>, et j’en passe des pires et des meilleures… Ben ouais, normal : ils sont morts, quoi de plus logique ?! Ces grotesques accélérations essaient donc tant bien que mal de rendre la présence insignifiante des zombies un tantinet angoissante (ce qui reste malgré tout un échec), la rapidité servant souvent de dernier recours aux films nazes pour tenter de faire peur lorsque leur scénario touche le fond.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://beyondmediaonline.net/wp-content/uploads/2008/12/dayofthedead09.jpg" alt="" width="500" height="312" /></p>
<p style="text-align: justify;">Et il faut bien avouer que niveau zombies, <strong><em>Day Of The Dead </em></strong>en tient une sacrée couche, je parle notamment de ces nombreuses scènes de métamorphoses ridicules et tout bonnement incompréhensibles (les gens normaux qui se décomposent en bidoche avariée en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire) avec même au programme une super-vision intracrânienne pour illustrer le processus de contamination des cellules du cerveau par le virus (allez, ne nous refusons rien, on a les moyens après tout…). En plus de ces joyeusetés, cet immonde remake qui ne se contente pas uniquement d’user et d’abuser de CGI absolument atroces a même eu  le mauvais goût de transformer les zombies si subtilement élaborés de <strong>Romero </strong>en monstres assoiffés de sang tuant davantage pour le plaisir que par instinct de se nourrir (c’est simple, on ne les voit <span style="text-decoration: underline;">jamais</span> se nourrir). Sans parler de l’honteuse scène d’auto-cannibalisme (si, si, je vous jure !) qui a largement de quoi foutre les puristes en rogne, et ils auront bien raison ! D’ailleurs, ne saviez-vous pas que les zombies se désintégraient instantanément au contact des flammes, os y compris ? Oui, oui, j’ai bien dit « désintégrer instantanément ». Le pire, c’est que le talentueux scénariste <strong>Jeffrey Reddick </strong>devait sans doute trouver ça trop classe comme idée…</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://anythinghorror.files.wordpress.com/2010/03/suvari-rhames.jpg" alt="" width="500" height="399" /></p>
<p style="text-align: justify;">Mais quel lien peut-il bien y avoir entre cette sombre merde et le <strong><em>Day Of The Dead </em></strong>de 1985 ? Aucun, mis à part peut-être le prénom de l’héroïne, Sarah, interprétée par une <strong>Mena Suvari</strong> (<strong><em>American Beauty </em></strong>; <strong><em>Stuck</em></strong>) complètement à côté de ses pompes, et encore, il est bien possible que ce soit là le pur fruit du hasard. Le remake a même cru judicieux d’aller à contre-courant de l’original en faisant des militaires les « gentils » se battant contre les méchants scientifiques, réduisant par là même la critique antimilitariste de <strong>Romero </strong>à néant. Que reste t-il donc de bon à prendre dans ce remake ? Absolument rien. Des dialogues creux et ennuyeux à en crever, un scénario aussi inintéressant qu’illogique (une usine de fabrique <strong>Nike </strong>secrètement reconvertie en silo de l’armée Russe à l’insu de tous… malgré le gros sigle « Biohazard » qui orne sa façade, of course) ; des acteurs de seconde zone insipides et pas crédibles un brin (mention spéciale au scientifique pseudo-beau gosse en costard-cravate tout droit sorti d’un épisode de <strong><em>Nip/Tuck</em></strong>) ; des scènes d’action puant le <em>fake </em>a des kilomètres (ah ah ! je tire au fusil à pompe d’une seule main et y a même pas de recul !) quand elles ne frisent pas carrément la bouffonnerie (le zombie fourbe qui attaque silencieusement du plafond façon <strong><em>Alien</em></strong>…). Le film, malgré son manque évident de budget, a quand même tenu à se payer quelques « stars » en les personnes de <strong>Mena Suvari</strong> (sans doute en mal de reconnaissance) et de <strong>Ving Rhames</strong>, décidément abonné aux remakes (<strong><em>Dawn Of The Dead </em></strong>; <strong><em>Piranha 3D</em></strong>) qui au final n’apparait pas plus de dix minutes en tout à l’écran (il devait sûrement coûter trop cher…).</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://cdn-premiere.ladmedia.fr/var/premiere/storage/images/cinema/exclus-cinema/actualites-cinema/trailer-o-rama-day-of-the-dead-life-before-her-eyes-baby-mama/13632432-1-fre-FR/trailer_o_rama_day_of_the_dead_life_before_her_eyes_baby_mama_image_article_paysage_new.jpg" alt="" width="470" height="313" /></p>
