[Critique] Faux-semblants

Faux-semblants (1988)

  • Titre original: Dead Ringers
  • 1 h 56 min | Thriller, Horreur | 23 septembre 1988
    Note
    8/10
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    Deux vrais jumeaux, Beverly et Elliot Mantle, gynécologues de renom, partagent le même appartement, la même clinique, les mêmes idées et les mêmes femmes. Un jour, une actrice célèbre vient les consulter pour stérilité. Les deux frères en tombent amoureux mais si pour Elliot elle reste une femme parmi tant d'autres, pour Beverly elle devient la femme. Pour la première fois les frères Mantle vont penser, sentir et agir différemment.

    Des frères jumeaux gynécologues, partageant la même vie, partageant les mêmes conquêtes sexuelles, le tout scénarisé et réalisé par David Cronenberg, ça ne peut que mal tourner ! Et pour cause, Cronenberg n’en n’est pas à son coup d’essai dans la réalisation de films mêlant les genres de l’horreur et de la science-fiction. En effet, il débute sa carrière à partir de 1966, il n’a alors que 23 ans, avec des courts-métrages et sur le petit écran. Dès ses premières réalisations, il traite des thèmes de la psychanalyse, la science ou encore la sexualité. Ses premiers films sont d’ailleurs produits par des sociétés de productions de films pornographiques. Il se fait rapidement un nom, d’abord grâce à des téléfilms tel que « Chromosome 3 » en 1979, puis au cinéma. Il ravi les salles obscures à partir des années 1980, avec un premier succès retentissent grâce à « Scanners » en 1981. L’année 1983 est également un grand cru avec « Vidéodrome » et « Dead zone », adapté du roman de Stephen King. Vient ensuite le dérangeant « La Mouche » en 1986, remake de « La Mouche noire » de 1958. Cronenberg développe dans ses réalisation un style horrifique et malsain bien à lui. Ses thèmes récurrents sont des questionnements et interprétations de la nature humaine, de l’identité des individus, de la sexualité ou encore de la folie, le tout parsemé d’expérimentations scientifiques.

    Image du film "Faux-semblants"

    © 1988 Morgan Creek Productions − Tous droits réservés.

    Le film « Faux-semblants » combine à merveille tous ces thèmes. En effet, nous suivons ici des frères jumeaux, Elliot et Beverly Mantle, empêtrés dans une relation fusionnelle depuis leur enfance, qui vire au cauchemar lorsqu’un des deux décide de s’individualiser. Les jumeaux sont magistralement interprétés par Jeremy Irons qui, par un jeu d’acteur subtil, parvient à laisser transparaitre les caractères de chacun des deux frères. Beverly est un scientifique timide et reclus, accaparé par la recherche gynécologique. Elliot est plus extraverti, gère les relations mondaines, et se charge de trouver des conquêtes sexuelles pour eux deux. Ils se complètent et ont besoin de l’un de l’autre pour vivre. Cette dualité n’est pas sans rappeler les fameux Dr Jekyll et Mister Hyde. L’entente entre les deux frères bascule lorsque Beverly devient obnubilé, jusqu’à la folie, par leur patiente et amante Claire Niveau, interprétée par la charmante Geneviève Bujold, qu’il refuse de partager avec son frère.

    L’obsession de Beverly est provoquée par la singularité de Claire, elle possède un corps unique puisqu’elle est tri-phydée. Il s’agit d’une malformation de l’utérus, qui possède alors 3 cols. Seulement, plus Beverly s’éloigne de son frère, plus il tente de construire une relation fusionnelle avec celle qu’il considère, la drogue aidant, comme une « mutante ». Il va alors entrainer son jumeau avec lui dans une spirale autodestructrice, où chacun essaye de sauver l’autre. On notera également l’apparition furtive, comme il le fait régulièrement dans ses films, de David Cronenberg himself interprétant un obstétricien.

    Si le film débute par une histoire de triangle amoureux, il va progressivement se transformer en une descente vers une folie dévastatrice sur fond de drogue, de sexe et gynécologie expérimentale. Le tout est parfaitement mis en scène dans un environnement oppressant avec une esthétique très travaillée. Ce film dérangeant au rythme lancinant, qui parvient tout de même à nous captiver du début à la fin. Il a d’ailleurs reçu, en 1989, le Grand Prix du Festival international du film fantastique d’Avoriaz, ancêtre Festival international du film fantastique de Gérardmer.

     

     

    Sarah C.

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