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Aux yeux des vivants

Affiche du film "Aux yeux des vivants"

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Familles dysfonctionnelles, parentalité monstrueuse et enfance violentée sur fond d’ambiance lourde et régulièrement percée de scènes d’une brutalité viscérale… : avec Aux Yeux Des Vivants, Alexandre Bustillo et Julien Maury reviennent en partie aux thématiques de A L’Intérieur, film où Béatrice Dalle jouait l’ogresse sanguinaire d’un home invasion tournant rapidement au conte noir. Un film devenu culte un peu partout et dont la nouvelle oeuvre du duo semble être le prolongement. La séquence d’ouverture voit ainsi Béatrice Dalle jouer de la hache le temps d’un défouloir gore pour cette fois, non pas récupérer un enfant mais plutôt se débarrasser du sien, soit une progéniture mutante dont l’apparence, ultra-dérangeante, ne nous sera révélée qu’au 3/4 du métrage. Un infanticide qui sera empêché par le père, ex-militaire, complètement traumatisé et reprenant pour ce film le rôle du “dérangé voulant recréer une famille à tout prix”.

Se déroulant ensuite quelques années plus tard, le film prend une tournure film d’aventure enfantine, tendance production Amblin, avec trois pré-adolescents faisant les 400 coups sur fond de nature solaire, cela avant d’être happés par les ténèbres au détour d’un ancien studio abandonné en pleine campagne. Un peu comme chez Stephen King (on pense surtout à Ça), c’est la superposition de cet univers, entre innocence et brisures sous le poids du monde des adultes (les trois gosses ont un passif familial plus ou moins chargé), et celui, cauchemardesque, représenté par la famille monstrueuse et ses exactions, qui donne tout l’intérêt à ce film.

Un équilibre malheureusement desservi par le budget minimaliste. Ainsi, pour prendre un exemple, on a un peu de mal à croire à ce final où l’un des gamins part sauver sa petite soeur en solo et en vélo, comme un Goonies se lançant dans l’antre de la bête alors que, deux minutes plus tôt, l’ambiance était plus au slasher brutal et pris en main par les adultes. Pour faire tenir l’histoire, les ficelles sont également un peu trop voyantes. Le scénario nous ressort ainsi le coup, bien série Z, de la créature qu’on assomme seulement (faut bien qu’elle puisse se relever après) et cela avec l’aide d’une poêle à frire alors qu’elle s’est prise, sans broncher, trois coups de crosse en pleine tête deux scènes avant.

Les séquences les plus réussies (la surprise au lit, l’utilisation audacieuse d’une machine à laver…) en deviennent d’ailleurs frustrantes, laissant entre-voir la petite perle horrifique qu’aurait pu être le film avec plus de moyens et de temps passé sur les détails. Dans l’état, cela fait parfois mal à voir et quasiment toutes les premières séquences mettant en scène les enfants, leurs professeurs (mon Dieu ces scènes de classe…) ou des membres de leur famille, sonnent cheap, mal jouées et auraient nécessité un peu plus de prises.

Aux Yeux Des Vivants reste malgré tout regardable, cela après son premier tiers, et dépasse aisément en intérêt la majorité des DTV sans personnalité pullulant chaque mois. Mais le résultat fout quand même un peu les boules, un peu comme une mauvaise redescente quand on se souvient que le duo de réalisateurs étaient sur la shortlist en 2006 pour le remake d’Hellraiser.

Critique par Alex B

TRAILER :

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