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Esther

Affiche du film "Esther"

© 2009 Appian Way − Tous droits réservés.

Les histoires d’enfants maléfiques sont très à la mode en ce moment. C’est bien pour ça que j’y allais avec une petite réserve. Mais je me suis finalement laissée prendre au jeu. L’actrice principale, Vera Farmiga, a déja interprété une mère au bord du gouffre aux prises avec un rejeton des plus démoniaques dans Joshua. On la retrouve ici toujours aussi abîmée avec un passé difficile mais avec tant d’amour à donner. Et c’est à Esther qu’elle va le donner, enfin au début ! Cette petite fille mystérieuse nous fait froid dans le dos avec son regard sombre, son petit accent russe et sa manière étrange de s’habiller. On constate ici une écriture de bonne qualité sur son personnage, même une fois la révélation finale passée car tout concorde. Et que dire de l’interprétation de la jeune actrice, d’abord tout en finesse et en gentillesse apparente puis qui glisse tout doucement vers la perversité la plus froide jusqu’à commettre le pire avec un sang froid impressionnant. A ce propos, pour que le film fonctionne au mieux, tout dépendait du rôle et de la prestation de la jeune actrice. Et sur ce point là, Isabelle Fuhrmann s’en sort de manière remarquable. A un tel point que son personnage pourrait rester dans les mémoires.

© 2009 Appian Way − Tous droits réservés.

La séquence d’ouverture, particulièrement scotchante peut choquer surtout dans ce sujet fragile qu’est la maternité.  Mais elle est très loin d’être gratuite puisqu’elle souligne le trauma de la mère et sa fragilité psychologique.

Qu’on se le dise, Orphan ( rebaptisé Esther pour le marché français )  n’est pas un film d’horreur mais un vrai thriller où l’atmosphère est aussi importante que l’action à proprement parler. Collet-Serra parvient à faire un film à la montée dramatique et au suspens progressivement amenés avec un rythme soutenu, de telle manière qu’on ne voit pas les deux heures du film passer, ce qui est rare pour ce genre de film. Le réalisateur réussit également à nous faire entrer dans cette famille dans les recoins les plus intimes de cette maison, et on s’attache facilement à ces deux enfants : le petit pré-ado qui cherche à attirer l’attention de son père et qui cache une sensibilité à fleur de peau. Et la petite sur laquelle j’ai personnellement craqué, sourde et muette mais qui exprime un éventail d’émotions impressionnant. Les parents sont aussi touchants avec cette complicité du début qui se ternit au fur et à mesure de l’histoire. Le père était un petit peu en dessous, la faute à un personnage peut être pas assez creusé et à un acteur qui ne joue pas dans la finesse. Mais le vrai duo du film se joue entre la mère et la fille adoptive : car c’est un véritable affrontement entre les deux auquel on va avoir droit.

© 2009 Appian Way − Tous droits réservés.

Les codes du genre sont ici respectés et même contournés à certains moments ce qui donne un sentiment de fraîcheur au métrage. La démarche du réalisateur est de faire film au classicisme appuyé, privilégiant les personnages et l’atmosphère aux artifices propre au genre horrifique. On notera également des scènes poétiques entre la mère et sa petite fille, Max, au moment où elle lui raconte une histoire dans le langage des signes avant de s’endormir. Tout comme la petite,  on se retrouve sans aucun bruit et on entend pas même la voix de la maman : le son est supprimé de la scène.

Le twist final, qu’on attend avec impatience, est plutôt cohérent même si il enlève un peu de l’essence particulière de Esther, expliquant un peu trop bien son comportement. On aurait peut être préféré aucune explication en laissant libre champ aux interprétations ( tout comme pour Joshua ).On regrettera quelques clichés du genre ( la mère qui sait tout mais que personne ne croit ) et une fin un peu trop slasheresque qui tranche beaucoup avec le style du reste du film.

En résumé, une bonne surprise, un bon film, un bon moment.

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