[Critique] Jeu d'enfant

Jeu d'enfant (1988)

  • Titre original: Child's Play
  • 1 h 27 min | Horreur | 8 novembre 1988
    Note
    7/10
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    Pour ses six ans, Andy Barclay est comblé, sa mère lui fait cadeau d'une poupee parlante, joufflue à souhait nommée Chucky. Andy est fou de sa poupée et lui seul connait son secret. Chucky sait faire bien des choses, elle est même capable de tuer...

    Les années 80 ont vu naître tout un tas de boogeymens, devenus des icônes du cinéma horrifique. On pense surtout aux slashers et à Jason Voorhees, Michael Myers et Freddy Krueger. Gros carton au box-office, suites multiples, on connait la suite. À la fin des années 80, alors que les idées originales deviennent rares, le genre continue de se diversifier, avec des apports du fantastique, mais aussi des aspects plus légers, voire comiques. On se retrouve alors en 1988 avec une figure qui va marquer de son empreinte le cinéma d’horreur : Chucky. Réalisé par Tom Holland, celui-ci a déjà signé en 1985 l’excellent « Vampire Vous Avez Dit Vampire ? » (Fright Night). Il préférera d’ailleurs réaliser « Jeu d’Enfant » que la suite de son propre film, qui atterrira entre les mains du cinéaste Tommy Lee Wallace.

    Image du film "Jeu d'enfant"

    © 1988 United Artists − Tous droits réservés.

    Originalement intitulé « Batteries Not Included », le titre du scénario du jeune Don Mancini sera changé à cause de la sortie d’un film au même titre l’année précédente, produit par Steven Spielberg. Pas mal de choses seront changées par rapport au scénario initial, notamment la plupart de la mythologie de la poupée sanguinaire. Film hybride surfant entre le thriller (la scène d’ouverture, le focus sur l’enquête et le personnage du flic, au coeur du métrage), le fantastique (les incantations) et le slasher, « Jeu d’enfants » fonctionne bien, grâce à l’inventivité du scénario et au suspense. Holland choisit d’utiliser plutôt l’ambiance glauque et l’action hors-champ pour construire son film et ménager le mystère. L’utilisation de la caméra subjective par exemple, à hauteur d’enfant, met le doute dans l’esprit du spectateur. Même si elle est un peu longue, cette première partie installe les protagonistes mais ne fait que reculer le moment fatidique. C’est seulement à la 45e minute qu’on voit pour la première fois Chucky s’animer alors qu’il affronte la mère d’Andy pour la première fois.

    Image du film "Jeu d'enfant"

    © 1988 United Artists − Tous droits réservés.

    On peut alors découvrir le travail incroyable fait sur la marionnette qui donne vie à la poupée maudite. En mélangeant des robots avec des doublures (principalement l’acteur de petite taille Ed Gale), on arrive à croire parfaitement que ce patin est réellement vivant, à une époque où les effets spéciaux numériques étaient encore impossible ou trop onéreux. D’ailleurs, le look salopette et sweat multicolore s’inspire d’une poupée Hasbro de l’époque, baptisée « My Buddy ». C’est dans le fameux final que Chucky va monter (ENFIN) toute sa monstruosité même si sa personnalité démoniaque et sadique n’est pas encore très développée. Le sous-texte sur la société de consommation et la cellule familiale qui éclate n’est d’ailleurs pas inintéressant : en plein dans les années 80 où la TV a fait son entrée dans le salon des Américains, le film questionne l’influence des multi-nationales, de la publicité et de leurs produits sur les jeunes générations.

    Au final assez peu sanglant, on revoit malgré tout « Jeu d’enfants » avec un plaisir non dissimulé. Une idée originale, un scénario mis en images par un réalisateur de talent : il n’en fallait pas plus pour lancer une saga qui partira dans le divertissement le plus WTF, pour mieux revenir à ses origines. Et surement l’une des plus divertissantes.

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