[Critique] Howling Village

Howling Village (2020)

  • Titre original: 犬鳴村
  • 1 h 44 min | Horreur | 7 février 2020
    Note
    7/10
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    Le village d’Inunaki, au Japon, est surnommé " le Village Hurlant ". Une psychiatre de la région, Kanade Morita, possède un sixième sens, qui la tourmente depuis l’enfance. Un jour, son frère Yuma et sa petite amie décident de jouer à se faire peur, lors d’une expédition nocturne dans le village. Sans le savoir, ils vont réveiller la terrible malédiction qui frappe le village…

    Dernier film de Takashi Shimizu (papa de The Grudge), cette production japonaise plutôt osée repart du festival de Gérardmer 2020 avec le prix du jury. Un tunnel abandonné, une forêt lugubre, un village oublié et une malédiction ancestrale, on est clairement dans le cliché des films d’horreur japonais. Mais malgré l’apparence commune du film, le réalisateur ne manque pas d’idées pour dynamiser son œuvre. Tout est constamment en mouvement : l’histoire trop complexe se modifie au cours du récit en fonction de l’avancée des personnages, les apparitions fantomatiques prennent de nombreuses formes différentes, toutes très originales ; bref Howling Village ne tient pas en place, et c’est tant mieux !

    Le film commence avec de longues scènes en foundfootage qui s’effaceront petit à petit pour laisser place à un style plus traditionnel. Plus tard dans le récit, le spectateur est malmené entre des visions, la réalité et de nombreux flashbacks. Une richesse visuelle intéressante mais parfois trop désordonnée. Malgré tout, le film fonctionne bien. La malédiction prend des tournures inexplicables, la violence visuelle s’enchaîne mécaniquement, mais parfois, des scènes trop longues viennent complexifier inutilement le scénario. Pourtant, Howling Village rempli son contrat et offre un film effrayant, original et d’une qualité globale remarquable.

    Ce trop-plein d’originalité divise beaucoup, le film s’impose comme un ovni japonais du cinéma de genre et en laisse beaucoup sur sa faim. Mais malgré tout, on ne peut que le féliciter d’essayer d’innover. Le thème de la malédiction, cher au cœur du réalisateur, s’ouvre sur de nouvelles dimensions historiques et éthiques parfois oubliées dans ce type de films. À l’instar de The Grudge, on ne sait pas vraiment qui cherche à nuire, qui cherche à aider et qui cherche à se venger. La complexité du scénario nous laisse perplexe sur nos positions par rapport à ce village oublié apportant beaucoup de matière implicite au film.

    De plus, Howling Village terrifie, sans doute l’un des films les plus effrayants présentés en compétition à Gerardmer, il a le mérite de ne pas trop abuser de ces éléments horrifiques et de se contenter de scènes pertinentes à cette histoire déjà si compliquée. En bref, Howling Village est un bon film, une jolie réussite mais il ne pourra pas marquer les esprits comme The Grudge l’a fait il y a maintenant 18 ans. Film fort de ce Gerardmer 2020, il mérite le coup d’œil mais avec précaution. Trop complexe, trop long et trop désaccordé, son style séduit ou déçoit mais dans tous les cas, il ne laissera pas indifférent.

    Par Joanny Combey

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