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Friend Request

Affiche du film "Friend Request"

© 2016 Wiedemann & Berg Filmproduktion − Tous droits réservés.

Après la sortie en 2015 d’un film d’horreur basé sur Skype et les réseaux sociaux, un autre long métrage du genre a vu le jour sur grand écran le 23 novembre dernier, mais cette fois-ci avec un peu plus de consistance qu’un simple esprit virtuel malfaisant. L’histoire est plutôt classique : une enfance vécue dans la souffrance, dès la naissance, par la jeune Marina, qui développe une rancœur et des envies de vengeances. Enfermée dans ce monde noir, construit de douleurs, elle se venge de chacun de ses bourreaux en grandissant, jusqu’à s’en prendre à Laura, la fille populaire du lycée aux plus de 800 amis virtuels, qui sera sa dernière victime.

Le film joue beaucoup sur les procédés habituels du film d’épouvante, tels que les jump scares, les bruits étranges, les moments de silence, et la suggestion ; mais toujours de façon très pertinente. Ils sont en plus bien maîtrisés, sans outre mesure. Pas du tout là pour faire du remplissage, ils apportent réellement au film et appuient l’histoire. Les amateurs d’hémoglobine apprécieront aussi les séquences gores ponctuelles, au milieu de toute cette sorcellerie.

Un des sujets principaux du film, on l’aura compris avec le titre, est bien sur Facebook et les réseaux sociaux d’une manière plus générale. L’histoire aborde directement la notion d’intrusion insidieuse du réseau social dans la vie réelle. Marina s’introduit concrètement dans la vie de Laura, par un biais virtuel, que cette dernière croyait maitriser mais qu’elle ne contrôle plus du tout. L’équipe à l’origine du film a voulu dénoncer ici la façon dont les mondes virtuels s’insinuent et s’emparent de nos vies, mais aussi tous ces phénomènes présents sur Internet : le harcèlement, le flaming (pratique consistant à poster des messages délibérément incendiaires), et la stigmatisation publique.  “De soi-disant amis accèdent à une foule d’informations, créant l’illusion de se connaître très bien, ce qui n’est pas le cas. Selon toute vraisemblance, le risque de se faire avoir, voire de subir des déconvenues dans l’univers virtuel, est exacerbé et Facebook contribue à ce que ce phénomène se produise encore plus facilement et rapidement”, indique le réalisateur Simon Verhoeven.

Scene 25; INT Restaurant; Laura (Alycia Debnam – Carey) is sitting with her friends celebrating her birthday.

Le propos du film est directement lié à la confrontation entre la popularité et la solitude. Les deux sujets sont liés par l’enfermement, d’un côté sur soi quand on est seul chez soi devant son écran, et de l’autre quand on est pris au piège dans un engrenage de quête de reconnaissance sur les réseaux sociaux. L’écran est d’ailleurs la frontière entre l’isolement et l’extrême notoriété. Il est traité dans l’histoire, comme un véritable miroir (un classique du film d’épouvante !), sur soi-même, sur les autres, et sur un monde obscur. Il révèle la partie la plus sombre des personnages, au sens figuré en référence à leurs activités sur les réseaux sociaux, sur lesquels on peut créer sa propre image. A l’inverse, un miroir renvoie ce qu’on ne veut pas nécessairement voir. Ici le reflet entraîne les personnages vers une réalité bien sinistre, au sens littéral, à savoir la mort elle-même. Bien plus qu’un simple passage du réel au virtuel, l’écran permet alors de basculer dans un univers noir où règnent âmes sombres, mort et occultisme.

Le thème de l’ occulte est bien illustré à travers les publications sur la page Facebook de Marina, aux graphismes subtilement angoissants. Elle dessine beaucoup et anime ses créations sombres et morbides. Le spectateur est ainsi directement plongé au cœur de son univers macabre, et presque hypnotisé par certains effets stroboscopiques. C’est bien connu que le son d’un film joue beaucoup sur les réactions et l’expérience des spectateurs, et surtout dans le cinéma d’horreur. Friend Request ne déroge pas à cette règle ! Le son y est vraiment bon. Alors petit conseil : pour plus de frissons, allez voir le film dans une salle dotée d’une qualité sonore remarquable.

Quant au jeu des acteurs, rien d’alarmant  à signaler. La plupart des acteurs sont justes dans leurs intentions. L’actrice principale, Alycia Debnam-Carey, qui joue le personnage de Laura, est vraiment bien dans son rôle. On notera aussi la présence de William Moseley, en tant que Tyler le petit ami de Laura, qui a bien évolué depuis ses débuts dans Le Monde de Narnia !  

L’histoire un peu classique, aurait peut-être méritée d’être un peu plus approfondie pour que ce film soit excellent. Mais la cohérence du scénario, les détails visuels et la qualité des effets horrifiques, en font déjà un film vraiment bon.

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