Hellraiser 5 : Inferno (V)

Hellraiser 5 : Inferno (V) (2000)

  • Titre original: Hellraiser: Inferno
  • Note
    7/10
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    Le détective Joseph Thorne, en enquêtant sur la mort d'une ancienne connaissance, découvre une étrange boîte...

    Après deux premiers films de très bonne qualité, un troisième tendant vers le nanar sauce Freddy, et un quatrième… dans l’espace, ce qui est rarement une bonne idée, les studios Miramax se souviennent qu’ils doivent remettre un film en chantier s’ils ne veulent pas perdre les droits de la saga (Miramax qui appartenaient à Disney à l’époque, oui oui, Disney a fait du Hellraiser, même si en réalité le contrôle de la compagnie allait plutôt aux frère Weinstein).
    Ca tombe bien, quelques temps avant, le studio recevait la visite du réalisateur Scott Derrickson venu présenter son scenario « Darkness Falling », l’histoire d’un policier plongeant lors d’une enquête dans un monde onirique et démoniaque et ayant quelques difficultés a distinguer le réel de l’imaginaire.

    Les Weinstein, chimistes en herbe du cinéma, prendront une pincée de polar noir du scenario original, saupoudreront d’un peu de Hellraiser, rajouteront du Silent Hill, mélangeront le tout avec 2 millions de dollars (2 fois moins que l’épisode précédent) et un réalisateur novice, et obtiendront le 5eme opus de la saga : Hellraiser – Inferno. Une base de recette consistant à récupérer un scenario random et à y ajouter du Hellraiser par dessus qui sera reprise dans les épisodes suivants, avec des résultats plus ou moins heureux. Moins heureux en tout cas que la carrière du réalisateur qui officiera par la suite sur Sinister et Docteur Strange, après avoir commencé par le scenario d’Urban Legend 2, une belle progression.

    Image du film "Hellraiser 5 : Inferno (V)"

    © 2000 Miramax − Tous droits réservés.

    Le film démarre sur une présentation simple et efficace du personnage.
    Scène 1: Un homme, Joseph Thorne, joue aux échecs, et gagne : houlala qu’il est intelligent.
    Scène 2: Il récupère de l’argent qu’il avait parié avec son adversaire après sa victoire : ha en fait, il est moralement assez limite.
    Scène 3: Il se change, mets son arme et son badge à sa ceinture et part au travail dans la foulée : ok, il est policier.
    Scène 4: Arrivé sur une scène de crime macabre, où il découvrira la présence du cadavre d’ancien camarade d’école démembré dans une mise en scène faisant penser à un rituel démoniaque, et une boite bien connu des amateurs de la saga posée non loin de lui. Spoiler : c’est la boite de Lemarchand, vu dans chaque épisode de la saga, qui ouvre les portes de  l’enfer et fait venir les cénobites, démons du plaisir et de la douleur, sur terre. A ce stade on se demande bien ce qu’il va pouvoir se passer par la suite.
    Scène 5: Le policier prend la boite pour l’étudier, rentre chez lui , et annonce à sa famille qu’il n’a pas le temps de rester longtemps, il doit travailler sur une nouvelle enquête.
    Scène 6: Sauf qu’au lieu de partir travailler directement, monsieur fera un petit arrêt dans ce qui semble être une maison close, consommant prostitué et drogue dure, il faut bien se détendre un peu avec un métier aussi stressant: c’est confirmé, le personnage est plus que limite moralement et ne respecte même pas sa propre famille..

