[Critique] Casper

Casper (1995)

Note
7/10
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Un tout jeune fantôme, Casper, ronge son frein et s'ennuie à mourir en compagnie de ses oncles dans le manoir de Whipstaff. Quand une petite fille et son père viennent s'installer dans la maison hantée, il pense pouvoir enfin s'amuser...

Casper fait partie des fabuleux classiques des années 90. Si vous ne l’avez pas découvert enfant entre deux parties de Super Nintendo, rien ne vous empêche de le faire aujourd’hui avec vos bambins, ou tout seul en pyjama un dimanche matin. Car s’il est savoureux de se lover dans la nostalgie des films de notre jeunesse, certains métrages ont le mérite d’être suffisamment à part pour devenir intemporels. A part. A part pourrait être la thématique toute entière de ce film de fantômes. Car les personnages que l’on s’apprête à rencontrer sont tous à leur manière un peu à côté (de la plaque, de la vie, des attentes). Voletons avec eux dans cette fresque où le fantastique fait miroir à des sujets bien humains, réveillant tout doucement nos émotions de petits terriens.

Casper, c’est l’histoire d’un gentil fantôme qui ne souhaite qu’une chose : se dégotter un ami ou encore mieux, une amoureuse. Mais difficile de trouver chaussure à son pied quand on n’en a plus depuis longtemps, de pieds. Un jour, Whipstaff, l’incroyable maison familiale qu’il hante avec ses oncles trépassés (Teigneux, Bouffi et Crado), se voit dotée d’une nouvelle propriétaire, l’antipathique Carrigan. Celle-ci est convaincue qu’un trésor se cache dans les murs de la bâtisse. Aussitôt chahutée par le gang des trois tontons flingués, mais déterminée à trouver le magot, elle déclare ouverte la chasse aux ectoplasmes. Arrivent alors dans l’équation le Dr James Harvey (Bill Pullman) psychologue pour défunts, et sa fille Kat (l’inégalable, l’incontournable, l’inénarrable Christina Ricci). Voilà que commence une amitié hors-normes, une extraordinaire aventure.

Casper est un vrai film jeunesse, une épopée magique dans des décors époustouflants, truffée d’inventions farfelues, de rire et de rebondissements. S’il traverse les époques sans peine et parle aussi aux plus grands, c’est parce qu’il sait traiter avec retenue de thèmes profonds. Le deuil, la solitude, la différence, l’amour sont abordés en filigrane avec une sensibilité désarmante. A quoi ressemble la vie quand on l’a perdue ? Les gens que l’on a aimés nous ont-ils oubliés ? Sans l’autre, exister a-t-il un sens ? Autant de questions d’adultes que vos enfants ne se poseront pas, trop occupés à s’esclaffer devant les farces de fantômes bien coquins. Ces différents degrés de lecture font de Casper un très bon film familial. Intelligent, drôle et émouvant, il touchera plusieurs générations à des niveaux différents.

Image du film "Casper"

© 1995 The Harvey Entertainment Company − Tous droits réservés.

Petite prouesse d’animation, Casper est le premier long métrage à centrer son histoire autour d’un protagoniste en images de synthèse. On adhère tout de suite aux effets spéciaux (supervisés par Dennis Muren, collaborateur de Georges Lucas et Steven Spielberg), pris au jeu de la magie qui s’opère entre les personnages fantômes et humains. La musique de James Horner vient englober le récit de douceur. Elle met en exergue l’aspect sensible de l’histoire, cette qualité perdue de l’enfance à laquelle notre héros à renoncé et qu’il ne pourra jamais retrouver, donnant au film des reflets de conte de fées. Pour couronner le tout, quelques apparitions pop culture bien placées (Clint Eastwood, Mel Gibson, Dan Aykroyd) et de rigolotes références au genre (L’Exorciste, Le Magicien d’Oz, SOS Fantômes) finissent de nous conquérir. Alors oui, pour le plus mignon des petits fantômes, on fooooooonnd… !

Par Cécile Métral

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