[Critique] Goal of the Dead

Goal of the Dead (2014)

2 h 20 min | Comédie, Horreur | 27 février 2014
Note
8/10
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Pour l’Olympique de Paris, aller disputer ce match amical à Capelongue aurait dû être une simple corvée de fin de saison. Personne n’aurait pu anticiper qu’une infection très semblable à la rage allait se propager, et transformer les habitants du petit village en créatures ultra-violentes et hautement contagieuses. Pour Samuel – l’ancienne gloire près de la retraite, Idriss-le prodige arrogant, Coubert - l’entraîneur dépressif, ou Solène - la journaliste ambitieuse, c’est l’heure de l’affrontement le plus important de leur vie.

Divisé en deux mi-temps réalisées successivement par Benjamin Rocher et Thierry Poiraud, Goal Of The Dead se déroule lors d’un match de foot entre l’Olympique de Paris, star du championnat français, et le modeste club de Capelongue. La rencontre va rapidement tourner au carnage une fois lâchée sur les gradins une mystérieuse infection transformant supporters et joueurs en infectés ultra-agressifs.

Une zombie comedy made in France se déroulant lors d’un match de football ? En cette période de Coupe du Monde, on peut dire que Goal Of The Dead arrivait à point nommé. Pourtant, après pas mal de galères de financements et peu d’échos dans la presse spécialisée, les deux mi-temps de ce film débarquent directement en dvd après une exploitation plus que limitée en salle.

Une mi-temps un peu difficile

Dommage, le film est une bonne surprise alors que l’on s’attendait un peu à un successeur de La Horde (lui aussi co-réalisé par Benjamin Rocher), avec des punchlines sorties d’un nanard des 90’s et des dialogues jouant à la compét’ de celui qui sonnera le plus faux. Une écriture globale qui avait décontenancé les fans de genre alors que les effets spéciaux et scènes d’action tenaient pourtant bien la route. Pour Goal Of The Dead, il en est tout autre, cela hormis quelques scènes un peu douloureuses où la direction d’acteurs semble être partie s’échauffer (à l’exemple de cette discussion entre les deux groupies au début du premier film avec deux actrices un peu à côté de la plaque).

Sam Lorit (Albal Lenoir) : un retour tendu dans la ville natale

Alors qu’on aurait pu redouter une première partie en forme d’installation longuette, le film en profite pour brosser une satire mordante du milieu du football. De l’arrogance du jeune premier à l’agent sportif ultra-cynique, en passant par l’ancienne star complétement sur une haute planète ou la présentatrice télé avide de scoop, Goal of the Dead développe une galerie de personnages propice à vanner un environnement de plus en plus controversé. On sent que les scénaristes, aidé par un journaliste de So Foot, se sont fait plaisir. On regrettera par contre une description un peu trop timorée des supporters, les quatre personnages censés être représentatifs étant quand même bien gentils comparés à ce que l’on peut retrouver dans certains virages de stade. L’infection commençant à se répandre, cela de manière spectaculaire (on notera qu’à côté, le vomi de possédé dans l’Exorciste fait maintenant un peu petit joueur), cette première mi-temps est également ponctuée par quelques saillies horrifiques aussi funs que bien brutales.

La rage de vaincre

Après un nouveau générique déroulant un clip marrant ambiance rétro année 80, la deuxième partie se concentre sur l’invasion de la petite ville et la lutte opposant survivants et infectés. Malgré un budget minimal, on peut dire que le film rivalise avec ce qu’il se fait de mieux dans le genre : ville nocturne en pleine apocalypse, bar assailli par les créatures, stade crépusculaire, comme hanté par ses joueurs, match final apocalyptique… Les deux réalisateurs soignent leurs ambiances comme leurs effets gores, pas avares en trouvailles dès qu’il s’agit de croiser imaginaire sportif et codes du film d’infectés.

Bruno Salomone, jamais peur du carton rouge

Si Goal of the Dead fonctionne, c’est aussi grâce à ses acteurs. Alban Lenoir, en footballeur star en quête de reconnaissance des siens, fait ainsi toujours autant marrer avec ses répliques brutes de décoffrage, limite absurdes et dans la droite lignée de celles de son personnage dans la série Hero Corp. On retiendra également Bruno Salomone, surprenant en agent sportif psychotique et amateur de sport de combat, alors qu’Ahmed Sylla joue un jeune prodige bien tête à claques. Le fait d’avoir deux films permet d’éviter une écriture binaire pour ces personnages, leur permettant de sortir de la caricature grâce à des nuances appréciables.

Un peu plus intelligent et fouillé que la moyenne, Goal of the Dead est probablement l’un des meilleurs films d’infectés de ces dernières années. Les grands médias étrangers n’ont pas boudé leur plaisir, faites en de même !

Critique par Alex B

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