<p style="text-align: justify;">Mais je suis mauvaise langue, il y a bien UN point commun entre ce remake pourri sur tous les points et l’original : le zombie intelligent « Bub » (« Boubou » en français), ici rebaptisé « Bud ». Eh bien, croyez-le ou non, mais même ça, le film a réussi à le foirer ! Tout ce qui constituait un formidable intérêt dans le film de <strong>Romero </strong>et qui de plus était traité avec une sensibilité (et non sensiblerie) touchante et empreinte d’humanisme se retrouve ici littéralement saccagé par une overdose de bons sentiments absolument pathétiques et incohérents tout juste bons à filer la nausée. Ici, le gentil petit soldat végétarien Bud (le très inexpressif <strong>Stark Sands</strong>) tombé amoureux en trois secondes-chrono de sa supérieure conservera une fois transformé en zombie son profond amour pour Sarah de même que son aversion pour la viande. Voici donc… Le premier zombie végétarien de l’histoire du cinéma ! Pire, il sauvera même sa belle des griffes de ses congénères ! A voir ça, on se dit que le film nous prend vraiment pour des cons. Encore pire, les zombies, se sentant honteusement trahi par l’un des leurs, n’hésiteront pas à lui faire subir de cruelles représailles… Mais où va le monde ?!</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://reeleyes.files.wordpress.com/2011/03/day-of-the-dead-2008-1.jpg" alt="" width="573" height="301" /></p>
<p style="text-align: justify;">Nul à chier, voilà ce qui caractérise le mieux ce <strong><em>Day Of The Dead</em> </strong>aussi aberrant par son absence totale de qualités que par sa prétention démesurément éhontée. Tout ça pour ça, j’ai envie de dire… Y a des idées qui feraient mieux de rester au fond d’un tiroir pour l’éternité. Y a aussi des films qui foutent vraiment la haine. Et y a <strong><em>Day Of The Dead</em></strong>, un anti-film notoire qui n’aurait jamais du voir le jour.</p>
<p><em>Par Emmanuelle Ignacchiti</em></p>
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		<title>Resident Evil (Paul W.S Anderson, 2002)</title>
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		<pubDate>Tue, 25 Oct 2011 14:06:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuelle Ignacchiti</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://img.filmsactu.net/datas/films/r/e/resident-evil/xl/vm/4933ede908e22.jpg" alt="" width="250" height="364" /></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Dans un immense laboratoire souterrain, ont lieu des recherches ultras secrètes, supervisées par des centaines de scientifiques. Lorsque l&#8217;alarme retentit, tout le monde croit à une simple simulation d&#8217;évacuation. Mais bientôt, l&#8217;horreur les rattrape. Un virus hautement mortel se propage à un rythme effréné dans les couloirs : en quelques minutes, il met fin à toute vie humaine. Au même moment, Alice se réveille dans un somptueux manoir. Ignorant comment elle a pu atterrir là, elle fait la rencontre de Matt, un policier. Avant même qu&#8217;ils n&#8217;aient pu trouver une explication logique à ces phénomènes étranges, un groupe d&#8217;intervention militaire, les S.T.A.R.S, débarque de nulle part et les oblige à les suivre. Ces derniers ont reçu l&#8217;ordre d&#8217;infiltrer le laboratoire et de neutraliser la Red Queen, le super-ordinateur devenu fou que l&#8217;on tient pour responsable du désastre.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Première adaptation cinématographique du jeu vidéo éponyme qui allait donner suite à une longue série de blockbusters tous plus mauvais les uns que les autres, <strong><em>Resident Evil </em></strong>devait au départ être écrit et réalisé par le &laquo;&nbsp;Master Of The Dead&nbsp;&raquo; en personne, j’ai nommé <strong>George A. Romero</strong>. Cependant, celui-ci se rétracta en 1999 pour divergences artistiques (tu m’étonnes !) et le projet échoua finalement à <strong>Paul W.S Anderson</strong>, qui avait déjà plus ou moins fait ses preuves – plutôt moins que plus – avec son adaptation niaise à souhait du célèbre et ultra-gore jeu de baston <strong><em>Mortal Kombat</em></strong> en 1995. Il y a fort à parier que <strong><em>Resident Evil </em></strong>aurait été bien meilleur sous la direction de <strong>Romero</strong>, d’autant plus