[Critique] Upstream Color

Upstream Color (2013)

1 h 36 min | Drame, Science-Fiction | 5 avril 2013
Note
6/10
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Un homme et une femme sont inexorablement attirés l’un vers l’autre et se retrouvent ainsi mêlés au cycle éternel de vie. Ou comment l’identité de chacun devient illusion au fur et à mesure que tous deux luttent pour tenter de rassembler des fragments de vies éparses.

À l’aide d’un ver qu’il fait ingurgiter à ses victimes, un homme arrive à contrôler des personnes qu’il séquestre. Contaminés, Kris et Jeff vont tenter de se reconstruire.

Upstream Color déroute et fascine. Rien d’étonnant à cela, son scénariste-réalisateur-acteur-producteur Shane Carruth est ingénieur de formation, diplômé en mathématique. Il semble aborder la réalisation comme un problème à résoudre. Après un premier long-métrage remarqué sur le thème du voyage dans le temps (Primer, Grand prix du jury au Festival de Sundance de 2004), il récidive avec un film de science-fiction théorique mais néanmoins sensoriel, inédit en France, présenté dans la catégorie Mondovision à l’Etrange Festival cette année.

Upstream Color White Van Wallpaper

Dans ce poème mathématico-cinématographique, le réel est interrogé dans sa perception à rebours par le biais d’éléments de souvenirs. En fait, la perception des protagonistes interroge celle du spectateur. Carruth nous inflige dès le départ une perte de repères assez désagréable: nous ne comprenons ni la logique narrative, ni le point de vue présenté, ni même les actions des personnages dans les plans. Notre cerveau un réel effort pour tenter de retrouver le sens et la logique, en vain. Au fur et à mesure que le film se déroule, on comprend l’enjeu narratif. Nous sommes placés dans la même situation que ses protagonistes, tentant douloureusement de reconstituer un passé proche qui leur échappe et pour cause…

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Malgré sa proposition d’éclatement sensoriel et spatio-temporel, Upstream Color est une œuvre abstraite et linéaire: l’enjeu n’est pas la montée dramatique, ni la psychologie des personnages, ni la progression de l’action. Une forme de répétition de boucles, changeantes et évolutives certes, est adoptée comme principe de montage. Rien que des tentatives, obsessionnelles, de mise en relation de bribes de souvenirs sensoriels de la part des deux héros. Images, sons, textures arrivent de nulle part à leur conscience. Ce qui n’est pas sans rappeler le sublime L’année dernière à Marienbad de feu Alain Resnais. La jolie photographie particulièrement homogène va parfaitement dans ce sens. Si un dénouement existe, l’intérêt du film n’est pas dans cette explication partielle, mais bien plutôt dans l’expérience vécue.

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Au premier visionnage, ce film énigmatique, extrêmement travaillé, est relativement intense et captivant, grâce aussi à sa remarquable actrice Amy Seimetz (Kris). A revoir dans quelques mois pour voir si l’effet Upstream Color perdure !

Critique par Marie T.

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