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Guilty of Romance

Affiche du film "Guilty of Romance"

© 2011 Nikkatsu − Tous droits réservés.

Izumi est mariée à un célèbre romancier, mais leur vie semble n’être qu’une simple répétition sans romance. Un jour, elle décide de suivre ses désirs, accepte de poser nue puis de mimer une relation sexuelle devant la caméra. Peu de temps après, elle rencontre un mentor et commence à vendre son corps à des étrangers, tout en restant une parfaite femme au foyer. Quand le corps d’une personne assassinée est retrouvé dans le quartier des « love hôtels », la police essaie de comprendre ce qui s’est passé.

Que les choses soient bien claires, Guilty of Romance n’est pas un film d’horreur. Cela n’étonnera guère les habitués du réalisateur, l’enquête ouvrant le film n’est qu’un prétexte pour parler de la libération sexuelle d’une gentille (pas tant que ça) petite épouse bien sous tous rapports. Et même si un sursaut gore intervient dans le final, nous ne sommes pas du tout dans l’horreur, le spectateur cherchant à se faire peur sera franchement déçu. Cette œuvre, qui est le dernier volet de la « saga de la haine » de Sono Sion – comptant Love Exposure et Cold Fish, se consacre essentiellement à l’exploration de la sexualité féminine, qu’elle soit domestiquée (entre mari et femme), débridée ou vendue.

Ici, Sono Sion manie le corps de la femme et ses possibilités comme un poème, les mots et le rythme ont donc une importance majeure. Il est d’ailleurs clairement question de poésie et du poids des mots et de leurs sens. Et tout le problème de Guilty of Romance réside justement dans ses « éclairements ». Malgré certaines dérives stylistiques, l’obscurité intrinsèque à la poésie n’est pas au rendez-vous. L’esthétique est, au contraire, archi expressive et beaucoup trop explicite. Pour montrer l’ennui s’installant entre Izumi et son époux, le metteur en scène ne filme qu’un geste répétitif du quotidien, on est bien loin d’une révolution cinématographique. Si les débuts tendent vers un traitement poétique des rapports charnels, le film finit par tomber dans une farce outrée… Très japonaise.

Les personnages, centraux, de Miztuko et de l’amant d’Izumi (qui n’est qu’une pâle imitation d’Alex DeLarge) frôlent parfois le ridicule tant Sono Sion veut sublimer leur marginalité : il ne parvient qu’à en faire des figures caricaturales dont la seule liberté passe par le sexe. Car voilà le vrai sujet du film. Le réalisateur s’explique : « Dans le cinéma japonais récent, il est quasiment devenu une norme de ne pas traiter les problèmes de société : les films évitent de parler de sexe ou de politique. Dans ce sens-là, je ne pense être lié à aucun cinéaste japonais contemporain. En fait je suis surpris que mes films soient disponibles dans les vidéo-clubs au rayon pornographie. » Nous admettrons avec lui que Guilty of Romance n’a pas sa place dans le X, mais dans le genre « œuvre défendant l’idée que la sexualité reflète les contradictions d’une société », on a vu mieux, bien mieux.

On retiendra tout de même l’interprétation fabuleuse de Hisako Ohkata, laquelle joue à la perfection une mère déçue et dégoûtée par sa prostituée de fille. Elle est à l’origine de la meilleure scène du film, un moment d’humour décapant et porte à elle seule la toute petite dimension horrifique de Guilty of Romance.

Par Adèle.

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