[Critique] Gantz

Gantz (2010)

Note
6/10
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Deux amis se font écraser par une rame de métro. lls se retrouvent soudain dans un étrange appartement en compagnie d'autres personnes venant également de “mourir”. Tandis que tous tentent de comprendre leur présence en ce lieu, une mystérieuse sphère noire apparaît et les somme d'éliminer unes à unes des créatures surpuissantes…

Concept accrocheur, scénario riquiqui, violence explosive et érotisme en pagaille, le manga Gantz, version papier puis animé, est un parfait modèle d’œuvre d’exploitation à la nippone, excitant le teen frustré et un peu vénère sommeillant en toi, énervant les puristes par ses fausses transgressions bien racoleuses. A l’annonce d’une adaptation sur grand écran, une question tournait sur les forums de fans : avec son budget de 20 millions de dollars, le film pourrait-il se permettre autant de détours bis ?

Ecrasés par une rame de métro après avoir secouru un working man tombé sur les rails, deux adolescents se réveillent dans une pièce dominée par une imposante sphère noire. Cet étrange objet va les envoyer dégommer des aliens cachés dans Tokyo lors d’un jeu beaucoup plus dangereux qu’il n’y paraît.

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Premier constat: Shinsuke Sato a su tirer profit de son budget, la réalisation est de bonne facture et la direction artistique dépeint bien les atmosphères nocturnes de thriller urbain sous influences Big Brother. L’originalité du manga était en partie portée par le look des « ennemis », des extraterrestres aux allures grotesques jusqu’à en devenir inquiétants. Le passage sur grand écran est ici très réussi et on prend plaisir à retrouver l’Alien poireau (qui « pue et aime les poireaux ») sorti tout droit de l’univers de Chris Cunningham, clippeur d’Aphex Twin. Le film déploie aussi quelques bonnes idées en ce qui concerne les démarches quasi-mécaniques de ces adversaires prenant parfois la forme de statues anciennes. Visuellement, cela finit presque en véritable choc des cultures : des jeunes vêtus de cuir noir tout droit sortis de Matrix se faisant décimer par des figures monumentales du Japon ancien.

Le manga original misait tout sur l’ultra violence, les nombreuses victimes se faisant découper en dizaine de morceaux, ainsi que sur un érotisme lié aux tenues ultra-moulantes des protagonistes, cela dans une débauche complètement gratuite et au détriment de l’histoire. Cette dernière passait alors complètement à l’arrière plan lors de ces intermèdes fort en nudité, répétant sur plusieurs tomes le même schéma, soit le quotidien des deux personnages principaux le jour et les séquences de jeu, avec un adversaire toujours plus fort, une fois la nuit tombée. En gardant la même progression scénaristique, le film y va par contre un peu plus mollo sur son contenu « pour adultes ». Le personnage principal reste toujours aussi embarrassant dans son obsession pour les fortes poitrines, cela même quand il s’agit de celle d’une jeune fille tout juste suicidée, mais cette dernière se traduit par des scènes beaucoup moins graphiques. Gantz évacue aussi toute sa dimension gore en full-frontal. Seuls les extraterrestres ont droit à des morts explosives, cela dans des geysers de flammes ou de liquides étranges alors que les participants sont parfois décimés hors champs lors d’ellipses assez frustrantes. Gantz se voudrait aussi légèrement amoral, jetant ainsi dans l’arène dès le deuxième round une grande mère et son petit-fils. Provocation ici complètement artificielle, puisque trop éphémère et gratuite pour installer durablement un quelconque malaise au milieu de ce carnage J-Pop.

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Le jour donne lieu à un film complètement différent, montrant l’évolution du personnage de Kei une fois le jeu commencé. Doté maintenant d’un costume ultra-puissant, le jeune japonais se transforme en une sorte de Peter Parker apprenant à devenir Spiderman et s’entraînant à sauter le plus loin possible lors de scènes fortes en fond vert. Le film en profite aussi pour développer une romance légère avec une mangaka aussi timide que notre personnage principal et dont l’œuvre va fortement inspirer ce dernier. Le film ne dépasse cependant pas le « Vis ma vie d’Otaku » avec tous les clichés inhérents à la production manga: la solitude de l’otaku, son égoïsme latent, l’absence des parents, la recherche acharnée d’un emploi… une quête de sens qui ne dépasse ici jamais ce qui a été maintes fois exploité dans toutes les chroniques teen du pays du soleil levant.

Une des limites de l’histoire est aussi l’une conséquence de l’écriture sommaire de la plupart de ses protagonistes, tous très peu développés en dehors des deux personnages principaux. La bande a beau être bigarrée, regroupant grand gourou, yakuza ou baby doll, leur durée de vie est souvent trop faible pour permettre une réelle empathie. Cela sans compter l’absurdité de certaines situations où, comme mystérieusement paralysés,  les personnages attendent dix minutes avant de se servir de leur artillerie lourde alors qu’un gigantesque alien armé de sabres s’approche d’eux à toute blinde.

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Le film Gantz est donc une adaptation pour l’instant réussie et un divertissement assez plaisant. Ne manque plus qu’une seconde partie pour, on l’espère, injecter un peu plus d’enjeux et de substance à cet univers.

Film disponible en Blu-ray le 6 septembre 2011.

Critique par Alex B

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