[Critique] Night Shot

Night Shot (2018)

1 h 30 min | Horreur | 1 novembre 2018
Note
6/10
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Une jeune blogueuse spécialisée dans l’exploration urbaine (urbex) décide d’aller visiter un gigantesque hôpital abandonné. Comme toujours elle part seule et de nuit avec son cameraman, afin de faire vivre en direct ses aventures à ses followers, avec une particularité : ne jamais couper la caméra ! Mais ce soir le lieu qu’elle a choisi va lui faire vivre un véritable cauchemar, les drames du passé y ont laissé leurs traces…

Alors qu’on le croyait mort, le found footage accouche de temps à autres de nouveaux rejetons, dont ce « Night Shot », nouvelle exclusivité de la plateforme de SVOD Shadowz. il s’agit d’une production indépendante française tournée en 2016 qui n’arrive qu’aujourd’hui sur le territoire. Pour son premier (et à ce jour seul) long métrage, le réalisateur Hugo Kôning prend le pari assez fou de tourner son film en un unique plan séquence, type de plan apprécié des cinéphiles de par la performance technique que cela représente. C’est aussi dû au fait que l’absence de montage permet de plus s’impliquer dans les scènes qui emploient ce procédé.

Ce found footage a été tourné dans le sanatorium d’Aincourt dans le Val d’Oise, lieu connu des amateurs d’urbex et accessoirement lieu réputé hanté.
Il aura fallu sept jours et quatorze prises, à raison de deux essais par nuit, pour obtenir le fameux plan qui deviendra « Night Shot ». De bonnes intentions, mais pour quel résultat ? Sur le plan technique, le film tient toutes ses promesses, le spectateur est plongé avec l’actrice dans les tréfonds de la bâtisse, avec la terrible impression de visionner un live sur son écran. Le plus impressionant est l’exploitation du décor, le sanatorium d’Aincourt , n’a pas été qu’effleuré et ça se voit qu’il a fait l’objet d’une véritable exploration, si bien que le réalisateur nous fait croire, sans peine et sans artifice, que le batiment change d’apparence afin de garder ses proies prisonnières de ses entrailles.

Malgré ces qualités, « Night Shot » loupe le coche sur plusieurs points, en premier lieu à cause du personnage du cameraman. Car si la prestation de Nathalie Couturier, (entre acting, improvisation, et certainement un petit ras le bol au bout d’une semaine) est exemplaire, ce dernier fait preuve d’un calme face à la situation qui fait perdre en crédibilité l’ensemble du métrage. Coté flippe, si il faut reconnaitre une atmosphère plutôt opressante en millieu de métrage, coincé entre un premier tier ennuyeux et une dernière partie qui devient une adaptation non officielle du jeu vidéo « Outlast », le film ne fait jamais réelement peur.

Viens enfin le défaut propre au fond footage, celui qui rend le genre caduc mais sans lequel il n’existerait pas: cette obsession de filmer au
détriment du reste. Car si la justification est dans l’air du temps ( la course aux followers et autres likes), on ne peut s’empêcher de penser que le cameraman devrait songer à poser sa caméra et utiliser ses deux mains pour survivre plutôt que de filmer sa descente aux enfers. En définitive, « Night Shot » est un défi technique réussi et une petite curiosité à découvrir, l’invisibilité de l’oeuvre demeurant incompréhensible aux vues du concept, un argument marketing qui, dans les mains d’un distributeur qui aurait su l’exploiter ( Jason Blum , où étais-tu ?), aurait permis un petit hold up au box office à l’image de ceux réalisés par Le projet Blair Witch et Paranormal Activity, et aurait propulseé son actrice principale et son réalisateur sur le devant de la scène. A découvrir en exclusivité sur Shadowz.

Par Jonathan Roth

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