[Critique] Darlin'

Darlin' (2019)

1 h 41 min | Thriller, Horreur | 9 mars 2019
Note
7/10
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Un soir, tard dans la nuit, une adolescente muette et crasseuse se fait happée par une ambulance devant l’hôpital St. Thaddeus, puis est prise en charge par le personnel médical, qui ignore qu’elle y a été amenée par la Femme sauvage, qui l'a élevée dans les bois pendant des années. Darlin’, qui a reçu son nom du bracelet qu’elle porte, est transférée au pensionnat catholique pour filles St. Philomena, où l’évêque juge que publiciser le « salut » de l’adolescente pourrait lui rapporter des fonds indispensables. Alors que Darlin’ apprend à connaître ses excentriques camarades de classe, l’évêque, lui, force sœur Jennifer à l’aider à dompter la farouche, et enceinte, Darlin’. Pendant ce temps, la Femme rôde autour en attendant l’occasion de récupérer Darlin’ et de faire couler le sang de ceux qui lui feront obstacle.

Après « Offspring » de 2009 et « The Woman » de 2011, Pollyanna McIntosh (aussi connue pour son rôle dans « The Walking Dead ») nous revient encore une fois en tant que vedette de la série, mais aussi pour son premier film qu’elle a écrit et réalisé : « Darlin’ ». Le troisième chapitre de cette série a fait sa première canadienne au Festival Fantasia en présence de l’auteure-réalisatrice-actrice (qui s’est même fait tatouer un symbole en lien avec son long métrage lors de la période de questions!).

Les thèmes abordés dans « Darlin’ » sont la transition de l’adolescence au monde de la femme, les impulsions animales qui sommeillent en nous, la lutte face à la patriarchie, et le lavage de cerveau de la religion face à l’innocence enfantine. Les aspects typiques de l’adolescence (la musique, la drogue, le potinage entre filles) importent peu, c’est le changement entre l’enfant sauvage à la jeune femme civilisée dont il est question. Notre héroïne est entraînée à contrôler ses instincts de survie afin de se comporter en membre éduquée de la communauté. Toute femme présente dans cette école doit se plier aux demandes de l’évêque, démontrant la dominance injustifiée de l’homme et de la religion au sein de la société.

Allant de grogner dans la forêt en consommant de la chair crue à prier le Seigneur avec une élocution civilisée, Lauryn Canny incarne Darlin’ avec une délicate férocité. Pollyanna McInstosh complète un boulot plus qu’acceptable en tant que premiers pas dans le monde des auteurs et réalisateurs, tout en reprenant son rôle de « la femme » dans cette dernière entrée de la trilogie. Le scénario se tient alors que plusieurs questions en première moitié de film trouvent leurs réponses d’ici la fin du visionnement. De plus, quelques effets spéciaux intéressants ajoutent à la violence brutale qu’est la vie dans la nature, où la loi du plus fort règne.

Pour le reste du casting : Bryan Batt, l’acteur derrière le méprisant évêque, est absolument détestable (dans le bon sens!) avec son attitude hautaine envers les femmes qui l’entourent, qu’elles soient membres du couvent ou de la clique d’adolescentes. Cooper Andrews est tout aussi attachant que dans son rôle dans « The Walking Dead » tandis que Maddie Nichols est très charmante en tant que confidente à laquelle Darlin’ s’attache.

Image du film "Darlin'"

© 2019 Hood River Entertainment − Tous droits réservés.

Avec des tournures d’évènements parfois frustrantes, parfois satisfaisantes, les lignes directrices du scénario demeurent tout de même prévisibles. Cela ne devrait pas empêcher les fans de « Offspring » et « The Woman » de boucler la boucle en visionnant « Darlin’ ». Alors que les deux premiers volets sont beaucoup plus brutaux, violents et sans scrupule, ce troisième film se concentre plus sur le développement social du personnage principal. On était habitués à voir « la femme » se faire physiquement réprimander alors qu’on tentait de la « civiliser » dans « The Woman ». Il est donc intéressant d’obtenir une différente approche au sujet, tout en gardant un côté animal. Le pouvoir féminin y est à l’œuvre au milieu d’un contexte de 2019 où le rôle de la femme est malheureusement encore vu de haut par plusieurs communautés à travers le monde.

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