[Critique] Invisible Man

Invisible Man (2020)

  • Titre original: The Invisible Man
  • Note
    8/10
    Notez ce film :
    Nul !Très mauvaisMauvaisPas terribleMoyenPas malBonTrès bienExcellentChef d'Oeuvre (3 votes, moyenne 9,33 sur 10)
    Loading...
    Après le suicide de son ex-petit-ami, Cecilia tente de se reconstruire. Mais elle commence à soupçonner que son ancien amant n'est peut-être pas réellement mort.

    C’est dans les années 1930 que la firme Universal a fait sensation avec son “Universal Monsters”. Une série de films à l’univers partagé mettant en scène les monstres les plus célèbres de la littérature classique, comme Dracula, le monstre de Frankenstein ou encore L’Homme invisible. En 2017, le célèbre studio a tenté le coup de relancer cette saga avec la création d’un nouveau monde, le “dark universe”. Et pour commencer cette nouvelle ambition, le studio avait tout misé tout sur “La Momie” avec Tom Cruise en tête d’affiche. Problème, le film est un flop critique et public. En conséquence, le “dark universe” est très vite abandonné, mais l’idée de remettre sur le devant de la scène les monstres légendaires made in Universal reste intacte. Et c’est là qu’arrive “Invisible Man” de Leigh Whannell, un film produit en partenariat avec de Jason Blum et Blumhouse, à qui l’on doit notamment « Split » et « Get Out ».

    Image du film "Invisible Man"

    © 2020 Blumhouse Productions − Tous droits réservés.

    C’est un des fidèles de Jason Blum, Leigh Whannell (co-créateur de la saga Insidious et réalisateur de Saw) qui s’empare du mythe de l’homme invisible pour s’en servir comme d’une allégorie intelligente de la violence faite aux femmes, de la masculinité toxique et de l’invisibilisation des femmes dans la société. Et on va le dire tout de suite : le film est impeccablement mis en scène. Car c’est un véritable pari de cinéma que de filmer une telle histoire. On trouve dans Invisible Man des scènes qui sont de vraies pépites : des prises de vues qui filment le « vide » pour figurer la « présence », des champs/contre-champs glaçants lors des échanges entre l’héroïne et son harceleur. L’imprévisibilité des situations provoque chez le spectateur une imagination diabolique, une paranoïa. Avec les plans-séquences pesants, le réalisateur laisse flotter sa caméra, comme un fantôme pour rendre compte de la menace invisible. Le spectateur scrute alors la moindre parcelle de l’image. On signale également la qualité visuelle, les décors et la photographie qui sont à tomber par terre.

    Invisible Man est également très intelligemment écrit. Bien qu’on connaisse le titre du film, sa première moitié nous fait presque douter : Cécilia est-elle devenue folle ? Adrian, son ex, est-il réellement devenu invisible ? N’aurait-on pas affaire à un revenant ? Des questions qui contribuent à faire monter notre intérêt et surtout la tension. L’idée pleine de malice ici, est d’inverser la perspective, et de raconter l’histoire depuis le point de vue de la victime. Et ce n’est pas n’importe qui, qui l’incarne, mais la grande Elisabeth Moss. Révélée au grand public en 2017 dans The Handmaid’s Tale, dystopie effrayante dans laquelle les femmes fertiles ne sont traitées que comme des pondeuses, victimes de viol à répétition, l’actrice se glisse de nouveau dans la peau d’une victime en quête de justice. Et le rôle lui colle à merveille : sa sensibilité et sa force à l’écran sont impressionnantes.

    Image du film "Invisible Man"

    © 2020 Blumhouse Productions − Tous droits réservés.

    Les productions Blumhouse se suivent et ne se ressemblent pas. Alors que certaines se contentent d’abuser de jumpscares pour nous arracher quelques rares sursauts, Invisible Man nous fait monter progressivement l’angoisse jusqu’à ce qu’on en vienne à agripper les accoudoirs de notre fauteuil. Une montée en tension parfaitement menée, jusqu’au climax des dernières minutes.

    Intelligent, palpitant et avant tout conscient de son époque, Invisible Man nous horrifie avec un monstre bien plus terrifiant qu’il n’y paraît. Un film glaçant porté par une grande actrice, Elizabeth Moss. Le film impressionne par sa faculté à revenir aux sources d’un personnage classique pour mieux l’utiliser en métaphore d’un sujet contemporain

    Add to Collection

    x

    You must be logged in to collect content