Carrie au bal du diable (1976)

  • Titre original: Carrie
  • 1 h 38 min | Horreur, Thriller | 3 novembre 1976
    Note
    8/10
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    Tourmentée par une mère névrosée et tyrannique, la vie n'est pas rose pour Carrie. D'autant plus qu'elle est la tête de turc des filles du collège. Elle ne fait que subir et ne peut rendre les coups, jusqu'à ce qu'elle ne se découvre un étrange pouvoir surnaturel.

    Cela n’est plus à démontrer, Carrie est l’un des chefs d’œuvre de Brian de Palma. Il est aussi, accessoirement, l’une des meilleures des (nombreuses) adaptations de Monsieur Stephen King.

    Il semble banal et inutile d’évoquer l’intelligence et la virtuosité du film. Sa mise en scène magistrale, toujours au service de l’histoire et du propos, son montage spectaculaire, sa photographie magnifique, la richesse du contenu et de tous les personnages qui en font un vrai grand film, finalement… un peu supérieur au roman. Le réalisateur s’est bel et bien approprié avec aisance cette histoire étrange pour en modifier les enjeux, ici d’ordre plus sociétal, entre métaphore identitaire, approche psychanalytique de l’adolescence et film de genre, dont il manipule brillamment les codes.

    Image du film "Carrie au bal du diable"

    © 1976 United Artists − Tous droits réservés.

    On peut y voir, par exemple, l’exploration des méandres inquiétants de la sexualité féminine, ce « continent noir » selon ce bon vieux Freud, que De Palma cite d’ailleurs à de nombreuses reprises. Chaque personnage féminin est évocateur d’une facette de cette sexualité ambivalente et trouble, qui terrasse les hommes et que nul ne peut dompter.

    Ainsi, le film excelle dans les double sens, les sous-entendus, les paradoxes, dont l’exemple le plus frappant est sans doute la scène du meurtre de la mère, dont on peut évidemment faire de nombreuses interprétations. Et que dire de la scène presque finale du bal, dont l’ambiance ouatée préfigure l’horreur absolue ?

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    Le physique et la présence bizarre, angoissante de Sissy Spacek (Carrie) et de Piper Laurie, (Mme White, la mère de Carrie) impeccables dans leur jeu, correspondent parfaitement à l’imaginaire de Brian De Palma. Les autres actrices ne sont pas en reste, notamment Nancy Allen (Chris) et Amy Irving (Sue), dont la présence, certes moins forte, incarne parfaitement des personnages en fait plus complexes que l’on imagine.

    Image du film "Carrie au bal du diable"

    © 1976 United Artists − Tous droits réservés.

    Carrie est en tous points une œuvre captivante et jouissive que l’on ne se lasse pas de revoir, évidemment pour la leçon de cinéma, mais aussi pour toutes les interprétations que l’on peut s’amuser à en faire.

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