qu’<strong>Anderson</strong>, désireux de toucher un large public de jeunes ados pré-pubères de 12 ans max tout en évitant le risque de la censure, ne fit rien d’autre que saccager l’ambiance glauque et oppressante si caractéristique du jeu qui connut ses heures de gloire sur <strong>Playstation </strong>dans les années 90 en nous en livrant sa version ultra-épurée. En dépit de sa promo mensongère au possible et de la prétention à en crever les yeux qui émane de quasiment chacun de ses plans, <strong><em>Resident Evil </em></strong>fait office de pétard mouillé davantage mû par une stratégie commerciale peu subtile que par un réel désir de faire plaisir aux fans du jeu vidéo en lui rendant hommage.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://thefilmstage.com/wp-content/uploads/2010/06/Milla-Jovovich-Resident-Evil.jpg" alt="" width="550" height="382" /></p>
<p style="text-align: justify;">En réalité, la seule réussite du film reste sa bande-son électrique composée par l’<em>Antichrist Superstar </em><strong>Marilyn Manson</strong> en collaboration avec l’italien <strong>Marco Beltrami</strong>. Alliant mélodies électroniques à la fois enfantines et angoissantes et riffs endiablés de guitare sonnant très <em>heavy metal</em>, la musique de <strong><em>Resident Evil </em></strong>lui confère ce petit semblant d’identité dont il manque cruellement. Que ce soit pour instaurer une atmosphère apocalyptique, comme dans la toute dernière scène du film (la seule qui en jette vraiment) durant laquelle Alice (<strong>Milla Jovovich</strong>, <strong><em>Le 5<sup>ème</sup> Élément </em></strong>; <strong><em>Phénomènes Paranormaux</em></strong>) sort de l’hôpital désert et se retrouve seule contre tous dans une ville dévastée ; ou encore pour souligner la dimension juvénile d’Alice et de la Reine Rouge, les tonalités métalliques des thèmes aux airs de berceuses maléfiques du <em>Pope Of Dope </em>constituent l’un des seuls éléments du métrage qui ne soient pas bons à jeter. Dommage que le travail efficace et original de <strong>Manson </strong>se trouve allègrement massacré par la présence insipide de quelques noms de la scène <em>metal </em>et <em>nu metal</em> tels que <strong>Slipknot</strong>, <strong>Rammstein </strong>et <strong>Adema</strong>, qui quant à eux viennent pleinement confirmer la visée principalement commerciale de <strong><em>Resident Evil</em> </strong>consistant à accumuler des personnalités connues pour faire vendre toujours plus autour du film.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.films-horreur.com/wp-content/uploads/2011/10/kdaywqxrqjevbig.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-12909" title="kdaywqxrqjevbig" src="http://www.films-horreur.com/wp-content/uploads/2011/10/kdaywqxrqjevbig.jpg" alt="" width="614" height="330" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Mais qu’en est-il du principal intérêt du film, les zombies ? Eh bien, ils sont plutôt pas mal à vrai dire : lents, dégoulinants de sang, traînant la patte et crevant la dalle, ils constituent une menace massive et omniprésente, même si leurs apparitions sont très souvent bourrées de clichés et davantage vectrices de scènes d’action tout sauf originales que d’horreur pure et dure. Le mutant du film, l’arme secrète de la Reine Rouge, est quant à lui atrocement décevant car modélisé en CGI minables et déjà largement dépassés en 2002. Les nombreuses scènes d’action sont certes plutôt punchy mais, là où <strong>Romero </strong>aurait très certainement choisi de montrer du gore, le courageux <strong>Anderson </strong>préfère couper pour rendre la chose plus facilement digérable… Sans parler de l’insupportable bande-son de <em>metal </em>agressif qui accompagne systématiquement ces scènes plates à en crever, convoquée uniquement dans l’espoir de faire imaginer au spectateur ce que le film ne montre pas en tâchant vainement de les rendre plus violentes. Quelques passages seulement osent montrer un peu de barbaque et encore, un seul en fait : celui du couloir piégé qui par ailleurs semble allègrement pompé sur la scène d’introduction du génialissime <strong><em>Cube </em></strong>de <strong>Vicenzo Natali</strong>.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.films-horreur.com/wp-content/uploads/2011/10/rtaine.