#Critique Ted Bundy: Autoportrait d’un tueur (Netflix)

#Critique Ted Bundy: Autoportrait d’un tueur (Netflix)

Conversations with a Killer: The Ted Bundy Tapes met en lumière pour la première fois le cerveau tordu du tueur en série Ted Bundy. La série effrayante envahira notre psyché d’entrevues exclusives du «Jack l’Éventreur des États-Unis» en personne. Cette série documentaire unique et captivante est centrée sur l’homme dont la personnalité, l’esthétique et les conventions sociales défient le stéréotype du tueur en série, ce qui lui a permis de se dissimuler pendant les crimes sexuels et meurtres brutaux de plus de 30 femmes, avant d’être pris au piège en 1978. Pendant son procès, Bundy reçut une adoration extraordinaire des femmes américaines, ce qui rendait ses crimes horribles doublement traumatisants, malgré la tendance de l’époque qui banalisait les situations du genre par son laisser-faire flagrant.

La nouvelle docu-série en quatre parties de Netflix et réalisée par Joe Berlinger (« Paradise Lost »), propose des interviews révélatrices du tueur en série Ted Bundy dans le couloir de la mort. La série documentaire – qui est en ligne sur Netflix depuis le 24 janvier – repose sur 100 heures d’interviews du tueur en série, menées par le journaliste Stephen Michaud en 1980, quelques années avant la mort de Bundy en Floride. Ces conversations inédites sont la base sur laquelle Berlinger résume l’enfance, les meurtres et les poursuites judiciaires du tueur en série, qui s’étendent sur de nombreux États, entraînant la mort de plus de 30 personnes et se terminant par la chaise électrique le 24 janvier 1989.

Il s’agit d’une plongée dans l’esprit d’un véritable sociopathe qui a commis ses meurtres avec une brutalité maximale et sans remords. Ceux qui espèrent des révélations à partir de bandes de Michaud vont, il faut le dire, être un peu déçus par ce documentaire. Car Bundy s’est abstenu d’avouer la barre d’avouer plus de 30 assassinats. Un chiffre que beaucoup s’accordent à dire qu’il pourrait même atteindre les 100. Néanmoins, les conversations avec le journaliste permettent de tirer des conclusions fascinantes. 

Au début, les réunions de Bundy et Michaud se concentrent sur l’enfance et les années d’adolescence. Toujours soucieux de faire pivoter chaque histoire à son avantage, Bundy décrit cette époque comme idyllique et se définit comme un athlète, un amateur de plein air et un type sociable ayant de nombreux amis. C’est un premier signe révélateur de son caractère pervers, étant donné certaines discussions enregistrées avec des personnes qui le connaissaient à l’époque indiquent clairement que Ted Bundy était tout sauf un homme affable ; c’était plutôt un «type timide» qui «ne faisait tout simplement pas partie du groupe».

C’est évident, Bundy veut que Michaud écrive une «biographie de lui», mais le journaliste a d’autres choses en tête. Après avoir échoué à faire en sorte que le tueur lui expose les horribles meurtres qu’il a commis en Californie, en Oregon, à Washington, en Idaho, dans l’Utah, au Colorado et en Floride de 1973 à 1978 a une idée inspirée : demander à Ted Bundy de parler des crimes commis mais à la troisième personne, tel que  «comment tel meurtrier aurait commis ce type de meurtre ?». C’est une stratégie brillante qui permet à Bundy de se garder à distance. Et cela oblige le condamné à s’expliquer sur son état d’esprit tordu, à la fois en ce qui concerne ses actes d’homicide et les motivations et les impulsions qui les ont précédés et suivis. Des passages dans lesquels Bundy explique également comment il traquait ses victimes, pourquoi il disposait des cadavres dans les montagnes (réponse : pour que les animaux puissent les consommer, servant ainsi de «dépoussiéreur») et son désir de retourner sur les lieux des crimes et d’y laisser des éléments de preuve non liés aux meurtres afin de mener les enquêteurs sur d’autres pistes.

Plus il avance, moins la documentation de Berlinger s’appuie sur les enregistrements, mais sur de nouveaux entretiens avec des avocats, des experts et des détectives, ainsi que sur une multitude de documents d’archives, tels que des images du procès initial de Ted Bundy, le premier à être diffusé à la télévision – pour parler, entre autres, de son amour narcissique des projecteurs, de son instabilité mentale. C’est un portrait complet d’un individu qui a donné un nouveau sens au terme «mal», parfaitement à la hauteur de la description «de Jack l’éventreur des États-Unis» – et rendu encore plus inoubliable par sa narration autobiographique d’un monstre par lui-même.

Au final, c’est moins par ses révélations que par la mise en scène que cette série-documentaire marque les esprits. Elle parvient à souligner les étapes clés d’une odyssée criminelle singulière et à mettre en lumière la complexité d’un tueur qui a laissé une tace dans l’imaginaire de tous ceux qu’il a approchés de près ou de loin. Glaçant.

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