Le Fléau (1994)

Le Fléau (1994)

Un virus s’échappe et c’est une nouvelle bataille du Bien contre le Mal qui commence ! Le film, ou plutôt téléfilm « Le Fléau », est tiré d’un best-seller de Stephen King existant en version intégrale (long de 1500 pages)  et en version réduite (500 pages).

Cette histoire est tirée de la version intégrale du roman et pas de la raccourcie. C’est pour cela que ce téléfilm dure 366 minutes (soit plus de 6h), et est décliné en plusieurs épisodes. Il est en effet presque impossible de le regarder entièrement d’un coup. Et ceci pour deux principales raisons : premièrement, parce que l’image a prix un sacré coup de vieux, et aussi parce que la piètre qualité du doublage rend le film vite indigeste. Mais il n’y a malheureusement pas que ça…

L’histoire mélange deux thématiques classiques: l’épidémie de masse qui ravage tout sur son passage, et le combat méthaphysique du bien contre le mal. Dans un premier temps, on se concentre sur le premier sens du « Fléau », cette super-grippe qui tue presque tous les êtres humains aux Etats-Unis (on ne sait pas trop comment s’en sort le reste du monde, à l’instar de Walking Dead). La maladie prend soin de laisser survivre les quelques personnages les plus charismatiques qui devront à un moment choisir le camp du bien, ou celui du mal. Car en effet, une fois ce premier sens du Fléau passé, le deuxième concerne la bataille que vont se livrer les gentils (du côté de Dieu) et les méchants (du côté du Diable).  Un diable qui ressemble plutôt à un Elvis Presley qui se serait mis au Metal et à la coke!

Dans les personnages, on aura donc les héros avec Stuart Redman (Gary Sinise qui est le seul à tirer son épingle du jeu), Frannie (la petite amie), Larry (le chanteur déchu), Nick (le sourd-muet), Tom (le grand enfant avec un petit retard mental)  Randall Flagg (Le Diable, joué par un Jamey Sherindan peu inspiré), Mère Abigaël (la guide spirituelle), Harold (l’ado frustré), Nadine (qui fantasme sur le Diable) ou encore La Poubelle (le pyromane). Alors que dans le bouquin de King, les personnages sont tous très charismatiques,  ils donnent ici l’impression  de s’ennuyer comme rats morts.

Le seul plaisir reste encore de voir comment un roman aussi énorme a été adapté, à quoi ressemblent physiquement les héros du bouquin, quelles parties vont passer à la trappe, ou encore comment seront mis en scène les célèbres rêves prémonitoires. Donc, pour les connaisseurs du roman, il y a quand même le plaisir de retrouver une épopée fantastique. Pour les autres, ils peuvent franchement passer leur chemin. N’est pas Peter Jackson (et son adaptation du Seigneur des Anneaux) qui veut…

Il faut ajouter à cela des effets spéciaux complètements loupés (pour 1994), une musique criarde, une luminosité digne d’un garage et une photographie qui fait passer les décors naturels pour du carton-pâte. Le côté maladie est également assez mal rendu, car même si on sait que le virus s’est échappé d’un laboratoire, on ne sait pas comment il se transmet ou comment il se propage. Les héros seraient donc immunisés (sélectionnés) par les forces du bien et du mal afin de livrer une ultime bataille ? Tous ces éléments mis en place sur un échiquier géant méritaient-ils une fin aussi navrante ? Dieu n’est-il pas encore plus vicieux que le Diable au final ? Original mais un peu décevant…

Pourtant, ce téléfilm/mini-série avait de l’ambition: s’attaquer à l’un des romans phares du maître de l’épouvante. Stephen King, qui a adapté lui-même le scénario, fait également une apparition dans un épisode. Il a donc participé, ou en tout cas assisté, au naufrage de son histoire. Il a également été question d’en refaire un film en 2011, mais ce sera pour finir une nouvelle mini-série qui devrait voir le jour pour 2019/2020. Espérons qu’ils gomment toutes ces erreurs pour redonner enfin à cette histoire la place qu’elle mérite aux côtés des grands classiques du Maître comme Ca, Christine ou Stand By Me…

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