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-12908" title="rtaine" src="http://www.films-horreur.com/wp-content/uploads/2011/10/rtaine-1024x675.jpg" alt="" width="614" height="405" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Resident Evil </em></strong>prend le parti d’adopter un aspect très « science-fiction » qui l’en éloigne considérablement de l’ambiance crade et glauque du manoir du premier  jeu vidéo de la saga : hologrammes, caméras et gadgets dernier cri, gros flingues ultra-sophistiqués et I.A surdéveloppée, l’univers du film<em> </em>est formellement assez bien abouti même s’il ne fait pas vraiment preuve d’une grande originalité. Tantôt crades et obscurs, comme la gare du Hive, tantôt lumineux et froids, épurés au maximum avec prédominance du métal, comme les salles de recherches scientifiques et l’hôpital dans lequel se réveille Alice à la fin du film ; les décors visent à instaurer une tension latente qui nous pousserait à penser que tout peut arriver au sein de ces lieux hostiles et impersonnels, marqués par la démesure et l’ambition du progrès avec un grand P. Malheureusement, cette potentielle tension se trouve tuée dans l’œuf par la superficialité du scénario et des personnages&#8230; En effet, les protagonistes principaux sont malheureusement très creux et horriblement lisses : entre le flic Matt (<strong>Eric Mabius</strong>, <strong><em>Sexe Intentions </em></strong>; <strong><em>Reeker</em></strong>) complètement insipide et parfaitement inutile, dont la présence s’explique uniquement par le fait qu’il serve à préparer le terrain pour l’arrivée du Némésis dans <strong><em>Resident Evil : Apocalypse </em></strong>; la femme-soldat Rain (<strong>Michelle Rodriguez</strong>, <strong><em>Fast And Furious </em></strong>; <strong><em>Machete</em></strong>) insupportable car stéréotypée à fond et le pseudo-méchant et pseudo-beau gosse Spencer (<strong>James Purefoy</strong>, <strong><em>Solomon Kane</em></strong>) plus inexpressif encore qu’une moule morte ; il semble évident que <strong>Paul W.S Anderson</strong> ne soit pas vraiment doué pour susciter l’empathie du spectateur envers ses personnages. Seule <strong>Milla Jovovich</strong> parvient à ressortir à l’écran, mais je soupçonne sa petite robe rouge d’y être pour quelque chose…</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://s.tf1.fr/mmdia/i/25/0/3623250ismkl.jpg?v=1" alt="" width="530" height="352" /></p>
<p style="text-align: justify;">En définitive, <strong><em>Resident Evil</em> </strong>fait figure d’adaptation complètement ratée du jeu vidéo mythique, qui déçoit de par son côté édulcoré à fond et ses effets spéciaux ridicules. Illégitimement prétentieux (comme tous les autres volets de cette saga minable que réalisera <strong>Paul W.S Anderson</strong>) et malhonnête au possible car n’honorant pas du tout son « contrat » de produire un film gore et effrayant digne du jeu vidéo (ce que sa promo n’avait aucun scrupule à suggérer), <strong><em>Resident Evil </em></strong>reste un film de pseudo-horreur destiné aux ados, qui ne respecte pas même les attentes des fans du jeu, qui par ailleurs risquent d’être fort déçus. Pour les autres, eh bien, je vous conseille de vous jeter sans plus attendre sur le scénario original de <strong>George A. Romero</strong>, disponible en magasin et sur le Net, plutôt que de perdre votre précieux temps avec cette bouse…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Par Emmanuelle Ignacchiti</em><strong><em></em></strong></p>
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		<title>Day Of The Dead (George A. Romero, 1985)</title>
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		<pubDate>Mon, 24 Oct 2011 14:19:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuelle Ignacchiti</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les morts-vivants se sont emparés du monde. Seul un groupe d&#8217;humains, composé de militaires et de scientifiques, survit dans un silo à missiles. Deux solutions se présentent : fuir ou tenter de contrôler les zombies… Il aura fallu attendre 1985, soit sept ans après l’immense succès international de Dawn Of The Dead, pour que George [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.renaud-bray.com/ImagesEditeurs/PG/579/579909-gf.jpg" alt="" width="250" height="353" /></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les morts-vivants se sont emparés du monde. Seul un groupe d&#8217;humains, composé de militaires et de scientifiques, survit dans un silo à missiles. Deux solutions se présentent : fuir ou tenter de contrôler les zombies…</em></p>
