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The Devil’s Rejects

Affiche du film "The Devil's Rejects"

© 2005 Cinelamda Internationale Filmproduktionsgesellschaft − Tous droits réservés.

The Devil’s Rejects, second volet de la trilogie Firefly, sort aux Etats-Unis en 2005 et finit de convaincre ceux qui doutaient encore des capacités de Rob Zombie en tant que réalisateur. Instantanément considérée comme masterpiece du genre, cette trépidante péloche qui transpire l’Amérique des 70’s, parvient à surpasser les attentes des fans de House of 1000 Corpses (le premier opus sorti deux ans auparavant) et réussit haut la main l’exercice tant redouté de la suite.

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Reprenons nos basiques. En 2003 déboule sur les écrans House of 1000 Corpses, petite bombe jubilatoire sortie de l’imagination de Rob Zombie (jusqu’alors reconnu pour sa carrière musicale et ses vestes à franges). On y découvre la géniale famille Firefy, qui prend vie avec les vilains Captain Spaulding (Sid Haig), Otis (Bill Moseley), Baby (Sheri Moon Zombie), Mother Firefly (Karen Black) et qui aura vite fait de gagner notre cœur. Non content de voir ses personnages intronisés au patrimoine de l’horreur, Mr Zombie remet le couvert en 2005, avec The Devil’s Rejects. Dans la famille Firefly je demande alors tout le monde, puisque nous retrouvons la tribu au grand complet.

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Bien que suite directe du premier volet, The Devil’s Rejects tranche volontairement avec le style de La Maison des 1000 Morts. L’esthétique, l’ambiance, le périmètre d’action, le système pileux de Bill Moseley, les gros plans sur le booty de Sheri Moon Zombie (ah non, ça ça n’a pas changé)…
Chercher les différences en devient ludique et récompense les intentions du réalisateur, qui préfère sauter à pieds joints dans l’inconnu plutôt que de reproduire une possible pâle copie. Pari gagné puisque le changement de paradigme n’empêche pas de retrouver l’essence du premier opus, tout en apportant une belle dynamique via une ouverture terriblement enthousiasmante. On se laisse embarquer immédiatement dans ce road movie désertique, bien contents de retrouver nos méchants préférés pour 1h45 de cavale. Sortez vos Ray-Ban, vos boots et votre meilleur accent texan, on trace la route (6)66.

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The Devil’s Rejects nous fait voir du pays. On troque la ferme des Lucioles, son atmosphère confinée et ses couleurs criardes pour un aspect général délavé, une virée au grand air réaliste, parfois tendue et souvent incisive. Le nouveau terrain de jeu des Firefly semble illimité et les possibilités de carnages infinies. La cavale, qui prend des airs de vadrouille en famille avec pauses friandises sur l’autoroute (friandises goûts ”scalpe à vif” mais friandises quand même), permet d’évaluer drastiquement l’ampleur de la folie de nos antagonistes (devenus officiellement protagonistes dans cette suite infernale).

Improvisateurs de haut vol dans leur course à la planque, ils piochent leurs victimes au hasard (la scène du Kahiki Palms Motel marquera les esprits) et retombent toujours sur leurs pattes. Les acteurs tiennent le flm de bout en bout, notamment grâce à des dialogues épiques et acérés. On appréciera particulièrement les envolées d’Otis, dont on connaissait déjà le lyrisme certain et qui continue ici sur sa lancée. Usant, lors des scènes les
plus vicieuses, de références à une imagerie populaire (The Wizard of Oz de 1939, Willy Wonka & The Chocolate Factory de 1971), et détenant le record du F*** word au mètre carré, il nous offre en prime de splendides punchlines (”Boy, the next word that comes out of your mouth better be
some brilliant fucking Mark Twain shit, cause it’s definitely getting chiselled on your tombstone”).

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A ses côtés, on retrouve Baby qui a bien grandit, et Captain Spaulding qui contribue plus que jamais à l’étrange tendresse que l’on porte à cette bande d’affreux. L’oeil de Rob Zombie continue en effet de déconstruire toute formule manichéenne, s’échinant à dépeindre les pires criminels en
bougres attachants et le représentant de la bonne morale en vengeur fou. Cette dualité rejet/attraction rappelle que rien n’est ni tout noir ni tout blanc, et qu’il est parfois bien troublant de devoir choisir son camp. Cerise sur le milk-shake, The Devil’s Rejects confirme l’amour que porte le réalisateur aux films de genre, avec notamment la présence au casting d’une tripotée de légendes : Michael Berryman, Sid Haig, Ken Foree, Bill Moseley, Danny Trejo, tous habitués des plateaux sanguinolents.

Les adeptes du air guitar pourront exprimer tout leur talent grâce à la présence de Free Bird, morceau mythique de Lynyrd Skynyrd qui accompagne magnifiquement le dernier souffle de l’histoire, achevant le film en beauté, et en frais de pressing. Une bien belle façon d’occuper 109 minutes de
votre temps donc, même si cette épopée à l’américaine, aussi excitante soit-elle, ne répond pas à la question que tout le monde se pose au fond : ”How many zombies would rob zombie robe if rob zombie could robe zombies ?”. Frustrant non ?

Par Cécile Métral

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