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127 Heures

Affiche du film "127 Heures"

© 2010 Warner Bros. − Tous droits réservés.

Le 26 avril 2003, Aron Ralston, jeune homme de vingt-sept ans, se met en route pour une randonnée dans les gorges de l’Utah.  Il est seul et n’a prévenu personne de son excursion. Alpiniste expérimenté, il collectionne les plus beaux sommets de la région.  Pourtant, au fin fond d’un canyon reculé, l’impensable survient : au-dessus de lui un rocher se détache et emprisonne son bras dans le mur de rocaille. Le voilà pris au piège, menacé de déshydratation et d’hypothermie, en proie à des hallucinations…

Après le succès mondial de Slumdog Millionnaire multi récompensé, encensé par la critique et le public, Danny Boyle a choisi un sujet radicalement différent pour signer son grand retour. Sans transition, il passe des bidonvilles grouillants de Mumbaï aux paysages solitaires des gorges de l’Utah. En faisant un pari assez fou : nous faire vivre les 127 heures de solitude extrême vécues par Aron Ralston coincé dans les profondeurs d’un canyon, et sa lutte pour sa survie.  Une histoire vraie, ce qui lui donne une portée toute particulière.

Les «survival movies » sont un genre en soi qui fonctionne de par la tension intrinsèque du sujet.  Par exemple,  dans Les Survivants un équipage d’un avion qui s’est écrasé dans la cordillère des Andes  doit sa survie au cannibalisme. Mais ici le héros est seul, le défi à relever est donc immense.

On se laisse donc embarquer par cette histoire qui commence doucement par la découverte des superbes panoramas qu’offre le Canyonland National Park. Accroc à l’adrénaline, la musique forte, notre héros a tout du sportif sympa, plutôt beau gosse, avec un défaut majeur : un sentiment d’invulnérabilité qui va lui coûter très cher. Il fallait tout le charme, la puissance de jeu de James Franco pour rendre attachant un héros qui a la stupidité extrême de partir seul en randonnée sans prévenir personne de l’endroit où il allait. Cet aspect sera bien sûr développé par Danny Boyle dans une scène à l’ironie tragique.

Si l’esthétique clipesque du début du film peut légèrement agacer, la tension arrive rapidement et on ne peut qu’admirer l’ingéniosité du héros pour tenter toutes les solutions pour délivrer son bras coincé par un rocher énorme. Mais 127 heures, 5 jours, c’est long, surtout quand on est seul. L’imagination du héros lui permet de divaguer, faire intervenir ses proches, et maintenir un dialogue imaginaire indispensable à la survie de son mental.

Car s’il est une leçon à retenir de ce film et de l’histoire d’Aron , c’est qu’il n’y a rien de plus puissant que l’instinct du survie. L’être humain reste un animal doué d’une intelligence hors du commun qui le poussera à tout tenter pour survivre. Étant donné le goût pour le gore de Danny Boyle, notamment dans 28 jours plus tard, on pouvait craindre le pire à l’arrivée de  la fameuse scène où le héros se coupe lui-même le bras. La maturité est passée par là, Danny Boyle adapte son style à l’histoire et trouve le bon compromis entre son attrait pour le sang et une réalité des faits déjà assez brutale.

Si James Franco est impressionnant de justesse et d’émotions, on reste toutefois sur notre faim. L’histoire aussi poignante soit-elle méritait-elle un long métrage ? Les creux que ressent le héros, l’ennui, ne pouvaient-ils pas être traduits autrement ? Pourquoi ne pas avoir multiplié ces monologues ironiques et criants de vérité où James Franco excelle (voir bande annonce) ? Car c’est dans ses réflexions que le héros arrive à nous toucher vraiment : « Qu’est ce qui t’a pris ? Comment vas-tu faire pour t’en sortir maintenant ? »

127 heures reste malgré tout une expérience cinématographique, sensorielle et émotionnelle. Caméra subjective, montage, lumière, tout est fait pour vous plonger dans la tête et le corps du héros. Pour vous poser cette même question : « Et vous, jusqu’où iriez-vous pour survivre ?

Louisa  Amara

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