Chucky : La poupée de sang (Jeu d'enfant 2)

Chucky : La poupée de sang (1990)

  • Titre original: Child's Play 2
  • 1 h 20 min | Horreur, Drame | 9 novembre 1990
    Note
    7/10
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    Alors qu'Andy en a terminé avec sa première poupée psychopathe et qu'il est accueilli par une famille calme, les Simpson, les fabriquants de Chucky tentent de redorer le blason de leur jouet pour le remettre sur le marché. Las, l'âme damnée de Chucky est toujours là et la poupée, après s'être debarrassée de ses réparateurs, s'introduit chez les Simpson pour retrouver Andy...

    En 1990, le cinéma d’horreur a la gueule de bois. Les années 80 et leurs boogeymen cultes se sont fait essorer jusqu’à la moelle à coups de suites sérielles fatiguées. C’est dans ce paysage en ruine que Don Mancini et le réalisateur John Lafia décident de remettre le couvert avec Chucky : La poupée de sang (Child’s Play 2 pour les intimes). Deux ans plus tôt, en 1988, le premier opus de Tom Holland avait créé la surprise en salles. À l’époque, le film jouait habilement sur l’ambiguïté psychologique : le petit Andy délirait-il ou son jouet était-il vraiment habité par l’âme du tueur en série Charles Lee Ray ? Mais pour cette suite, on s’assoit sur la finesse, on assume le statut de train fantôme et on propulse la poupée tueuse au rang d’icône absolue de la Pop Culture. Un classique qui a certes pris quelques rides dans les coins, mais qui reste un shot de fun régressif hautement recommandable.

    Image du film "Chucky : La poupée de sang"

    © 1990 Universal Pictures − Tous droits réservés.

    Le pitch fait table rase des doutes de 1988. Le petit Andy Barclay est désormais placé en famille d’accueil, sa mère ayant été internée pour avoir osé raconter qu’un jouet en plastique jouait du surin la nuit. De leur côté, les pontes de la firme Play Pals commettent l’erreur marketing du siècle : pour rassurer les actionnaires après le bad buzz du premier film, ils décident de reconstruire la poupée Good Guy originale à partir des pièces calcinées. Une idée de génie industriel qui permet à l’esprit du tueur de réintégrer sa carcasse de vinyle, plus teigneux et revanchard que jamais. Chucky a une cible, une seule : retrouver Andy pour transférer son âme dans son corps d’enfant avant de rester définitivement coincé dans son enveloppe de plastique.

    Qu’on se le dise, le film accuse le poids de ses trente-six ans au compteur. Le rythme ronronne un peu en milieu de parcours, les adultes sont d’une bêtise crasse — mention spéciale au père adoptif, champion toutes catégories du déni face au danger — et l’esthétique générale crie « début des nineties » par tous les pores de son mobilier en Formica. Mais c’est précisément ce vernis un peu daté qui fait aujourd’hui le charme de la péloche. Surtout que techniquement, le film tient encore diablement la route grâce au travail d’orfèvre de Kevin Yagher sur les effets animatroniques. Voir Chucky cligner des yeux, serrer les dents ou piquer une crise de rage hystérique à l’écran procure un plaisir viscéral que les CGI baveux d’aujourd’hui ne remplaceront jamais. La poupée a du poids, une vraie présence, et ça change tout.

    La grande réussite de cette suite, c’est d’avoir totalement libéré le potentiel comique et sadique de son antagoniste. Porté par la voix d’un Brad Dourif en transe complète (qui hurle ses répliques jusqu’à s’en péter les cordes vocales), Chucky devient le roi de la punchline assassine. Le film enchaîne les morceaux de bravoure rigolards, de l’enseignante sadique exécutée à coups de règle en bois au technicien de l’usine étouffé sous une photocopieuse. Mancini et Lafia transforment ce qui aurait pu être un simple slasher de plus en une comédie noire et corrosive qui s’amuse à dynamiter le cocon familial et le capitalisme des fabricants de jouets.

    Le climax final dans l’usine de jouets Play Pals vaut à lui seul le détour. Un labyrinthe de tapis roulants, de cuves de plastique jaune fluo et de bras mécaniques qui se transforme en véritable usine à cauchemars graphiques. Chucky y subit les pires outrages — démembré, amputé, fondu, explosé — dans un festival de gore cartoonesque absolument réjouissant. Chucky 2 n’est certes pas le film le plus terrifiant de l’histoire, mais il assume sa générosité et son mauvais esprit avec une efficacité redoutable. Un indispensable du genre, imparfait mais diablement efficace, à revoir entre potes avec une pizza et une bonne dose de nostalgie.

     

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