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Shrew’s Nest

Affiche du film "Musarañas"

© 2014 Pokeepsie Films − Tous droits réservés.

Pour l’heure essentiellement diffusé en festivals (dont le PIFFF 2014), Shrew’s Nest est un premier film parrainé par Alex de la Iglesia. A priori un gage de qualité pour ce thriller présenté comme un huis-clos aux échos Polanskiens. D’autant que le cinéma d’épouvante ibérique s’est plutôt forgé une bonne réputation au fil des ans, donnant vie à des œuvres estimées par le public et la critique : [Rec] (Jaume Balaguero / Paco Plaza – 2007), L’Orphelinat (Juan Antonio Bayona – 2007), Les Autres (Alejandro Amenabar – 2001) ou encore Malveillance (Jaume Balaguero – 2011). On ne craint donc pas trop une éventuelle déception. A tort…

Le début du film laisse pourtant présager une réussite. On y rencontre deux soeurs vivant dans le même appartement, dont l’une, agoraphobe et instable, vit recluse Bible en main. Un cloisonnement qui va être perturbé par l’arrivée d’un jeune homme blessé dont elles vont s’occuper chacune à leur manière.
Dès lors, Shrew’s Nest bascule dans un manque d’inventivité assez désolant. Le spectateur a, entre autres, la sensation étrange d’avoir déjà vu le film. Un homme dont la jambe est en piteux état, cloué au lit et séquestré… Mais oui c’est bien ça, Juanfer Andrés et Esteban Roel nous font un remake de Misery, le film de Rob Reiner adapté du roman éponyme de Stephen King ! On pense aussi à JF Partagerait Appartement, le thriller de Barbet Schroeder dans lequel une jeune psychopathe marquée par la mort de sa sœur jumelle semait le chaos dans le quotidien de sa nouvelle colocataire.


Vous me direz, si un film s’inspire d’un autre de manière avouée ou non, ce ne sera pas le premier ni le dernier. Ce qui compte, c’est la manière dont il s’en démarque. C’est bien là que le bât blesse… Shrew’s Next ne surprend jamais vraiment et rame à produire le moindre malaise. On est loin des raisonnances Polanskiennes annoncées… Macarena Gómez a beau rouler des yeux, pousser des hurlements de rage et invoquer le Tout-Puissant (tiens, on pense aussi à Nicole Kidman dans Les Autres !), rien n’y fait. L’écriture manque singulièrement de subtilité et tombe bien souvent dans une facilité déconcertante.
Ainsi, pour révéler le sombre passé de Montse, la soeur fanatique et dangereuse, le choix se porte sur un flash-back maladroit et inutile. Tout est bien trop surligné pour un film qui aurait eu tout à gagner à distiller un peu de mystère et de suspense. Et ce ne se sont pas les apparitions ridicules du défunt père, austère et violent, qui vont nous convaincre…

On se surprend à espérer un revirement inattendu lors de quelques fulgurances sanglantes non dénuées d’humour (qui a produit déjà ? Ah oui, Alex de la Iglesia !) mais malheureusement on se rend vite à l’évidence : certes propret, bien éclairé et convenablement dirigé, Shrew’s Nest manque vraiment d’identité et est vite oublié. Il n’a qu’un mérite : nous donner envie de revoir tous les bons films dont il s’inspire.

Critique par Sébastien D

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