[Critique] L’ inquiétante absence

L’ inquiétante absence (2019)

Note
8/10
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Le documentaire L’inquiétante absence s’interroge sur l’état actuel du cinéma de genre au Québec, et cherche à répondre aux deux questions suivantes : considérant la grande richesse du cinéma d’ici, comment se fait-il que des genres comme l’horreur, la science-fiction ou le fantastique aient été si peu traités à l’écran, et comment rendre justice aux créateurs et aux passionnés de cinéma de genre au Québec?

La province du Québec, au Canada, est célèbre dans le monde du cinéma pour sa finesse dramatique, remportant une quantité impressionnante de prix à travers les années. Toutefois, Québec a seulement un léger pan de son cinéma dédié aux films de genre : horreur, science-fiction, fantaisie, etc. Pourquoi si peu de cinéma de genre présent au Québec ? Telle est la question dans « L’inquiétante absence », un documentaire québécois concernant l’état du cinéma de genre à l’intérieur de sa propre province, ayant fait sa première mondiale au Festival Fantasia.

Pourquoi les Québécois regardent de haut les cinéastes canadiens lorsqu’un film d’horreur est produit dans leur propre pays ? Les gens de cette province semblent avoir une idée préconçue selon laquelle le genre ne leur appartient pas; que les Américains sont les seuls à savoir faire de vrais films d’horreur. Même lorsqu’un film est écrit et réalisé par un Québécois, filmé au Québec, produit par des Québécois, et mettant en vedette des Québécois, les gens prétendent que « ce n’est pas du cinéma québécois. » « L’inquiétante absence » est un documentaire qui souligne cette problématique et énonce plusieurs raisons pourquoi l’horreur, la science-fiction et les films fantastiques sont mal vus par la majorité de la province canadienne. À travers des échanges avec des créateurs et directeurs de festivals et des interviews avec des cinéastes québécois de renommée comme Robin Aubert, Patrick Huard, Erik Canuel, Jean-Claude Lord et plusieurs autres (en plus du Torontois mondialement célèbre David Cronenberg), nous obtenons des témoignages intéressants et cruciaux par rapport à de divers aspects de ce type de cinéma.

Pourquoi un film d’horreur québécois comme « Les affamés » (2017) de Robin Aubert, gagnant de nombreux prix autour du monde, reçoit une sortie en salle extrêmement limitée dans sa propre province alors qu’il est projeté sur des centaines d’écrans autour du monde ? Pour ajouter l’insulte à l’injure : pourquoi, lors de sa sortie en DVD et Blu-Ray, le film n’était même pas disponible au Québec et les Québécois devaient le commander de pays comme l’Espagne pour s’en procurer une copie ? Il a finalement été distribué au Québec par la suite, mais seulement après une énorme révolte des fans d’horreur québécois.

Certains festivals comme le prestigieux Festival Fantasia (dans lequel le documentaire à fait sa première) nous sont présentés. Celui-ci est maintenant reconnu mondialement, ainsi que le Festival Spasm, dédié aux courts métrages du Québec.

Ce qui est véritablement intéressant dans ce documentaire est qu’il ouvre les yeux à tous; même ceux qui croyaient être pleinement conscient du malheureux phénomène. Allant de suggestions de scénarios potentiels auxquels aucun cinéaste n’oserait toucher jusqu’à des anecdotes honteuses sur la publicité et la critique du cinéma de genre au Québec, nous sommes témoins de problématiques qui ont lieu depuis des années dans ce domaine.

La seule faiblesse du documentaire estqu’il y a trop de bavardage. Cependant, c’est la façon dont le tout a été assemblé qui donne parfois l’impression qu’il y a énormément de discussion sans « divertissement » qui permettrait aux spectateurs une petite pause afin de se reconcentrer ensuite sur ce sujet extrêmement pertinent. De plus, il ne semble pas il y avoir un réel montage des différents interviews sous de différent thèmes ou « chapitres », cela nous donne parfois l’impression de sauter d’un sujet à l’autre pour ensuite revenir à un sujet qui avait déjà été abordé.

Cependant, cet aspect n’est qu’un détail mineur qui se perd dans l’importance de ce documentaire. La forme peut parfois paraître terne, mais c’est son contenu qui est crucial et qui devrait être crié sur tous les toits du Québec pour sensibiliser son industrie du cinéma et ses cinéphiles à se réveiller. Pour ceux qui n’ont pas d’intérêt au cinéma de genre : visionnez le documentaire. Vous obtiendrez un aperçu dans ce monde phénoménalement intelligent et divertissant. Pour ceux qui sont accros au cinéma de genre : visionnez le documentaire, aussi. Vous en aurez des frissons comme apr exemple, lorsqu’un acteur comme Patrick Huard décrit sa première expériences à Fantasia.

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