Site icon Films-horreur.com

Alien : Covenant

Affiche du film "Alien : Covenant"

© 2017 Twentieth Century Fox Film Corporation − Tous droits réservés.

Cinq ans après Prometheus (notre critique) qui avait pour but de réinventer la mythologie Alien, Ridley Scott revient avec Alien : Covenant une suite directe qui est censé continuer le lien avec le premier film de 1979. Le réalisateur a déjà annoncé qu’un autre film était en préparation, pour parachever SA trilogie.

© 2017 Twentieth Century Fox Film Corporation − Tous droits réservés.

Avec Covenant, Ridley Scott promettait un film plus effrayant et plus sanglant que jamais, un film dans la veine mais différent de Prometheus, un film évolutif, qui allait expliquer beaucoup de choses fondamentales dans la saga. C’est sur ces arguments que la promo du film s’est faite. Faisant miroiter au monde entier ce qui avait manqué dans Prometheus : les monstres.

Cherchant à raccorder les wagons entre  les deux sagas en répondant à quelques questions fondamentales encore en suspens, Ridley Scott inscrit son nouveau chapitre à mi-chemin entre Prometheus et Alien piochant un peu chez les deux, pour le meilleur et pour le pire.

“Ici, il n’y a rien”

Malgré une ambition certes louable, Covenant rate en grande partie son cahier des charges. C’est en effet triste de voir Covenant reproduire les défauts en Prometheus les uns après les autres, tout en essayant de renouer avec l’esprit du 1er Alien, dont il n’égalera jamais l’intensité, la puissance terrifiante ou le génie de la mise en scène.

© 2017 Twentieth Century Fox Film Corporation − Tous droits réservés.

Les mêmes personnages débiles qui prennent des décisions incompréhensibles (mention spéciale pour le commandant du Covenant qui écoute gentiment l’androïde qui vient de le trahir et qui finit par plonger la tête dans l’œuf mortel), les mêmes facilités scénaristiques prévisibles (le twist de la fin est un sommet de non-surprise) : Covenant semble se moquer de son public, en lui resservant la même soupe indigeste et les mêmes ingrédients.

Si on passe au delà de cette frustration, on constate que, même sur le fond, Ridley Scott tourne son film avec un opportunisme assez révoltant : exit les « Ingénieurs » pourtant intéressants (ils sont expédiés en 30 secondes), exit même la mythologie que l’on connait depuis 30 ans. Il tente de réécrire SA suite, SA préquelle et gomme les films de Cameron, Fincher et Jeunet avec le plus grand mépris.

© 2017 Twentieth Century Fox Film Corporation − Tous droits réservés.

Les moindres bonnes idées sont gachées par un traitement trop en surface : de manière un peu surprenante, le film ne s’attarde jamais sur le thème phare de cette trilogie-prequel : la « Création ». C’est autour du personnage de “David” que cette thématique s’articule, un androïde devenu savant-fou avide de création.

Coté horreur, on reste aussi sur notre faim malgré 2 ou 3 exécutions bien gores. Les morts sont graphiques et le suspens est plutôt bien géré. Mais au-delà de ces courtes saynètes, il y a des problèmes de narration, causés par des moments de pauses maladroits entrecoupés par les apparitions, également peu inspirées, du Xénomorphe. On ne parle même pas de la scène d’affrontement entre la fausse Ripley et l’Alien, totalement pompée sur Aliens en moins spectaculaire.

© 2017 Twentieth Century Fox Film Corporation − Tous droits réservés.

Il y a beaucoup de choses à dire sur ce film, beaucoup de frustrations. Le problème principal étant un problème de ton, surtout dans sa seconde partie. On pense beaucoup à Alien 3 dans les scènes de poursuites, assez mal réalisées d’ailleurs (Fincher faisait mieux avec beaucoup moins de budget) mais aussi à Aliens Vs Predator (!!!) sans aucun fun pusique Ridley Scott se prend beaucoup trop au sérieux.

On retiendra de Alien : Covenant qu’en cherchant à dévoiler les origines du mal, dans une logique puante d’exploiter les franchises dans leurs moindres détails, Ridley Scott a démontré que seule une simple affaire de dollars l’anime pour infliger autant de mal à une saga mythique

Quitter la version mobile