[Critique] French Blood 1 - Mr. Pig

French Blood 1 - Mr. Pig (2020)

1 h 21 min | Horreur | 13 mars 2020
Note
3/10
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Au travers d'histoires courtes liées entre elles par un fil rouge sanglant, un collectif de 30 réalisatrices et réalisateurs français expérimente une nouvelle approche de l'anthologie de l’horreur et du fantastique. Le déviant COCHON, le fourbe LAPIN, l’intellectuel GRENOUILLE, le gourmet MOUTON et l’énigmatique LOUP devaient la tuer, elle et son enfant. Ils ont foiré. Maintenant elle est en colère. Soyez témoins de sa vengeance ! La Femme au Masque balance son porc en charcutant l’homme qui l'a kidnappée et violée. Mais la présence d’une petite fille dans les pieds de COCHON risque de contrecarrer ses plans… Dans cette boucherie, une jeune geek accro aux films d’horreur est déshabillée par un zombie vicelard, un groupe d'amis est trucidé à coup de machette par un couple de dégénérés, et un vieil auteur à succès est retrouvé mort dans son manoir, tandis qu'un psychopathe pédophile rôde dans les parages.

Vendredi 13 Mars 2020, la première plate-forme de « screaming » française est officiellement disponible. Elle se nomme Shadowz. Dans le catalogue proposé, il est possible de voir une saga : French Blood. Présentée comme une « Shadowz Exclu», et donc la première, cette nouvelle franchise propose ces trois premiers volets (sur cinq ou six annoncés). L’affiche est alléchante. Énigmatique, elle reprend un minimum les codes graphiques de certains posters de American Nightmare / The Purge : imitation d’une affiche de propagande aux couleurs du drapeau français ( qui sont les mêmes que celui des USA donc ça marche plutôt bien) avec, en son centre, le masque de Mr Pig qui donne son nom à ce premier opus. Tout ça estampillé d’un S rouge marquant l’exclusivité de la plate-forme à la manière du N du géant américain.

Image du film "French Blood 1 - Mr. Pig"

© 2020 Contrepoint Production − Tous droits réservés.

Dans son descriptif, le film de Rodolphe Bonnet est décrit comme la première franchise française de films de genre à sketchs. Au travers d’histoires courtes liées entre elles par un fil rouge sanglant, une jeune geek accro aux films d’horreur est déshabillée par un zombie vicelard, un groupe d’amis est trucidé à coup de machette par un couple de dégénérés, et un vieil auteur à succès est retrouvé mort dans son manoir, tandis qu’un psychopathe pédophile rôde dans les parages. Malheureusement, il ne faut pas être expert pour vite se rendre compte que les sketchs sont en fait des court-métrages sans aucun rapport tournés par le réalisateur durant ces quinze dernières années et montés bout à bout. Les dernières images semblent bien inédites, afin de mettre en scène pour de bon Mr Pig et créer un pseudo-fil rouge avec les prochains volets. La référence du troisième sketch « Roches Rouges » peut facilement être retrouvé sur internet comme « court-métrage de 28 minutes de 2009 ».

Donc, il s’agit des court-métrages remontés en film à sketchs, on peut se dire que le terme « exclu » est bien plus correct que « création originale ». Mais si la qualité des films était au rendez-vous, nous pourrions tout de même passer un bon moment. D’un côté, il y a la qualité même des images qui est très différentes d’un sketch à l’autre. Ça pourrait être un parti-pris artistique mais on ressent par exemple les images vidéos datées de Roches Rouges tourné en 2009 (voir peut-être un peu avant), et des gimmicks intrinsèques à l’époque, contre les images HD du final. Et encore s’il n’y avait que ça… On peut commencer par la première histoire une parodie de Scream portée par des acteurs en roue libre, un chef-opérateur qui ne devait avoir qu’un seul spot et un humour qui tombe à plat. Si on veut continuer, on aura « La Page Manquante » où il est très difficile de se faire une idée des espaces dans lesquels les personnages évoluent tant tout s’enchaîne en gros plans et sans respect de la règle des 180 degrés.

Bref tous ces défauts techniques n’auront de cesse de nous faire décrocher d’une histoire déjà peu palpitante. Certains acteurs jouent dans plusieurs sketchs mais les personnages n’ont rien à voir les uns avec les autres, le « fil rouge » qui nous est annoncé ne relie pas les sketchs, seule la dernière séquence tournée pour l’occasion essaie de réunir quelques éléments. Vous l’aurez compris, French Blood 1 est très loin de nous avoir convaincus, les défauts de fond et de forme s’enchaînant à la pelle. Nous pourrons nous limiter aux souvenirs de quelques effets gores corrects et d’une jolie fille nue nageant dans une piscine. Si nous voulons des créations originales françaises de genre de qualité, il sera plus facile de trouver sur Youtube ou dans la section « Court-métrage » de Shadowz. Après cette déconvenue je n’ai pas osé pousser le vice vers les deux suites disponibles, il y a quand même bien mieux à voir sur Shadowz.

Par Pierrick Lafond

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