[Critique] Le Village

Le village (2004)

  • Titre original: The Village
  • 1 h 48 min | Drame, Mystère, Thriller | 30 juillet 2004
    Note
    6/10
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    Une petite communauté isolée vit dans la terrifiante certitude qu'une race de créatures mythiques peuple les bois entourant le village. Cette force maléfique est si menaçante que personne n'ose s'aventurer au-delà des dernières maisons, et encore moins pénétrer dans les bois... Le jeune Lucius Hunt, un garçon entêté, est cependant bien décidé à aller voir ce qui se cache par-delà des limites du village, et son audace menace de changer à jamais l'avenir de tous...

    Septième long métrage du réalisateur Américain M. Night Shyamalan, “Le Village”, qui est plus proche du thriller que du film d’horreur, est inscrit dans la lignée de ce qu’a fait auparavant le metteur en scène : à savoir des histoires à rebondissements, servi par un casting cinq étoiles. L’histoire est la suivante : “Vers la fin du XIXème siècle, un village vit reclu dans une vallée entourée d’une immense forêt peuplée de créatures mythiques et terrifiantes. Personne n’ose s’aventurer au-delà des limites, jusqu’au jour où Lucius, la tête brûlée du village , décide de les dépasser mettant l’avenir du village en grand danger”.

    Image du film "Le village"

    © 2004 Touchstone Pictures − Tous droits réservés.

    Des gens qui vivent confinés par peur de l’extérieur, c’est un peu l’ambiance du moment mais au-delà de ça, ce Shyamalan s’inscrit dans la lignée des ses précédents films. Les thèmes et ressorts scénaristiques, la peur de l’extérieur, de la mort, sont présents comme dans tous ses films, mais ici, pour arriver à ses fins, il use de plus grosses ficelles que dans le mythique “Sixième Sens”. On retrouve ici un élément central et familier, l’utilisation des
    couleurs. Comme dans “Incassable” ou plus récemment “Split”, celles-ci sont essentielles à la mise en scène. Elles mettent en avant l’insécurité ambiante – le jaune – sont menaçantes – le rouge – ou au contraire réconfortantes – les bleus pastel. Le vert (présent en abondance dans la vallée)
    peux représenter l’ordre mais aussi la transgression de l’ordre, qui est personnalisé avec Lucius.

    L’image et la photographie, impeccables, servent ici à l’intrigue, les plans de ce village et leurs compositions rappellent certains tableaux de Andrew Wyeth, peintre favori du réalisateur. La réalisation est remarquable, la composition des cadres est précise mais ça m’empêche pas un léger manque de rythme. L’action se pose, les relations sont extrêmements bien développées mais le récit perd en intensité à mesure qu’il avance et la découverte du twist final (signature de Shyamalan) n’est pas aussi puissant quand dans “Sixième Sens” ou même “The Visit”.

    Image du film "Le village"

    © 2004 Touchstone Pictures − Tous droits réservés.

    Introduit et expliqué au deux tiers du film, le soufflé retombe trop vite. Le montage aurait pu être abordé différemment, par exemple en ne mettant au courant le spectateur qu’à la fin. Côté casting, et malgré la présence d’immenses acteurs, on est pas loin de la caricature avec notamment le personnage d’Adrian Brody, excellent par ailleurs, qui surjoue. Bryce Dallas Howard est, par contre, assez convaincante et Joaquin Phoenix également, comme souvent. Pour résumé, Le Village est un bon film, mais un Shyamalan moyen, un peu long, qui aurait mérité un autre traitement dans son acte
    final mais qui se laisse regarder.

    Par Clément GAUGUE

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