    Maintenant le personnage principal est présenté, il est temps d’ouvrir la boite, au bout d’à peine 14 minutes de films montre en main. Ce que Joseph fera… en jouant quelques secondes avec la boite pendant une pause pipi après sa soirée de « détente ». Pas aussi stylisé que les mises en scènes macabres d’ouverture de la boite habituelles de la saga. Mais au moins, on rentre très rapidement dans le vif du sujet. Une fois la boite ouverte, c’est parti. Apparition des jumelles cénobites mutilées (pléonasme) et de créatures sans visage voir sans jambes digne de l’échelle de Jacob et Silent Hill se multiplient, pendant que des meurtres de personnes toutes liées au héros vont continuer à arriver, l’obligeant à devoir prouver son  innocence tout en suivant la piste d’un mystérieux tueur nommé « l’Ingénieur ».

    Image du film "Hellraiser 5 : Inferno (V)"

    © 2000 Miramax − Tous droits réservés.

    Niveau réalisation, l’aspect DTV et faible budget se ressent, mais c’est du DTV très très propre et léché. Certaines scènes sont vraiment impressionnante en terme de mise en scène et de jeu de lumière, et retransmettent parfaitement l’angoisse du héro et les différences entre la réalité brute et violente, et le monde du rêve, plus éthéré avec quelques cadrages assez originaux, mais tout aussi violent.

    Les apparitions des cénobites sont rares mais sont quasi toujours efficaces, arrivant à créer un sentiment d’angoisse et d’anormalité avec une esthétique presque parfaite, surtout en considérant le budget réduit du film.
    A l’instar du personnage principal, le spectateur n’arrive pas toujours à distinguer le réel de l’imaginaire et est entrainé dans sa spirale de folie et sa descente en enfer en même tant que lui. Les acteurs sont relativement correct pour ce genre de production, un petit bémol toutefois pour Craig Sheffer qui joue le détective Joseph Thorne de façon soit inexpressive, soit à l’inverse de manière trop exagéré. Le juste milieu n’a pas été trouvé sur la façon dont il doit jouer son personnage, dommage vu que l’on va s’intéresser à lui pendant 99% du film.

    Quelques autres petits défauts sont également à noter. L’aspect DTV donne une image parfois justement trop propre, certains décors auraient mérité un peu plus de saletés et de crasse. Il est étrange de se retrouver face à des scènes « classique » de la série Hellraiser à base de plantage de crochets, de torture, et de sang, dans des décors totalement aseptisés semblant avoir été nettoyé à fond. De plus, bien que la variation autour des cénobites et de leur chef Pinhead s’avère très intéressante, elle est très éloignée de la mythologie développée jusqu’ici. On passe de sortes de démons/déités du plaisir par la douleur dans les anciens films à des créatures moralisatrice au possible, qui semble représenter la culpabilité du héros. Intéressant donc, Silent Hillien, mais rien à voir avec la mythologie d’Hellraiser. Conséquence logique de son rajout par dessus un scenario préexistant.
    Le film n’évite pas non plus certains poncifs pour rappeler qu’on est bien dans la série Hellraiser (la scène de la visite dans un salon de tatouage et piercing franchement inutile, les répliques cultes à droite à gauche), et une scène en particulier s’avère extrêmement ridicule et hors propos : un combat à main nue contre deux cowboys asiatique adepte du kung-fu, ça ne colle pas trop à l’ambiance générale.


    Au final, Hellraiser 5 est un film avec des défauts oui, surtout pour un fan de la saga qui trouvera ici la mythologie complètement dénaturée (pauvre fan, tu ne sais pas encore ce qui t’attend pour la suite) et un niveau de gore inférieur à ce dont la série à l’habitude, mais un très bon thriller policier, bien que prévisible dans sa construction, avec une bonne ambiance film noir, et un aspect fantastique très réussi. Et en bonus une bande son très immersive.

    Un bon point d’entrée pour commencer à s’intéresser à la saga Hellraiser par un film ayant au niveau de l’image moins vieilli que les premiers, qualitativement au dessus de la plupart des derniers épisodes, et qui permet de goûter les différents genres d’ambiances possibles proposées par la saga. Mais un film à oublier pour qui cherche uniquement la cohérence entre les différents épisodes.

    Par Chriska.

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