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L’horreur en 3 dimensions

amityville 3d

A l’occasion de la sortie du remake de Meutres à la Saint-Valentin en 3D, Films-horreur.com revient pour vous sur le phénomène de la 3D au cinéma et tout particulièrement dans le cinéma d’horreur …
Les films d’horreur ont longtemps joué un rôle déterminant dans l’évolution du cinéma en trois dimensions. Le premier gros succès de « l’âge d’or » du cinéma en 3D est un classique du film d’épouvante, L’homme au masque de cire (1953) d’André De Toth, avec Vincent Price ( qui inspira le remake House of Wax avec Paris Hilton en 2003 ). C’est le premier film de la Warner Bros tourné en relief 3D, qui lança toute une série de films fantastiques utilisant le même procédé. Paradoxalement, son réalisateur, borgne, ne pouvait pas le résultat de son travail ! L’acteur Vincent Price raconte “Ils voulaient un directeur pour tourner un film en 3 dimensions et ils ont embauché un homme qui ne pouvait pas voir en relief ! André de Toth a été un très bon réalisateur, mais n’était pas le bon directeur pour la 3D. Malgré tout, il a été en grande partie responsable du succès du film”.

André de Toth affirme que ce n’est pas Jack Warner qui l’a choisi à réaliser ce film, mais que lui-même le harcelait depuis des mois pour essayer ce nouveau procédé. Le producteur n’y était pas favorable, mais devant l’insistance du producteur Brynie Foy, qui croyait aux vertus du 3 D pour éloigner la concurrence des petits écrans qui commençaient à envahir les foyers américains, le grand nabab finit par céder.

Le public avait été captivé par l’effet stéréoscopique et la prestation de Vincent Price dans un rôle qui a fait de son nom un symbole du genre. 1 500 000 spectateurs ont été voir le film au cinéma à cette époque.

S’ils n’étaient pas tous des films d’horreur, la plupart des films tournés pendant cette première période d’exploitation de la 3D étaient des exercices de style plus ou moins réussis tels que Bwana Devil (1952) d’Arch Oboler, Le météore de la nuit (1953) de Jack Arnold, The Mad Magician  (1954) de John Brahm, et Le crime était presque parfait  (1954) d’Alfred Hitchcock. Le plus remarquable était peut-être L’étrange créature du lac noir (1954) de Jack Arnold, l’histoire d’une équipe d’archéologues pourchassés par une créature préhistorique mi-homme mi-poisson. Ce film dont les scènes en 3D étaient rares mais mémorables a donné lieu à deux suites, et la créature du film est devenue un des monstres les plus célèbres d’Universal.  Pour diverses raisons techniques et financières, le premier engouement d’Hollywood pour la 3D fut bref, mais le cinéma d’horreur continua de faire vivre ce format dans des films indépendants à petit budget. En 1961, un film de série B nommé Les yeux de l’enfer de Julian Roffman fit trembler le public américain avec ses séquences hallucinatoires terrifiantes tournées en 3D. En 1973, De la chair pour Frankenstein de Paul Morrissey et Antonio Margheriti mélangeait le cinéma d’horreur en 3D à un autre genre populaire des années 70 : le porno soft.

Au début des années 80, les tueurs sanguinaires en trois dimensions revinrent sur le devant de la scène. En 1982, Vendredi 13 – 3E partie : Meurtres en 3 dimensions de Steve Miner utilisait un nouveau procédé 3D qui semblait faire surgir les objets de l’écran. Sa suite fit deux fois plus d’entrées et ouvrit la voie à d’autres succès tels que Les dents de la mer 3 de Joe Alves et Amytiville 3D de Richard Fleischer l’année suivante.

En raison de son coût élevé et des défis technologiques qui accompagnent ce format, la 3D fut à nouveau abandonnée par les studios et les salles au milieu des années 80. Pendant 20 ans, le cinéma en 3D se résuma à des documentaires IMAX. Toutefois, les obstacles qui empêchaient une large diffusion de la 3D aux États-Unis furent progressivement surmontés, et aujourd’hui ce format intéresse plus que jamais l’industrie du cinéma et le public. L’évolution des caméras a réduit le coût d’un tournage en 3D et permis aux cinéastes de créer des effets visuels de plus en plus impressionnants, et les spectateurs ne souffrent plus de migraine ou de fatigue oculaire comme avec les anciennes lunettes rouge et bleu.

