Freddy Krueger de retour chez Paramount !

Le croquemitaine sort enfin du coma juridique

Sortez les thermos de café et collez-vous des allumettes sous les paupières : Freddy Krueger affine à nouveau ses griffes. Après seize ans de coma artificiel suite au triste remake de 2010 (celui qu’on essaie tous d’effacer de nos mémoires malgré le talent de Jackie Earle Haley), le dossier du tueur d’Elm Street vient d’exploser sur le bureau d’un grand studio. Paramount a en effet braqué le coffre-fort en récupérant les droits américains du scénario original de 1984 directement auprès des ayants droit de Wes Craven.

Image du film "Freddy contre Jason"
© 2003 Yannix Technology Corporation − Tous droits réservés.

Pour comprendre le soulagement des fantastophiles, il faut revenir au sac de nœuds juridique. Grâce à une loi américaine qui permet aux créateurs ou à leurs héritiers de récupérer leurs propriétés intellectuelles trente-cinq ans après leur Cession, la famille Craven travaillait en sous-marin depuis 2019 avec l’avocat Marc Toberoff pour arracher la franchise des griffes du limbo hollywoodien. C’est désormais chose faite, et la veuve du cinéaste, Iya Labunka, accompagnée de son fils Jonathan, s’associent directement à la Paramount pour piloter cette renaissance.

© 1989 New Line Cinema − Tous droits réservés.

Mieux encore : la distribution des rôles en coulisses a de quoi faire frétiller la pellicule. Le projet a été confié à Paramount Primal, le tout nouveau label genre du studio, piloté par le duo J.D. Lifshitz et Raphael Margules. Si leurs noms ne vous disent rien, leurs faits d’armes parlent pour eux : ce sont les producteurs derrière le braquage Barbarian, mais aussi Weapons ou Companion. Bref, des mecs qui savent secouer les codes du cinéma d’angoisse sans passer par la case « formule calibrée pour multiplexes ».

Reste maintenant l’inconnue majeure qui hante tous les esprits : que faire du personnage ? Parce qu’un Griffes de la nuit sans l’ironie sadique et le flair visuel de Wes Craven, on a déjà vu ce que ça donnait, et le résultat faisait peine à voir. De plus, caster quelqu’un dans le pull rayé rouge et vert sans faire hurler les puristes traumatisés par le départ de Robert Englund relève du suicide artistique ou du coup de génie. Si Paramount veut réussir son coup, il ne faudra pas se contenter de rejouer la carte de la nostalgie sous perfusion, mais réinventer une vraie terreur onirique capable de traumatiser une génération biberonnée aux écrans. La hache de guerre est déterrée, le gant est à terre, et on attend de voir quel cinéaste aura les reins assez solides pour nous replonger dans le cauchemar.

Quitter la version mobile