Turbo Kid

Turbo Kid (2015)

Note
5/10
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Dans un monde ravagé par l'apocalypse, un jeune garçon passionné par les bandes dessinées survit à l'hiver nucléaire en échangeant contre un peu d'eau les objets qu'il trouve dans les ruines des Terres Désolées. Mais l’enlèvement de son amie Apple par un sbire du maléfique Zeus le forcera à affronter ses peurs et à devenir un héros malgré lui.

Nos vies sont grevées d’instants tragiques : il est difficile de perdre ses parents dans un accident de push-car, tout comme il est douloureux d’apprendre la pédo-nécrophilie de son âme-sœur. Rédiger la critique d’un film attendu, mais finalement mal-aimé, n’est pas plus réjouissant.

Adaptation de T is for Turbo – qui avait reçu l’adhésion du public à l’occasion du concours organisé pour The ABCs of Death – Turbo Kid est le premier long-métrage du collectif Roadkill Superstar (François Simard, Anouk Whissell et Yoann-Karl Whissell), à qui l’on devait déjà les premiers opus de Ninja Eliminator.
Auréolé d’éloges, s’imposant comme un hommage à l’outrance kitsch et à la pureté émotionnelle des 80’s, Turbo Kid semblait être l’ultime teenage movie pour grands enfants ; une bouillie de pop culture nostalgique, sans être nauséabonde…

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Uchronie prenant place dans un univers post-apocalyptique, le film narre l’histoire du Kid (Munro Chambers), jeune orphelin fanatique de comic books, survivant sur une terre désolée où l’eau se fait aussi rare que sur la planète Arrakis. Sa vie routinière sera éparpillée au gré du vent lorsqu’il fera la rencontre d’Apple (Laurence Leboeuf). Aussi enjouée que mystérieuse, elle se prendra (trop) vite d’affection pour lui… Quand cette dernière se fera capturée par un despote borgne du nom de Zeus (Michael Ironside), le Kid fera tout pour la sauver, équipé du surpuissant Turbo Glove.

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Comment aimer un film lénifiant, quand on vous promettait un divertissement furieux, décomplexé et cadencé par des excès trash ? S’il convient de ne pas multiplier les scènes de désagrégations corporelles, il était légitime d’en attendre plus de la part d’un post-nuke dans lequel des antagonistes sont équipés de lanceurs de scies circulaires. Force est de constater que Turbo Kid reste bloqué à l’état de larve conceptuelle – naïvement scénarisée…
Car si la simplicité des intrigues de l’époque faisait leur charme, les déséquilibres narratifs du premier long-métrage du RKSS provoquent rapidement un sentiment d’incomplétude…  Comme s’ils se sentaient prisonniers du monde de T is for Turbo – dont l’univers minimaliste était symbiotique de la furtivité de son format – les néo-cinéastes (sans doute limités, par ailleurs, par la modestie de leur budget) n’exploitent jamais les ressources de leur cosmogonie.
Turbo Kid, sous couvert de son caractère fétichiste, pâtit d’un rythme désespérément lent. Les trop rares accès de folie – plutôt jouissifs au demeurant et dynamisés par un retrosynthé baroquissime – peinent à euphoriser le spectateur insensible aux nombreux élans romantico-mièvres du film : si les quelques scènes gore sont à mourir de rire, les passages traitant de la candeur forcenée d’Apple ne sont qu’aléatoirement réussis.

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Autant influencés par BMX Bandits que par Mad Max, les membres du RKSS confèrent à leur premier-long métrage une direction artistique assez authentique, proche des canons des années 80. L’emploi d’effets spéciaux traditionnels pour les scènes les plus vicieusement violentes est estimable, le collectif faisant preuve d’inventivité en donnant vie à des carnages corporels encore inédits. Tout cela contraste malheureusement avec un recours occasionnel à une imagerie numérique vomitive – et sûrement dispensable.
Vertu pseudo-expiatrice du film, les comédiens font preuve d’une certaine justesse en dépit de leur enfermement dans des personnages unidimensionnels et hasardeux – certes typiques de la période. Le caractère iconique de Michael Ironside est quant à lui honteusement sous-exploité…

À des années-lumière des ardeurs jubilatoires qu’il promettait, Turbo Kid ravira potentiellement les spectateurs les plus nostalgiques… S’ils parviennent à passer outre les  licornes et autres bouffonneries musico-textuelles effleurant une frontière trop peu épaisse entre l’hommage et le ricanement.

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 Par Fabio MDCXCVII

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