[Critique] Saw

Saw (2004)

1 h 44 min | Horreur, Mystère, Crime | 1 octobre 2004
Note
9/10
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Deux hommes se réveillent enchaînés au mur d'une salle de bains. Ils ignorent où ils sont et ne se connaissent pas. Ils savent juste que l'un doit absolument tuer l'autre, sinon dans moins de huit heures, ils seront exécutés tous les deux...Voici l'une des situations imagnées par un machiavélique maître criminel qui impose à ses victimes des choix auxquels personne ne souhaite jamais être confronté un jour. Un détective est chargé de l'enquête...

Revenons en 2005 ( Saw est sorti en octobre 2004 aux états unis, le film arrivera cinq mois plus tard sur nos écrans français). A cette époque, Saw est le film dont tout le monde parle, le film que tout le monde doit absolument voir au point de devenir le film d’horreur d’une génération. Le premier opus a donc fait grand bruit à l’époque, mais la saga s’est fait rouler dans la boue à cause de ses suites. Saw est l’exemple même d’un bon film qui peut enjendrer le pire, à cause de motivation mercantiles qui vont toujorus plus loin.

Image du film "Saw"

© 2004 Twisted Pictures − Tous droits réservés.

De quoi ça parle déjà ? Deux hommes se reveillent dans une salle, chacun est enchainé à un tuyau, par qui ? Pourquoi ? Quelle est l’issue possible pour gagner le jeu d’un maniaque qui leur donne seulement six heures pour s’en
sortir ? Tourné en dix huit jours pour un peu plus d’un million de dollars, la destiné de Saw aurait dû être la distribution en Direct-toDVD. Mais c’est sans compter sur son réalisateur/scénariste James Wan, et son co-scénariste et acteur Leigh Wanell qui tenaient
un script en béton armé, destiné à laisser une trace dans l’histoire du cinéma à en faire un emblème du film de genre. Ils ne se doutaient pas de leur film allait être le premier d’un sous-genre qui deviendra des années plus tard une usine à petites production sans le sou.

Image du film "Saw"

© 2004 Twisted Pictures − Tous droits réservés.

En apparence, le premier Saw a tout du thriller post-Seven : un atmosphère glauque, un tueur plus intelligent que ses victimes et un flic qui le poursuit ( Danny Glover, là où on ne l’attendait pas). Le récit est ponctué de flashbacks pour nous éclairer sur la
raison pour laquelle nos protagonistes sont enfermés. Palpitant, le scénario de Saw est sa principale force, car il arrive à emmener le spectateur dans une intrigue en apparence classique et faussement linéaire ( les flashbacks, donc). Le script est un veritable puzzle, dont les premières pièces sont mises le nez du spectateur, sans qu’il ne s’en rende compte. Toutes les pièces vont s’assembler, donnant un double sens au titre ( Saw pour la scie et pour le passé du verbe voir en anglais), jusqu’à un twist que personne n’attendait. D’ailleurs, revoir le film est recommandé pour voir tout les indices disséminés ici et là, que l’on avait pas vu lors du premier visionnage.

L’autre argument de taille, c’est son réalisateur. James Wan sait, en dehors de scènes clipesques incompréhensibles, manier la caméra : parfois à l’épaule dès qu’il filme le huit clos, ce qui renforçe le sentiment d’urgence au fur et à mesure que le temps passe. D’autres moments, la caméra passe en mode atmosphérique lors des scènes qui se passent à l’exterieur : la scène avec l’appareil photo ou celle dans la chambre de la petite fille annonce les prochains Insidious ou Conjuring. Avec Saw, un cinéaste est né. Revoir Saw aujourd’hui, c’est constater qu’après avoir initié un genre nouveau (le torture porn), après sept suites (en attendant le tout nouveau « Spiral »), le film est devenu l’un des plus importants des années 2000.

Par Jonathan Roch

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