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Insidious

Affiche du film "Insidious"

© 2010 Stage 6 Films − Tous droits réservés.

Bombardé au rang des grands films de trouille comme on en voit plus depuis 20 ans, cela avant même la diffusion de sa première bande-annonce, Insidious de James Wan se révèle être une chouette série B sans prétention, un roller coaster hanté (trop) généreux dans ses effets et pavé de tous les gimmicks surnaturels possible (ah non, manque le ouija…). Bref, Insidious, c’est le menu XXL du film de terreur. Un petit plaisir coupable respectant à la lettre son cahier des charges mais parfois lourd à digérer.

Avec sa jeune famille tout juste débarquée dans une grande bâtisse et son quotidien virant au cauchemar une fois le fils ainé plongé dans un coma mystérieux, Insidious démarre comme le film de possession standard avec son lot de poltergeist avant-coureurs, ici fort nombreux, de la porte qui claque aux bruits bizarres agitant la chambre du nouveau né. Sur cette base déjà bien usée par le cinéma de genre, de Poltergeist à Paranormal Activity en passant bien sûr par l’Exorciste, le film propose une alternative rafraichissante et propice à un déferlement d’esprits et de jump-scares en tout genre. La clé est donnée dès le titre du film. James Wan redonne un nouvel enjeu au film de possession, explicitant les signes d’un « démon » s’approchant « insidieusement » de  son prochain corps réceptacle.

Passée cette subtilité dans l’approche du genre, James Wan ne prétend pas au chef-d’œuvre mais plutôt au pop corn movie, jouant avec quelques grosses ficelles pour faire avancer son intrigue  – les dessins du gamin sortant par deux fois le film de l’impasse, ce genre de trucs – cela sur des rebondissement culminant dans un final bis comme un Conte de la Crypte et des révélations bien énoooormes – voir la série de photos! – sur l’un des personnages principaux. A l’antithèse d’un classique du film de maison hantée comme La Maison du Diable où l’angoisse, progressive, provenait d’une subtile mise en ambiance, Insidious chasse sur le terrain du pur divertissement flippant, sorte de parfait film d’Halloween commençant soft niveau effets surnaturels pour envoyer la sauce dans son dernier tiers, le thème du voyage astral permettant  à James Wan et au scénariste Leigh Whannel de lancer le spectateur sur un grand ride final blindé de spectres en tout genre.

Le couple s’accroche pour comprendre l’explication du médium

Les limites du  film se ressentent quand le scénario flirte aux limites du grotesque avec notamment ses deux ghostbusters d’opérette débarquant en plein drame familial et atomisant l’ambiance via quelques élans comiques bien déplacés. Certains looks de fantôme, avec sourires tout en déformation 100% CGI,  et mis en scène de manière trop clipesque pourront aussi faire sourire alors que le look post Dark Maul du démon griffu en chef et les scènes le montrant explicitement en action pourront faire grincer quelques dents, le film prenant un virage “film de monstre” un peu incongru. Pour le reste, les séquences surnaturelles restent très efficaces et le film parvient sans aucun effet sanglant à imprimer quelques beaux moments de terreur ramenant aux angoisses enfantines avec son éternelle peur du noir et du sombre individu potentiellement caché dans le placard.

Un jump scare déguisé en méchant de Star Wars

Et puis le casting tient la route: Patrick Wilson (Nite Owl 2 dans Watchmen) et Rose Byrne (la scientifique de 28 semaines plus tard et future Moira Mac Taggert dans le prochain XMen) sont plus que corrects en couple à la façade parfaite, les non-dits et malaises affleurant dès leur entrée en scène. On retrouve aussi avec plaisir Barbara Hershey, la mère folle furieuse de Black Swan, ici en grand-mère bienveillante un peu sous-exploitée, ainsi que l’éternel second rôle Linda Shaye pour incarner le médium de choc.

Ni subtile ni insidieux, Insidious est plaisant comme un train fantôme pour amateurs de frissons en salles obscures. Très bon film de terreur pop, le dernier James Wan amène aussi un peu de fraicheur et de fun dans une production horrifique outre-Atlantique bien fatiguée.

Critique par Alex B

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Partant sur un film de maisons hantées des plus classiques, Insidious prend assez peu de temps à présenter ses personnages ce qui est pourtant le socle de ce genre de films. C’est le cas du petit garçon qui est au centre de l’histoire : le héros n’est quasiment pas exposé avant son “incident” si bien qu’on ne sait finalement pas trop à qui on a affaire, ni sa personnalité. Son sort nous est alors un peu égal et tout l’aspect sensible de Insidious en prend un sacré coup. Et si on veut même aller plus loin, certains éléments de l’intrigue sont carrément inutiles : par exemple, le frère et la sœur du héros n’apportent rien au récit.

Ce qui est le plus dommage, c’est la revendication affichée par James Wan d’offrir à notre génération son propre Poltergeist. Sans jamais égaler ce film référence, Wan se contente de copier/coller quelques scènes et la quasi-totalité de son script sans y insuffler une quelconque âme.

Mais ce n’est pas tout car jusque là, les défauts du film étaient pardonnables et parfois oubliés par le fait que le réalisateur commençait à construire une ambiance lugubre avec quelques idées réussies. Mais c’est après les 30 premières minutes que le film vire dans le grand n’importe quoi : l’introduction de personnages et de situations se voulant humoristiques décontenance le spectateur et détruit toute la tension et le suspense qui avaient été mis en place dès le début du film. Pire, on se sent complètement largué face à cette tournure grand-guignol et tout ce bazar finit par provoquer des fous rires nerveux de moquerie.

Le film se révèle alors être maladroit, parfois même ridicule, sur-explicatif, moche et totalement convenu. On en ressort avec l’impression d’avoir la gueule de bois, après avoir assisté à un cocktail d’influences mal digérées par un réalisateur en mal de créativité et de talent.

Par Alexa

Insidious de James Wan – Sortie cinéma le 15 juin prochain

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