[Critique] Beetlejuice

Beetlejuice (1988)

Note
9/10
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Pour avoir voulu sauver un chien, Adam et Barbara Maitland passent tout de go dans l'autre monde. Peu après, occupants invisibles de leur antique demeure ils la voient envahie par une riche et bruyante famille new-yorkaise. Rien à redire jusqu'au jour où cette honorable famille entreprend de donner un cachet plus urbain à la vieille demeure. Adam et Barbara, scandalisés, décident de déloger les intrus. Mais leurs classiques fantômes et autres sortilèges ne font aucun effet. C'est alors qu'ils font appel à un "bio-exorciste" freelance connu sous le sobriquet de Beetlejuice.

Qui de mieux indiqué que Tim Burton pour faire découvrir les films de genre aux enfants ? Par son deuxième long métrage, le réalisateur nous propose avec Beetlejuice un super moment en famille, dans une ambiance incertaine encore méconnue des plus petits. Parents, vous ne serez qu’heureux de redécouvrir ce classique, alors que les enfants visionneront leur premier film doucement effrayant. Le film mêle parfaitement l’humour et le glauque. Son visuel surréaliste impeccable est à la limite de l’onirique et se prête parfaitement à la folie des personnages. Un visuel pastel sublimé par la musique d’un Danny Elfman au top de sa forme : des sonorités propres à l’horreur mêlées à un calypso rayonnant, osé mais efficace.

Image du film "Beetlejuice"

© 1988 Geffen Pictures − Tous droits réservés.

En osmose avec ce style déluré, les personnages, portés par un casting optimal, sont plus fous les uns que les autres. Une fille et une belle-mère qui se détestent mais qui se ressemblent pourtant énormément. À elles deux, elles apportent plus de noirceur au film que tous les fantômes réunis. Un antagoniste attachant aux gags graveleux qui séduiront les plus âgés et dont l’attitude clownesque amusera beaucoup les plus jeunes. Le tout entouré par des personnages secondaires caricaturés ridiculement hilarants. Seul le couple de fantômes semble censé et normal. Une inversion des codes qui porte le scénario : ici les vivants sont le problème, les fantômes font appel à un méchant exorciste pour se débarrasser d’eux. Une relecture des histoires de maisons hantées inédite !

Image du film "Beetlejuice"

© 1988 Geffen Pictures − Tous droits réservés.

Avec Beetlejuice, Burton lance une lettre d’amour au cinéma horrifique. Une scène d’ouverture très proche du chef d’œuvre de Kubrick sorti 8 ans plus tôt, une immense bâtisse qui pourrait abriter un Norman Bates ou encore une palette de couleurs empruntée à la filmographie de Dario Argento. Une jolie mixture des plus grandes œuvres du genre sans les parodier malgré le ton humoristique constant du film. Certes Beetlejuice est plus disposé à rire en famille plutôt qu’à initier vos enfants aux films de genre. Néanmoins, beaucoup de scènes peuvent se montrer quasi choquantes pour les moins avertis. On y découvre des corps mutilés, des gorges tranchées, des poignées sectionnés et autres morbidités. Mais l’aspect pate à modelé des différents maquillages vient vite apaiser ces visions d’horreur et permet donc d’habituer, sans traumatisme, vos chérubins à une certaine violence visuelle.

Image du film "Beetlejuice"

© 1988 Geffen Pictures − Tous droits réservés.

Il faut tout de même avouer que certaines scènes n’ont pas résisté aux effets du temps. Particulièrement le ver géant et son désert psychédélique dont le sens nous échappe toujours et dont la pertinence par rapport à l’histoire peut être remise en cause. Dans le même esprit, bien que les scènes dans le service d’aide aux fantômes soient le bijou humoristique, surréaliste et absurde du film, un tel visuel a du mal à trouver sa place dans le paysage cinématographique actuel et peut laisser un arrière-gout ringard. Mais là, on chipote ! Beetlejuice n’a pas perdu en qualité et reste toujours aussi délicieux à regarder.

Vous l’aurez compris, Beetlejuice est un incontournable, à regarder sans modération et sans culpabilité. Il est fait pour plaire à tous ! Et permet aux plus petits une bonne entrée en matière dans l’univers du glauque. Bravo Tim Burton.

Par Joanny Combey

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