Site icon Films-horreur.com

The Innkeepers

Affiche du film "The Innkeepers"

© 2011 Dark Sky Films − Tous droits réservés.

Le Yankee Pedlar Hôtel s’apprête à fermer définitivement ses portes après un siècle de bons et loyaux services. Alors que leur boss est en congé, les deux derniers employés, Claire (Sara Paxton) et Luke (Pat Healy), essayent de capturer des signes d’événements paranormaux liés à une tragédie passée. En parallèle, deux mystérieux clients viennent vivre les derniers jours de ce lieu : une ancienne actrice reconvertie en médium et un vieil homme venu de très loin pour passer une nuit dans la chambre 353.

The Innkeepers est le cinquième long métrage de Ti West qui affirme ici un peu plus un style expérimenté sur House of the Devil. Comme l’annonçait le rédac chef de Mad Movies lors de sa première française dans le cadre du PIFF 2011, le personnage principal du film se trouve être à nouveau le lieu de l’action, soit un vieil hôtel magnifiquement mis en image et à la topographie habilement utilisée. Le rythme sur lequel se déroule le fil de l’intrigue entretient aussi quelques similarités avec le film précédent de Ti West : l’histoire prend un peu de temps à s’installer, laissant douter sur la teneur horrifique du film pendant ses trois-quarts aux allures de bluette romantique sur fond de fantastique. Une longue partie assez fun et portée par un duo d’acteur fonctionnant merveilleusement bien à l’écran. Mention spéciale pour Sara Paxton, ici à contre-emploi dans le rôle de la meuf fun mais un peu perdue. L’actrice semble enchaîner gags et mimiques pour régaler en gifs potentiels toute une partie d’un public trop souvent sevré aux personnages sans consistance.

Bien sûr, toute cette première partie est trompeuse et une accélération brutale de l’intrigue dans la dernière bobine verra le trouillomètre monter crescendo une fois les spectres résolus à se montrer un peu plus. L’effet de surprise suscité par ces apparitions combiné à des effets horrifiques simples mais efficaces amène alors une poignée de séquences beaucoup plus flippantes que prévues, tranchant avec l’ambiance un peu naïve du reste du métrage.  Les signes du surnaturel, fantasmés et attendus avec impatience par les deux protagonistes, finissent par se concrétiser de manières aussi concises qu’implacables. Ti West semble alors porter un regard critique sur la fascination du spectateur pour l’horreur et sur la course à qui en verra le plus, de plus près…

L’hôtel de The Innkeepers devient donc le théâtre d’un jeu tragi-comique, celui d’une course entre une comédie romantique (ambiance cinéma « indie ») et un film horrifique, les deux genres se tirant la bourre pour avoir le dernier mot. Ce dernier adviendra sous la forme d’un épilogue que certains trouveront peut-être un peu trop brutal mais qui reste cohérent avec la direction prise par Ti West tout le long du film.

Critique par Alex B

Quitter la version mobile