Aujourd’hui, les formats 3D prédominants, Real D et Dolby 3D Digital Cinema, utilisent des lunettes polarisées confortables qui fournissent des images d’une clarté incomparable. Les versions 3D de films tels que Le pôle express (2004) de Robert Zemeckis, Chicken Little (2005) de Mark Dindal, Beowolf (2007) de Robert Zemeckis et Voyage au centre de la terre (2008) d’Eric Brevig ont prouvé tout leur potentiel. En 2009, pas moins de neuf films d’animation en 3D sortiront en salles. De plus, de grandes franchises comme Shrek, Cars, Kung fu Panda et Toy strory franchiront le cap de la 3D avec leur prochain épisode. Ce format ayant récemment connu plusieurs grands succès et de nouvelles technologies se profilant déjà à l’horizon, l’alliance de la 3D et de l’horreur clouera très certainement les spectateurs à leur siège durant les années à venir.

Meurtes à la Saint-Valentin 3D a été entièrement filmé en 3D optimisée dans le nouveau format Haute Définition 4K, le tout dernier standard haut de gamme, capable d’enregistrer des images de 4000 pixels au rythme de 30 par seconde, au lieu des 2000 pixels de la HD standard. Les cinéastes ont utilisé deux caméras numériques à la pointe du progrès : la Red One (4K) et la SI-2K Digital Cinema Camera de chez Silicon Imaging. Les deux caméras sont plus petites et plus légères qu’une caméra 2-D ou 3-D normale et d’un emploi plus facile. Même pour un vétéran de la 3D comme Max Penner, l’équipement et les techniques utilisées pendant le tournage étaient révolutionnaires. Le spécialiste en image stéréo précise : « Les premières caméras 3-D étaient énormes et très encombrantes. » Autre différence de taille : ces nouveaux équipements n’utilisent ni cassettes ni pellicule. Les images numériques sont directement stockées sur des cartes flash qui sont ensuite téléchargées sur des disques durs informatiques. Max Penner ajoute : « Cette technologie nous permettait de nous affranchir de bon nombre des contraintes liées au relief. Nous avions un rythme de tournage proche d’une production classique 35 mm. Ce rythme de travail familier a mis tout le monde à l’aise. »

Un des plus grands avantages de ce nouveau format numérique est de permettre aux cinéastes de regarder les scènes en 3D immédiatement après les avoir filmées, leur donnant ainsi un plus grand contrôle créatif de l’image. Max Penner explique : « Avant, il fallait attendre des semaines pour voir à quoi ressemblerait une scène en 3-D. Avec cette technologie, nous pouvions voir sur nos moniteurs ce que le public verra dans les salles. Toute la 3D du film a été faite sur le plateau. Nous avons été capables d’appréhender la spatialité du film sur le plateau exactement comme un assistant opérateur ou un caméraman qui compose son image. L’instantanéité du procédé permettait de juger tout de suite du rendu et de ce qu’il fallait modifier. »

L’effet 3D est créé en enregistrant deux images en 2D avec deux caméras ou objectifs placés côte à côte. La diffusion simultanée et à 10 grande vitesse de ces deux images légèrement désaxées d’une même scène produit une illusion de profondeur et de volume. Max Penner observe : « Avec ces nouvelles caméras, la distance entre les deux objectifs et le point de convergence inter-axiale se règlent automatiquement. C’est une avancée essentielle parce qu’avec des caméras parallèles, vous ne pouvez pas bouger ou changer la mise au point sans réajuster le point de convergence. C’est ce qui provoquait la fatigue visuelle des spectateurs sur les anciens films en 3D. Cela nous a permis par exemple de commencer une scène sur un plan large d’une pièce avec un espacement inter-axial de 5 centimètres, et de finir sur le visage en gros plan d’un acteur en réduisant progressivement cet espacement jusqu’à environ un centimètre. Nous pouvions automatiser et répéter le mouvement à l’identique autant de fois que nous le voulions. Grâce à cela, nous avions la capacité de contrôler les réglages de la caméra 3-D avec beaucoup plus de précision et d’uniformité. »

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