[Critique] La terreur des zombies

La terreur des zombies (1980)

  • Titre original: Zombi Holocaust
  • Durée inconnue | Horreur | 27 mars 1980
    Note
    2/10
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    Une série de crimes abominables dans la ville de New York conduisent le docteur Peter Chandler et la belle docteur Laurie Ridgeway avec d'autres membres d'une expédition à l'île de Kito, le dieu cannibale, perdue dans l'archipel des Moluques et sont rapidement confrontés à des cannibales puis à des zombies créés par le sinistre Docteur O'Brien.

    Les vols d’organes dans les hôpitaux de New York se multiplient. Une équipe d’anthropologues et de journalistes vont relier ces crimes à une secte se trouvant dans une petite île de l’Asie du Sud. Une fois sur place, nos héros seront non seulement confrontés à cette dangereuse secte cannibale mais également à de terrifiants morts-vivants. L’inquiétant Dr. Butcher serait-il à l’origine de ces phénomènes monstrueux ?

    Désireux de surfer sur la vague montante du cinéma zombiesque à la sauce italienne et fort de sa première expérience fructueuse avec Zombi 2 (L’Enfer Des Zombies) réalisé par Lucio Fulci en 1979 ; le producteur Fabrizio De Angelis décide dans la même année de remettre le couvert avec Zombi Holocaust, intitulé La Terreur Des Zombies sur le sol français. Il confie donc les commandes de la réalisation à un certain Marino Girolami, crédité ici sous le pseudonyme de Frank Martin (c’était la mode en Italie des années 70-80) ; réalisateur prolifique de péplums et autres westerns-spaghetti mais aussi de quelques films érotiques de seconde zone (comme les trois-quarts des réalisateurs italiens de l’époque). Non content de plagier complètement certaines parties du scénario du film de Lucio Fulci, notre ingénieux producteur décide de recycler certains des acteurs déjà présents au casting de Zombi 2, dont l’écossais Ian McCulloch et son acolyte Dakkar, histoire de faire une petite filiation entre les deux œuvres. Et, comme deux poules aux œufs d’or valent mieux qu’une, lui vient LA super idée de faire un film à la fois avec des zombies ET des cannibales, histoire de surfer aussi un peu sur la vague Cannibal Holocaust de Ruggiero Deodato. Zombi Holocaust est donc un film-foutoir, le cul entre deux chaises si je puis dire, qui tente vainement de grappiller un peu de l’aura de deux grands réalisateurs pour ne réussir au final qu’à produire un film exécrable digne des pires séries Z de la production italienne.

    Zombies ou sans-abris ?

    L’élément sans doute le plus aberrant de cette minable production opportuniste reste l’arnaque totale que représentent les zombies. En plus d’être vraiment, mais alors vraiment très moches (les maquilleurs se contentant de leur tartiner une bonne couche de boue sur la gueule et le tour est joué) ils sont carrément absents du film, totalement inutiles à l’histoire et ne constituent en fin de compte qu’un prétexte hypocrite pour justifier le titre jugé vendeur de Zombi Holocaust, du genre « Ok les gars, c’est bon, on va juste mettre deux-trois zombies vers la fin, histoire qu’on m’attaque pas pour publicité mensongère, quand même… », et c’est tout. Les ennemis principaux sont donc des pseudo-cannibales artistes (si, si, d’ailleurs je peux même vous dire qu’ils adorent peindre des petites fleurs violettes toutes mignonnes sur les corps de femmes blondes aux gros nibars) pas crédibles pour un sou et considérés avec un tel mépris post-colonialiste que cela en deviendrait presque gênant si le film n’atteignait pas un niveau aussi bas (« Va me chercher à manger ! Enterre les corps !»).

