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Cadavres à la Pelle

Affiche du film "Cadavres à la Pelle"

© 2010 Aegis Film Fund − Tous droits réservés.

Edimbourg, capitale mondiale de la médecine, 1828. Deux émigrés irlandais, William Hare et William Burke, ont bien leur petite idée pour fournir aux éminents praticiens de dissections les cadavres de première fraîcheur qui leur sont nécessaires…

Lorsqu’un maître du cinéma horrifique John Landis, se remet au cinéma après une bonne dizaine d’années d’absence, on ne peut être qu’impatient de voir le résultat. Après quelques ratés notamment avec Blues Brothers 2000 et Susan has a plan, Landis met de côté le cinéma quelques temps. Ces multiples ratés montrent que sa carrière était alors au plus mal, il faudra attendre la série télé Masters of Horror en 2005 pour prendre de ses nouvelles.

S’inspirant d’une histoire vraie, celle de deux célèbres tueurs en série anglais, Cadavres à la pelle prend le parti de la comédie tragi-comique si chère à John Landis. Le film doit tout d’abord énormément à son casting : Simon Pegg, Andy Serkis et Jessica Hynes en tête, mais aussi Tom Wilkinson, Hugh Bonneville ou encore Tim Curry. Le film est également bourré de caméos sympathiques, comme Simon Farnaby et Tom MeetenStephen Merchant, Steve Speirs, et aussi Christopher Lee puis Bill Bailey qui ouvre et ferme le film, parfait en conteur cynique. Toutes ces trognes ponctuent le film de leurs apparitions légendaires.

Ce qui frappe dès le début, c’est le caractère historique du film avec une reconstitution de l’époque du 19e siècle aussi bien dans les costumes que dans les décors qui est parfaitement soignée. Mais loin de mettre le film à distance du spectateur, c’est par son énergie débordante et son procédé de narration initial que Burke And Hare séduit dès le début et accroche le public. Au service de ce rythme haletant, le montage chirurgical permet d’éviter certaines longueurs et le film ( assez court, 1h30 ) en ressort encore plus stylisé.  La photographie grisonnante et craspec contribue à rendre réaliste la ville d’Edimbourg de 1828, sombre et sale, vouée à la corruption et à la justice arbitraire.

Le duo de personnages n’est finalement pas aussi drôle que l’on voudrait, mais leur relation reste sympathique et touchante. C’est en fait les situations qui prêtent plus à rire que les personnages eux mêmes: ainsi la partie du film où les héros apprennent comment exécuter leurs victimes le plus facilement et rapidement possible est la mieux réussie du film et nous donne de bons gros fous rires. L’humour et très abordable, voire presque enfantin si le sujet de base du film n’était pas aussi morbide. Pas ou peu de blagues potaches ou vulgaires.

Fraiche, originale et revigorante, cette comédie caractéristique de la filmographie de John Landis souffre pourtant d’une envie de “trop bien faire” ou le souci du détail prend parfois le pas sur l’histoire en elle-même qui désintéresse parfois le spectateur à la moitié du film. Pourtant, les 20 dernières minutes sont presque parfaites et judicieusement amenées, et le final inattendu conclue Cadavres à la Pelle de la meilleure manière. Un film qui donne la pêche en fait !

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