Site icon Films-horreur.com

Death Bell

Affiche du film "Death Bell"

© 2008 Mirovision − Tous droits réservés.

On le sait depuis belle lurette, le cinéma horrifique asiatique possède une aura sacrée depuis l’avènement des “Ring” et compagnie. Or, la Corée Du Sud n’est pas en reste depuis quelques années puisque le pays du matin calme a vu naître en son sein des péloches de qualité comme “Into The Mirror”, “R-Point”, “The Host” ou bien l’excellent “2 Soeurs”. Or, depuis quelques temps, l’horreur façon asiatique s’essouffle un peu et manque de sang neuf. Et ça, la Corée Du Sud l’a bien compris puisque les boîtes de prod’ ont levé le pied pour ne sortir que très peu de film de genre par an, histoire de se remettre dans les bons rails (“Death Bell” sera d’ailleurs la seule sortie horrifique de l’été 2008).

C’est le débutant et vidéo clipper Yoon Hong-Seung (alias Chang) qui va avoir la lourde tâche de relancer la machine en se basant sur un scénario co-écrit avec Kim Eun-Kyeong (“The Doll Master”). Pour son premier film, Chang joue gros.  L’idée de base est primaire mais alléchante : une classe d’élite regroupant les meilleurs lycéens d’une école de Corée Du Sud est prise en chasse par un mystérieux tueur qui prendra plaisir à les dézinguer un par un à chaque mauvaise réponse de leur part à ses questions.

School’s out !

On pense tout de suite à l’aîné japonais “Battle Royale”… sauf qu’ici “Death Bell” va s’avérer lui, être son parent pauvre. Ou plutôt un ersatz bâtard, car en dépit de qualité techniques largement au-dessus de la moyenne sur la forme (les cadrages, les ambiances, les savants jeux de lumières et de clairs / obscurs), le film ne présente que très peu d’intérêt sur le fond et va de ce fait mettre en exergue le manque d’expérience du (trop) jeune Chang.

Ainsi, on se trouvera face à de nombreuses incohérences scénaristiques : les élèves et les professeurs doivent élucider de mystérieux messages sous peine de voir l’un des leurs – déjà captif – mourir sans qu’on sache vraiment pourquoi. De plus, les personnages réagissent mollement à tout ce qui se passe autour d’eux (c’est au bout du troisième meurtre que la rigide prof d’anglais So-Young – interprétée par une Yoon Jeong-Hee qui passera la moitié du film les bras croisés pour montrer qu’elle est ô combien rigide – s’exclamera : “je crois que nous avons à faire à quelque chose en rapport avec un meurtre !”).

Récré !

A ce stade là, on se sait plus si Yoon Hong-Seung croit toujours en son film ou si le scénariste de “Death Bell” est parti en vacance pendant que le casting cabotine dans tous les sens (pour son premier rôle, la chanteuse Nam Gyu-Ri est loin de crever l’écran). Et pour ce qui est de cabotinage, on va en être gracieusement servi de la part de ces étudiants vite dépassés par les évènements. Ajoutez à cela, un VF totalement à côté de la plaque et une voix off monolithique et vous n’êtes pas loin d’un nanard ! Il sera donc difficile de s’y retrouver et de rentrer totalement dans cette bobine tiraillée par un difficile équilibre entre film de couloirs façon “Whispering Corridors”, une thématique à la “Saw” qui plane à tous les étages et une mise en boîte trop formatée pour être réellement sincère. Seul l’excellent Lee Beom-Su – pourtant habitué aux comédies – tirera son épingle du jeu avec son personnage de professeur principal auquel on se raccrochera bien volontiers pour ne pas perdre pied…

A l’arrivée, “Death Bell” nous laisse un sacré goût d’inachevé dans la bouche dans la mesure où Yoon Hong-Seung avait un sujet en or pour dépeindre les travers d’une société coréenne (et plus largement asiatique) prête à sacrifier toute une génération sur l’autel du culte de la réussite et de la compétition. Malheureusement, pour son tout premier long métrage, le réalisateur passera à côté de cette thématique intéressante pour s’engouffrer dans un film bancal un peu trop “facile” avec un peu de slasher, un peu de fantôme(s), un peu de torture flick, un peu de suspense, un peu d’action, un peu d’humour (involontaire ?) et un twist plus que banal. Et trop de “un peu” ça donne souvent “presque pas grand-chose”. “Death Bell” en est la preuve. “Sauvé Par Le Gong”, comme dirait l’autre…

Docteur Z.

Quitter la version mobile