Black Death (2010)

Note
8/10
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Alors que la première épidémie de peste bubonique ravage l'Angleterre, un jeune moine nommé Osmund reçoit la mission d'accompagner un groupe de chevaliers, menés par le rustre Ulric, pour enquêter sur d'étranges phénomènes se produisant dans un petit village reculé. Il semblerait en effet que, en ce lieu, les morts reviennent à la vie. Comprenant que cela est le fait d'un nécromancien ayant un lien particulier avec le village, ils se lancent à sa recherche et finissent bientôt par le trouver en la personne de la mystérieuse beauté Langiva. Mais quand Osmund, déchiré entre son amour pour Dieu et celui pour une jeune femme, accepte de passer un pacte avec la nécromancienne, l'horreur de son véritable voyage ne fait que commencer...

Décidemment, le terrible Christopher Smith s’avère être l’un des fers de lance du renouveau du cinéma horrifique anglais. Après avoir signé des méfaits comme le malsain « Creep » (2004), le débilo-jouissif « Severance » (2006) ou « Triangle » l’année dernière, voilà que le réalisateur angliche est de retour avec « Black Death ».

« Black Death » ou comment mettre en avant un discours original sur des antagonismes comme le bien / le mal, les croyances religieuses / païennes, le libre arbitre / la rectitude morale, le tout dans une Angleterre médiévale ravagée par la peste noire. Le pitch de base est assez simple : Osmund, un jeune moinillon (Eddie Redmayne), doit guider Ulric et sa bande de « fous de Dieu » dans un petit village par delà les marais, mystérieusement épargné par la peste, avec, à sa tête un nécromancien capable de ramener les morts à la  vie…

« A l’ouest rien de nouveau », me direz-vous ? Vous n’avez pas tout à fait tort. En effet, l’histoire semble à s’y méprendre à la trame de « Pardonnez Nos Offenses », le livre de Romain Sardou (oui, oui, c’est le fils de Michel…) qui dépeint « un village abandonné par Dieu », le thème de l’obscurantisme reste assez récurent dans le cinéma britannique (on se souvient de « Witchfinder General » ou de « The Devils ») et ce bon vieux Sean Bean reprend son rôle de chevalier sombre et torturé à la façon de Boromir dans la trilogie du « Seigneur Des Anneaux ». Ajoutez à cela une photographie froide qui rappelle l’univers du « Nom De la Rose » et vous obtenez un « Black Death » bande mou de prime abord…

Mais du haut de ses 40 ans, Christopher Smith n’en est pas pour autant novice. Et le bougre va nous en donner la preuve en faisant de son quatrième long métrage, une œuvre viscérale et terriblement accrocheuse.

Pour ce faire, le réalisateur va s’entourer d’une pléiades d’acteurs qui tiennent leurs rôles à merveille (les sous-exploités John Harris et John Lynch sont tout simplement géniaux) et faire évoluer son sujet d’une manière intelligente en s’appuyant sur le scénario de Dario Poloni (l’auteur de « Wilderness » qui opposait une bande de délinquants à une meute de chiens enragés sur une île déserte). Ainsi au fil de son périple, le jeune Osmund va voir sa foi vaciller et ses croyances mises à rudes épreuves devant les exactions d’Ulric et de ses mercenaires, prêts à tout, au nom d’un Dieu qui semble de plus en plus incertain… Pire encore : arrivé dans le village maudit, le petit moine va vite s’apercevoir que les païens damnés ont une philosophie très louable voire même légitime. Et si Dieu n’était qu’un concept  créé de toutes pièces ? Une supercherie mise en place par l’Eglise ? Voilà de quoi plonger  Osmund dans un no man’s land mental dont il sera difficile de s’en sortir.

Et loin de nous livrer en pâture ces grandes questions d’une manière primaire, Christopher Smith va habiller son histoire de façon très réaliste avec une photographie froide donc, mais aussi en donnant du relief à ses personnages, plus complexes qu’il n’y paraît (« l’élu » Ulric, Dalywag le bourreau, Langiva la nécromancienne…) et en se payant les services d’un crew de qualité. A ce titre, le travail de reconstitution de Petra Wellenstein pour les costumes et de Sarah Horton pour les décors, amène une énorme plus value au récit. On est bien loin des costumes édulcorés des films d’antan (avec de belles mises en plis pour les chevaliers ou des jolies dents toutes blanches pour les dames…). Ici l’imagerie est crue, réaliste et sans artifice. Et c’est tant mieux !

Au final, « Black Death » s’avère être une excellente surprise qui ne manquera pas de placer Christopher Smith comme une valeur incontournable de cette nouvelle vague de réalisateurs qui en ont dans le pantalon. Ce film coup de poing habilement construit sur des structures à tiroirs est d’ailleurs à l’affiche de festivals comme le Fantasia 2010 de Montréal ou le festival du Film Britannique de Dinard. Gageons qu’on en (re)parle d’ici peu…

Alors, tu préfères la peste ou le choléra ? La peste, mon capitaine ! La peste noire, même…

Docteur Z.

Aucun commentaire

  1. Excellent Thriller/Survival medieval d’autant qu’avec un script pareil on pouvait croire a un film dans la veine d’un Roi Scorpion
    Après un survival-slasher très glauque (Creep) et un « hommage » a Twilight Zone (Triangle) Black Death confirme le talent de Christopher Smith
    Vraiment dommage qu’une sortie cinéma n’ait pas été prévue en territoire français mais comme nous sommes les suces boules d’Hollywood et de leurs blockbuster crétins ou remakes inutiles, ce n’est pas demain la veille que cela risque de changer

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