<p style="text-align: justify;">Il aura fallu attendre 1985, soit sept ans après l’immense succès international de <strong><em>Dawn Of The Dead</em></strong>, pour que <strong>George A. Romero </strong>se décide enfin à poursuivre sa légendaire saga des morts-vivants avec <strong><em>Day Of The Dead</em></strong>, censé définitivement clore la mythologie Romerienne établie depuis 1968 grâce à <strong><em>Night Of The Living Dead</em></strong>. Nous savons bien évidemment qu’il n’en sera rien, puisque ce bon vieux George se retrouvera presque vingt ans plus tard en proie à une petite crise de nostalgie aiguë qui le poussera à se relancer corps et âme dans l’épopée zombiesque qui a forgé sa réputation avec <strong><em>Land Of The Dead</em></strong> (2004). Quoiqu’il en soit, ce troisième volet est à mon sens le plus réussi de toute la saga, le Père des morts-vivants étant parvenu à pousser le plus loin possible son concept de génie avec un réalisme tout simplement impressionnant qui a le don de nous laisser littéralement sur le carreau.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://1.bp.blogspot.com/_TZOfOuEveHI/TPKgFUIfMDI/AAAAAAAAB7A/frQqIEghh44/s1600/day-of-the-dead-7.jpg" alt="" width="576" height="304" /></p>
<p style="text-align: justify;">Et il faut bien avouer que les effets spéciaux et maquillage du maître incontesté du gore<strong> Tom Savini</strong> y sont pour quelque chose… C’est simple, d’un point de vue plastique, <strong><em>Day Of The Dead</em></strong> atteint un tel niveau d’excellence qu’il parvient encore à nous épater en dépit de son grand âge, ce qui n’est pas rien pour un film d’horreur voué par nature à marquer durablement l’inconscient collectif de son public. De plus, on peut constater que cette fois encore, <strong>Romero </strong>n’y va pas de main morte et se lâche même carrément sur le gore : le film s’attarde bien volontiers sur des éventrations, décapitations, énucléations, amputations et autres démembrements longuement et merveilleusement détaillés qui envahissent progressivement l’écran jusqu’à une apothéose finale qui ne manquera pas d’en choquer plus d’un… La pellicule se marque lentement mais surement d’un ton rouge sang résolument jouissif pour les fans d’horreur décomplexée que la vision de viscères gluantes ou de cerveaux plus vraiment très frais suffit à combler de joie pour la journée.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://www.zombiesdefined.com/images/review/day/day-11.jpg" alt="" width="480" height="266" /></p>
<p style="text-align: justify;">Les zombies, en plus de leur design absolument parfait (rien à redire…), forment une masse hétérogène pour laquelle <strong>Romero </strong>semble avoir laissé carte blanche à l’expression de sa créativité légèrement tordue sur les bords… Pour le coup, on aura donc l’occasion de croiser un zombie-clown pas très commode (tout simplement énorme !), une zombette-danseuse étoile en tutu (qu’elle est belle…), et j’en passe et des meilleurs pour ne pas vous gâcher le plaisir de la surprise… Néanmoins, la palme du plus beau zombie jamais crée au cinéma revient sans conteste à « Boubou » (« Bub » en anglais, interprété par le talentueux <strong>Sherman Howard</strong>), le mort-vivant « domestiqué » par le professeur Frankenstein alias <strong>Richard Liberty</strong>, complètement déchaîné dans son rôle de savant-boucher au regard illuminé. Le travail d’exploration du comportement zombiesque de <strong>Romero </strong>reste une véritable bouffée d’air frais pour les puristes du genre : en effet, c’est un plaisir sans nom que d’observer Boubou subir les réminiscences de sa vie passée au contact de banals objets du quotidien tels qu’un rasoir ou un téléphone. La scène durant laquelle ce personnage, qui pour moi restera à jamais LE zombie ultime de l’histoire du cinéma d’horreur, parvient à ressentir de nouveau des tréfonds de son inconscient l’extase toute simple d’écouter une symphonie classique figure aujourd’hui au panthéon des scènes cultes pour les amateurs de films de zombies. Il faut dire que <strong>George Romero</strong> a creusé à fond le mythe qu’il a lui-même crée en 1968, allant jusqu’à définir une psychologie voire même une sociologie « du zombie » ainsi qu’une perspective d’évolution comportementale incroyablement précise et tout à fait crédible.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://proserpine.files.wordpress.com/2008/05/bub.jpg" alt="" width="495" height="267" /></p>
