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Jessie

Affiche du film "Jessie"

© 2017 Intrepid Pictures − Tous droits réservés.

Dans l’univers très étendu des adaptations des oeuvres de Stephen King, on trouve du bon, et du moins bon. Le “maître de l’horreur” a en effet connu des transpositions sur le grand écran mais aussi à la télévision, avec plus ou moins de succès. L’année 2017 a été généreuse en termes d’adaptations des oeuvres de Stephen King, tous supports confondus. Après un Dark Tower décevant et un Ça plutôt réussi, il est temps de s’attaquer à un récit moins connu de l’auteur américain, qui trouve toute sa force dans un film sans prétention et viscéral à bien des égards.

© 2017 Intrepid Pictures − Tous droits réservés.

Ils sont nombreux les réalisateurs ayant adapté une histoire de King : Tobe Hopper, Stanley Kubrick, Brian de Palma, David Cronenberg, Frank Darabont, Bryan Singer, John Carpenter, Rob Reiner, George A. Romero… L’œuvre de Stephen King est si ample, si riche et variée sur le plan thématique que les adaptations cinématographiques et les noms de cinéastes qui s’y frottent sont de plus en plus nombreux. Pour cette adaptation du roman “Jessie”, c’est Mike Flanagan qui a relevé le défi.  Le réalisateur est connu pour avoir livré quelques pépites ces dernières années : The Mirror, Ouija, les origines ou encore Pas un bruit. C’est d’ailleurs lui qui réalise “Doctor Sleep”, la suite tant attendue de Shining, qui doit sortir au cinéma à la rentrée.

Car c’est une histoire compliquée à mettre en scène étant donné que la quasi-totalité de celle-ci se passe dans un lit, avec une héroïne menottée qui ne peut pas bouger. Gerald’s Game (Jessie, en français) fait partie des romans préférés des fans du maître de l’horreur et certains, en le lisant, se disaient qu’il serait inadaptable en version écran à cause de l’intensité de certaines scènes et du fait que tout se passe dans une chambre à coucher. Alors, défi réussi ?

L’histoire met peu de temps à démarrer, et sans trop en dévoiler, Jessie (incarnée par Carla Gugino) ne passe pas le film toute seule à converser avec elle-même. Le réalisateur trouve une belle façon, assez simple, de mettre le personnage face à ses pensées et à ses démons personnels. C’est d’ailleurs le véritable propos du film, comme beaucoup de récits de Stephen King, la fiction se concentre sur ses personnages.

© 2017 Intrepid Pictures − Tous droits réservés.

Assez rigoureux dans la gestion des espaces et dans sa manière de filmer Carla Gugino, le réalisateur joue avec habileté des situations que lui offre le scénario, en épousant parfaitement le mental de son héroïne. Il se montre aussi à l’aise dans le maintien du suspense que dans la montée progressive de l’horreur quand le passé de Jessie se révèle. A quelques occasions, il s’offre même quelques scènes d’une grande beauté visuelle quand il plonge dans le trauma de l’éclipse, climax dramatique du film.

Que les amateurs d’adrénaline se rassurent, si la montée en tension est surtout psychologique, le dernier tiers est proprement éprouvant, pour l’héroïne autant que visuellement pour le spectateur. On ne parlera pas de la fin qui peut diviser selon que l’on a lu, ou non le livre de Stephen King. Mais elle a le mérite de donner au spectateur des réponses à ses questions avec une conclusion finalement assez logique.

Il n’y a donc assez peu de reproches à faire à “Gerald’s Game” (Jessie), qui parvient à transposer en images la complexité et la force de la résilience du roman de Stephen King. Servi par des acteurs convaincants, une mise en scène simple mais sans folie, ainsi qu’un propos qui ne perd jamais de vue son objectif, nous avons là un film qui dérange et qui imprime sa marque dans les rétines.

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