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Christmas Evil

Affiche du film "Christmas Evil"

© 1980 Cinevid Productions − Tous droits réservés.

Six ans après l’avant-gardiste Black Christmas, Lewis Jackson réalise Christmas Evil : un film d’horreur qui veut une nouvelle fois utiliser la magie de Noël comme décor macabre pour des meurtres sanguinolents. Malheureusement, Christmas Evil peut aller se rhabiller. Car le film est échec total, aucun charme, aucune vie, le récit est complètement plat : un ennui mortel. Pourtant certains éléments étaient prometteurs, notamment le développement du protagoniste : à mi-chemin entre sociopathe et rêveur innocent, de quoi troubler le spectateur face à une telle ambiguïté morbide. Mais c’était sans compter sur le pitoyable jeu de Brandon Maggart qui ruine totalement la crédibilité de ce tueur en surjouant cette finesse enfantine du personnage. De plus, la scène d’ouverture laissait présager un parti pris visuel à la limite du politiquement correct ; bourrées d’audace, ces premières images dérangent et esquissent un scénario mêlant sexualité, violence et conte de Noël. Il n’en n’est rien. Christmas Evil joue la simplicité et tente de se présenter comme un slasher, mais l’absence de tueur charismatique donne plutôt des airs de comédie noire à la limite d’une grotesque parodie low cost de film de genre.

© 1980 Cinevid Productions − Tous droits réservés.

Même le style série B des années 80 ne séduit pas : les plans sont quelconques voir incohérents, la musique est irritante et répétitive, les dialogues n’ont aucun sens et le montage archaïque donne la migraine. Dans cet amas de maladresses on peut tout de même dénicher quelques scènes au visuel intéressant, osé et tout aussi décalé que le visuel de la scène d’ouverture. Mais ces courtes scènes ne suffisent pas à valoriser le film, on sent que le réalisateur hésite à pousser son œuvre vers un monde plus sombre mais que son manque de talent l’empêche d’approfondir ses idées.

© 1980 Cinevid Productions − Tous droits réservés.

Rien n’est fait, dan,s ce film pour capter l’attention du spectateur. Le rythme est lent et irrégulier, l’ambiance approximative laisse de marbre et même les quelques scènes de meurtre ne suffisent pas à faire passer la mollesse du film. Christmas Evil passe totalement à côté de son objectif, il n’a même pas le mérite de prétendre au titre de nanard sanguinolant. Les tentatives de brusquer ou d’effrayer le spectateur tombent grossièrement à l’eau tant rien n’est fait dans la technique pour susciter la moindre petite émotion d’effroi.

© 1980 Cinevid Productions − Tous droits réservés.

Même si Christmas Evil était limité par son budget rikiki, il n’a pas su se démarquer en adoptant un style particulier. Pourtant le scénario de base n’était pas sans intérêt, le protagoniste ne manquait pas de complexité et certaines idées étaient potentiellement brillantes. Malheureusement rien n’a été abouti, le film est entièrement bâclé et navigue entre téléfilm indigeste de Noël et film d’horreur amateur.

 

Joanny Combey

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