<p style="text-align: justify;">Comme à son habitude, <strong>Romero </strong>couple son récit d’une réflexion philosophique sur sa propre définition de l’humanité via de longs monologues souvent enflammés de ses personnages : qu’est-ce qui nous différencie de ces morts-vivants, en somme ? Et comment réduire la distance qui nous sépare ? Le dilemme qui déchire les deux camps de la base armée, soit les militaires et les scientifiques, consiste à décider s’il faut éradiquer les morts-vivants sans sommation ou s’il existe une possibilité de leur apprendre à ne plus attaquer les vivants. Ce postulat de base demeure absolument fascinant si l’on prend en compte l’évolution colossale que <strong>Romero </strong>fait subir à cette figure anthologique du cinéma d’horreur qu’est le zombie depuis sa création : de simple cadavre ambulant mu uniquement par l’instinct de survie le plus primitif qui soit, il en fait un être capable d’apprendre de ses erreurs, de se méfier, de se souvenir de certains conditionnements de sa vie passée et même de ressentir des émotions intrinsèquement humaines telles que la tristesse, le joie ou encore la colère. Ainsi Boubou devient-il l’avatar du zombie intelligent ou en passe de le devenir, idée que le cinéaste de Pittsburgh poursuivra par la suite dans <strong><em>Land Of The Dead</em></strong> avec le personnage de leader des morts-vivants « Big Daddy ».</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://c3.ac-images.myspacecdn.com/images02/76/l_521b3b061ecc49728055ec1170476d5a.jpg" alt="" width="400" height="300" /></p>
<p style="text-align: justify;">A l’instar de <strong><em>Night Of The Living Dead</em></strong>, <strong><em>Day Of The Dead </em></strong>est profondément marqué par la démonstration par A+B que les humains sont définitivement incapables de venir à bout de leurs différences pour collaborer et tenter de survivre tous ensemble. Alors qu’en principe « l’union fait la force », c’est en réalité « la loi du plus fort » qui tend à primer en situation de crise grave comme une invasion de zombies mangeurs de chair vivante… Ce discours à l’acide nitrique que tient <strong>Romero </strong>en toile de fond tout au long de son film confère au <strong><em>Jour des Morts-Vivants </em></strong>une dimension pamphlétaire redoutable qui comme toujours ne manque pas de nous atteindre précisément là où ça fait mal. Et s’il est vrai que les militaires sont ici présentés comme de gros porcs écervelés et violents, force est de constater que c’est l’humanité toute entière qui est ici visée par le doigt accusateur d’un <strong>Romero </strong>alors au sommet de son art et pessimiste jusqu’au bout des ongles. Pessimiste, certes, mais non dénué d’humour tout de même : on retiendra le petit clin d’œil à <strong>Stephen King</strong> par l’intermédiaire du livre <strong><em>Salem’s Lot</em></strong> (<strong><em>Salem</em> </strong>en français, best-seller que <strong>Tobe Hopper</strong> adaptera au cinéma en 1979 sous le titre <strong><em>Les Vampires de Salem</em></strong>) que donne le professeur Frankenstein à son protégé Boubou pour que celui-ci se souvienne des joies saines et naturelles d’une bonne lecture fantastique.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://assets3.indiemoviesonline.com/files/editorspics/day-of-the-dead1-490.jpg" alt="" width="490" height="325" /></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Day Of The Dead </em></strong>est donc à considérer comme un authentique chef-d’œuvre dans la carrière de <strong>Romero </strong>mais aussi au regard du cinéma d’horreur dans son intégralité, une petite perle horrifique comme on en fait plus servie par une réalisation d’excellente facture à tous les niveaux. Gore, sombre, intelligent et dérangeant au possible, <strong><em>Day Of The Dead </em></strong>explose les limites de la censure et de la morale bien-pensante de son époque pour nous offrir une œuvre aussi virulente que divertissante. Incontestablement le meilleur volet de la saga <em><strong>Of The Dead</strong></em>.</p>
<p><em>Par Emmanuelle Ignacchiti</em></p>
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