[Critique] Rumah Dara

Rumah Dara (2009)

Note
4/10
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Vendu comme le film choc indonésien-singapourien de 2009, ce RUMAH DARA des frères Mo sauve tout juste les meubles sur un scénario éculé. Darah aka «Macabre » est une production horrifique indonésienne réalisée par les frères Mo qui retrouvent ici pour la troisième fois Darah, mère de famille cannibale et dotée d’une force surnaturelle. Ce personnage inquiétant et à la voix grave revient donc après un premier « Darah » sorti en 2007 et un autre sorti dans le cadre de l’anthologie de courts métrages horrifique « Takut : Faces of Fear ».

Le scénario se calque sur les grandes lignes d’un « Massacre à la Tronçonneuse » en y ajoutant l’attrait des vertus anti-vieillissantes d’un régime cannibale. Le film suit ainsi une bande de jeunes partis en périple dans la cambrousse indonésienne et acceptant de faire un détour pour ramener chez elle une jeune femme perdue sur une route pluvieuse. Arrivée chez cette dernière, la petite bande rencontre Darah, la mère de la jeune fille, et accepte une invitation à dîner avec le reste de la famille.

Pour la suite des événements, très peu de suspense ici : les cinq jeunes se retrouvent rapidement piégés puis traqués par Darah  et ses rejetons tous plus allumés les uns que les autres. Entre le pervers gras du bide à lunettes qui se trouvera être le boucher de service, la fille nymphomane plus sado que maso et un jeune homme aussi balèze que le jeu d’acteur tout en regards outranciers frise ici le cabotinage absolu – cela en ne prononçant que cinq phrases dans tout le métrage, ce qui n’est pas évident –  nos jeunes indonésiens ont fort à faire et passent les trois quart du métrage à subir sévices sur sévices avant de s’énerver un peu sur la fin.

En plus de cette traditionnelle ligne scénaristique suivant le calvaire de jeunes citadins piégés dans l’antre d’une famille cannibale, « Darah » semble aussi s’être inspiré du film français « A l’Intérieur », cela via la présence d’une femme enceinte parmi les potentielles victimes. On retrouvera ainsi une scène où la future mère, sur le point d’accoucher, s’enferme à double-tour dans une pièce pendant que Béatrice Dalle / Darah, très intéressée par sa progéniture, rôde autour de la porte. On pourrait croire à une coïncidence jusqu’à l’arrivée de policiers accompagnés d’un prisonnier et qui se feront massacrer une fois l’obscurité tombée sur les lieux du crime. Soit quasiment un repiquage intégral d’une des scènes les plus intense du film d’Alexandre Bustillo et de Julien Maury.

Je rajouterais même que l’idée d’une société secrète faisant tranquillement ses emplettes chez cette famille de boucher-charcutier peut aussi rappeler le final de « Martyrs ». Comme quoi, notre cinéma français s’exporte plutôt pas mal en Asie du Sud Est…

Niveau gore, ce « Darah » se montre plutôt généreux : hectolitres de sang, décapitations, coup de tronçonneuses, lacération au couteau, énucléation, décapitation à main nu… La forte résistance des adversaires, causée par leur régime alimentaire à base de calories humaines, devient propice à plusieurs tentatives de meurtres sur leur personne, souvent sans succès, ce qui peut même finir par paraître un peu too much lors d’un final bien grand-guignolesque.

Niveau réalisation, entre faux raccords en pagaille et une impression permanente d’image recadrée, les frères Mo arrivent parfois à faire illusion comme lors de ce combat final à coup de tronçonneuse et plutôt bien torché. Enfin… dire que l’on n’est pas venu ici pour prendre une leçon de cinéma est un euphémisme… Même si l’on est plus proche de « Frontières » que du classique de Tobe Hooper, ce « Darah » est un slasher indonésien sans surprise mais plaisant à regarder, cela malgré ces longueurs et quelques effets de réalisation – genre « vue subjective de tronçonneuse » – complètement kitsch. Le côté « déjà vu » du film se voit amoindri par l’introduction light d’une mythologie autour de la famille ainsi que par la présence de la charismatique Darah, incarnée par l’actrice Shareefa Daanish.

Par Alex Béguin

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