Scream 7

Note de la rédaction :★★☆☆☆ 2/5
2.0/5

Le carnage le plus saignant de Scream 7 n’a pas eu lieu devant la caméra, mais bien dans les bureaux de Spyglass. D’un côté, l’éviction brutale de Melissa Barrera ; de l’autre, la désertion dans la foulée de Jenna Ortega (officiellement pour « conflit d’agenda », officieusement pour s’éviter un crash industriel), suivies du départ express du réal Christopher Landon, parti avant que le navire ne touche le fond.

Face à ce champ de ruines, la prod a fait ce qu’elle sait faire de mieux : sortir le chèque en blanc pour récupérer Neve Campbell et rappeler le « père fondateur », Kevin Williamson. Sauf que Williamson a beau être le cerveau scénaristique des opus majeurs, son bagage de metteur en scène se résume au souvenir tiède de Mrs. Tingle (1999). Le rapatrier au charbon avec Guy Busick au script pour coller un pansement géant sur une jambe de bois, c’était de la com’ de crise pure et dure. Mais soyons honnêtes : on voulait y croire. On espérait secrètement un bon gros coup de hache cathartique, un truc méchant, cynique et revanchard qui balaierait le merdier ambiant.

Sur le plan purement viscéral, le job de réalisateur fait pourtant le taf. Williamson connaît la maison, maîtrise ses cadres et décide de régler ses comptes à la machette : le film est étonnamment généreux en viande fraîche. La lame s’enfonce jusqu’à la garde, les tripes glissent sur le carrelage et certaines traques retrouvent cette méchanceté sèche qu’on n’avait pas vue depuis un bail.

Mention spéciale pour la scène d’ouverture : sans être le choc traumatique de 1996, elle s’en sort avec les honneurs. Ça joue bien avec les codes du genre, l’approche méta retrouve deux minutes de son panache d’antan et le découpage fonctionne. On se dit alors que le bonhomme en a encore sous la pédale.

Mais le miracle s’arrête là. Rapidement, la franchise troque son scalpel affûté contre une boîte à doudous nostalgiques. Ce qui servait jadis à autopsier le cinéma d’épouvante s’est changé en visite guidée du musée Grévin du slasher, où on repasse les mêmes plats tièdes en priant pour que le parterre de fans ne tousse pas devant la poussière du buffet. C’est sympa deux minutes, mais le cynisme mordant qui faisait la sève de la saga a été totalement lissé pour ne froisser personne. On aurait aimé que le film assume son statut de monstre de Frankenstein et tire à balles réelles sur l’industrie qui l’a conçu, mais il préfère jouer la sécurité.

Là où le bas blesse violemment, c’est au moment du climax. Le whodunit s’effondre comme un soufflé sorti trop tôt du four. La révélation de l’identité de Ghostface manque cruellement d’envergure, servie par un mobile tiré par les cheveux qui frôle l’accident industriel. La mythique explication de texte du dernier acte — autrefois sommet de démence théâtrale et de satire féroce — ressemble ici à un contrôle de routine expédié par un fonctionnaire impatient de boucler sa journée. Entre des seconds rôles réduits à l’état de silhouettes à égorger et des vétérans venus poinçonner leur ticket le sourire aux lèvres, le film étouffe sa propre tension sous une avalanche de fan-service paresseux.

Au final, ce Scream 7 ressemble à ces soirées entre vieux potes où on ressasse les mêmes vannes en boucle pour masquer le vide du présent. C’est distrayant sur le moment parce que ça gicle généreusement et que le savoir-faire technique évite la purge, mais l’absence totale de prise de risque laisse un goût d’inachevé. Un petit plaisir coupable tiède pour un samedi soir pop-corn, mais clairement le coup de poignard le plus dispensable de toute la franchise.

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