The Amityville Haunting (2011)

Note
3/10
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The Amityville Haunting est un montage de bandes vidéo retrouvées dans la tristement célèbre maison du diable. Peu superstitieuse, et profitant d'une offre alléchante au vu de la réputation de la maison, une famille y emménage, déclenchant des disputes chez les parents, une forte inquiétude chez l'ainée, l'arrivée d'un ami imaginaire pour la benjamine, le tout sous l’œil du jeune fils, armé d'une caméra et bien conscient du potentiel médiatique de l'endroit.

Que se passe-t-il lorsque la saga Amityville décide à son tour de se la jouer faux documentaire ? The Amityville Haunting donne la parfaite réponse à cette question, et le résultat n’est pas fameux.

L’idée d’utiliser le mythe d’Amityville, connu de tous, au service d’une réalisation en found-footage (une mode qui semble ne jamais vouloir s’éteindre) était pourtant alléchante. Mais The Asylum, dont le but a toujours été de surfer sur les succès de la concurrence à moindre coût et avec maigre talent, n’a vu là, sans surprise, que le profit. S’il faut reconnaître que le produit final n’est pas totalement catastrophique, il est néanmoins bien fade.

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Et cela commence avec les personnages. The Amityville Haunting est une bonne synthèse de la famille américaine imparfaite mais attachante ; celle qui malgré les dysfonctions est tellement soudée et sympathique qu’on y a droit à chaque film d’horreur mettant en scène autre chose qu’un groupe d’adolescents. La composition est donc des plus classiques : la mère qui s’efforce de maintenir l’équilibre familial en place, l’adolescente à problèmes, le petit frère qui ne se sépare jamais de sa caméra et passe tout le film à être intrigué par des phénomènes qui devraient l’effrayer, ou encore la petite dernière dont la particularité est d’être en contact avec l’esprit d’un enfant décédé des années auparavant dans la maison mais que personne ne prend au sérieux. Oui, tout le monde est bien dans son rôle ici.

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Seul le patriarche, ancien soldat un peu trop marqué par ses états de service, se distingue quelque peu de par sa progressive dégradation psychologique. Cette symbolique du « mâle alpha » de la famille qui finit par être le plus touché par la présence machiavélique de la maison – un thème qui a déjà été abordé plusieurs fois dans la saga, et notamment avec le personnage interprété par Ryan Reynolds dans le remake de 2005 – aurait pu donner quelque chose de véritablement intéressant si elle avait été plus développée, mais n’intervient malheureusement que trop tard dans le film. Dommage.

Le reste ne vole malheureusement pas plus haut. Le budget hurle sa pauvreté à coups de CGI peu subtile, et le résultat, lui, ne fait hurler personne. Les manifestations surnaturelles se font attendre, et sont dans l’ensemble bien trop timides. En conséquence, les frissons ne sont jamais au rendez-vous. La crédibilité du (maigre) scénario non plus. Alors qu’à peine leur emménagement terminé la famille a vu mourir leur agent immobilier ainsi qu’un déménageur (au cours d’accidents malheureux capturés en caméra et qui ressemblent plus à des bandes envoyées à Vidéo Gag qu’autre chose), personne ne semble réellement s’inquiéter. Et même quand les évènements prennent une tournure encore plus sombre, l’idée de quitter la maison ne semble jaillir dans aucun des esprits des habitants. Classique.

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Le dernier quart d’heure tente péniblement de procurer une tension, mais transpire tellement le déjà-vu qu’il en est totalement prévisible. Tout comme à peu près tout le reste du métrage, qui s’apparente à un cross-over non-officiel avec Paranormal Activity tant il pompe sans scrupule les deux premiers volets de la saga à succès, l’efficacité en moins.

En somme, s’il parvient tout de même à relever sensiblement le niveau global de la saga, connue pour être un festival de nanars indigestes, The Amityville Haunting reste un found-footage bien quelconque tant il peine à se procurer la moindre identité. Un simple produit marketing dans la veine de ce que le studio a l’habitude de produire, sans idée ni talent, aussitôt visionné, aussitôt oublié.

Par Jonathan