    zombieHolocaust_3

    Les cannibales de Zombi Holocaust sont décidément très inspirés…

    Parlons-en justement du scénario, car c’est du lourd, du très lourd… Les dialogues, en plus d’être atrocement doublés (les doubleurs donnent l’impression de lire leurs textes en jouant des maracas), regorgent de petites perles hilarantes atteignant des sommets de superficialité et de vacuité désolantes (« J’ai cru voir une ombre, mais peut-être ce n’était que le feuillage… »), quand ils ne sont pas tout bonnement incompréhensibles (« Son système nerveux est ébranlé, vous devez partir au plus vite ! »). Quand on entend ça (et encore, j’en ai oublié un paquet), on a largement de quoi se demander à juste titre si ce très cher Fabrizio De Angelis n’a pas écrit son scénario en une seule nuit et en pleine montée d’acide… Dans tous les cas, on rit quand même pas mal face à telle démonstration de vide scénaristique, j’accuse même quelques petits fou rires nerveux à certains moments (ben ouais, vaut mieux en rire qu’en pleurer…). Les personnages sont tout ce qu’il y a de plus creux et inexpressifs, surtout Alexandra Delli Colli (ou Alexandra Cole, ça dépend des films, qui suivra Lucio Fulci quatre ans plus sur L’Éventreur De New-York) avec sa face placide de poupée Barbie peroxydée (le Botox existait-il déjà ?) et que n’importe quel prétexte suffit à dévêtir ; sans parler de Ian McCulloch, complètement à côté de la plaque en tombeur irrésistible malgré sa calvitie avancée (et hautement crispante…) et encore plus risible en héros individualiste sans cœur et sans courage (« Bon, ce pauvre Mikani a disparu en hurlant à la mort mais on n’ira le chercher que demain matin et pas plus de trente minutes, c’est plus sûr… ». Seul Donald O’Brien (Une Poignée De Salopards ; Le Nom De La Rose) alias le docteur Butcher, réussit à tirer son épingle du jeu en s’appropriant de manière plutôt réussie son rôle de savant fou furieux obsédé par la transplantation cérébrale et la domination du monde. Tant mieux, parce que son apparition à l’écran et les expériences morbides à la Docteur Moreau qui s’en suivent sont absolument tout ce qui nous retient de ne pas éteindre la télé pour aller nous pendre haut et court.

    Admirez le réalisme extrême des effets spéciaux !

    L’un des seuls éléments potables de La Terreur Des Zombies serait peut-être ses effets spéciaux gore et outranciers qui constituent en fin de compte la seule et unique attraction du film (au moins ça…). Éventrations, énucléations, repas cannibales et autres scènes dégueulasses sont donc au programme pour pallier au vide intersidéral du scénario, mais force est de reconnaitre que cela ne suffit pas à rendre ce nanar ignoble un tant soit peu intéressant… Le plus drôle, c’est que Zombi Holocaust tente par tous les moyens de pomper son modèle, Zombi 2 (par exemple, en commençant son histoire à New York pour ensuite s’exiler sur une île du Pacifique, entre autres) mais sans jamais parvenir à conférer un semblant de profondeur à son intrigue vaseuse à souhait. Les incohérences sont légion et le comportement des personnages est tout bonnement stupide et illogique (« Bon, on va se séparer et prendre trois directions différentes… »), tandis que le film accumule les effets de style ridicules (les zooms optiques incessants sur l’emblème de la secte de Kito, avec la petite mélodie qui va bien) et nous rabat les oreilles à tout-bout-de-champ avec sa musique électronique pseudo-expérimentale carrément horripilante qui semble une fois de plus avoir été composée en plein trip psychédélique. Insupportable, vraiment… Même la séquence d’introduction est ratée : thème musical pourri, plan fixe inintelligible (euh… qu’est-ce qu’on est censé voir là ?), police du générique d’un mauvais goût absolu… D’entrée de jeu, on sait à quoi s’attendre, c’est clair.

    Un clin d’œil à Dawn Of The Dead ? Même pas…

    Zombi Holocaust peut donc légitimement être considéré comme l’un des pires films de morts-vivants jamais réalisés, un plagiat opportuniste et hypocrite, aussi risible que désespérant et creux à en gerber, un foutage de gueule complet, quoi… Une daube intégrale qui n’aurait jamais du voir le jour mais qui en fera quand même marrer certains !

    Par Emmanuelle Ignacchiti

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