[Critique] Slashers

Slashers (2001)

Note
5/10
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"Slashers" est le nom d’une émission de télé réalité nipponne, la plus célèbre et la plus regardée au monde. Le principe en est fort simple : six candidats doivent pénétrer dans le "Hangar de la mort", un vaste labyrinthe où vont sévir trois "Slashers" aussi délirants qu’impitoyables : Charlie le Tronçonneur, le Révérend et le Dr Dépeceur. Un seul objectif pour les candidats: échapper à une mort atroce durant un peu plus d’une heure, devant la steadycam attentive de Hideo. Hormis l’interdiction de gêner ce dernier et de bouger durant les pauses publicitaires, tout est permis afin de s’en sortir. Aucun joueur n’ayant survécu à la dernière émission, la cagnotte s’élève cette fois à 12 millions de dollars, chaque "Slasher" tué rapportant un bonus de 2 millions. Devon, Michael, Rebecca, Rick, Megan et Brenda sont les nouveaux candidats de cette émission "spéciale américains". Lequel d’entre eux réussira à survivre?

$la$her est le nouveau show de télé réalité qui cartonne dans le monde, en provenance direct du Japon. Le concept est le suivant: six candidats, selectionés après casting, sont lachés face à trois tueurs, le but étant de survivre pour empocher une importante somme d’argent. L’émission proposée ce soir est spéciale car c’est la première à acceuillir des candidats Américains.

Tourné en 2001, alors que les loft story et autres big brother deviennent des phénomènes de société, l’objectif de Maurice Deveraux est d’une part de tirer à boulets rouges sur la télé réalité, d’autre part réaliser le rêve de tourner un film en plan séquence. Avec son cameraman équipé d’une steadycam qui colle au train des participants, Slashers se déroule en temps réel, une bonne idée entachée par le manque d’ambition de Deveraux. Certe non aidé par un budget anémique, le réalisateur n’a pas la prétention de tenter le plan séquence d’une heure et demi, il s’inspire de ce qu’Alfred Hitchkok a fait sur la corde, à savoir une succession de petits plans séquence raccordés avec discretion pour donner l’illusion d’un seul, la comparaison s’arrête là, puisqu’ici les raccords sont completement ratés.

Signalé par des baisses de tensions qui éteignent la lumière une demi seconde, la caméra et les acteurs ne sont jamais placés au même endroit d’une prise à l’autre,  cela est dû à une absence certaine de marquages au sol pour que l’équipe puisse se reperer dans l’espace. L’autre point facheux est l’emploi completement sous exploité de la steadycam, elle est ici inutile et ne rend pas justice à cette caméra qui a livré tant de plans devenus cultes, citons au hasard Marathon man, Rocky, Shining, Point Break ou, pour comparer le comparable, Street Trash de Jim Muro ( depuis steadycameur atittré de James Cameron) qui, avec un budget plus ou moins similaire à Slashers, montre que Maurice Deveraux à négligé le bel objet qu’il avait entre les mains.

Image du film "Slashers"

© 2001 − Tous droits réservés.

Techniquement raté, le film se rattrappe par le traitement du show. Si il ne faut pas s’attendre à une reflexion approfondie ou une critique acide de la télé réalité, plusieurs choses ramène à cette télé poubelle, dont le plus interessant est un trio de règles garantes d’audimate, à savoir la confession, le sexe, et la violence, qui renvoit directement aux emissions qui font aujourd’hui les beaux jours de W9 et autres NRJ12. Car, outre la notion de curiosité malsaine des téléspectateurs qu’a developpé ce genre de programme, les moments forts qui font péter les scores, le réalisateur les a compris, et les tournent à la dérision, ici une candidate qui enlève le haut ne se fera pas occire dans l’immédiat, si des participants atteignent la love room et passe à l’acte, ils gagnent une immunité et celui ou celle qui se confesse sur sa motivation à participer à $la$hers sera temporairement épargné.

Image du film "Slashers"

© 2001 − Tous droits réservés.

Quant à la violence, c’est par les meutres qu’elle s’exprime, et outre la mise en scène qui est encore une fois en peine, ils sont pour certains très gore. Si l’on fait abstraction de la mise en scène , des acteurs qui sont soit mauvais, soit dans le surjeu total, et de la localisation du jeu au japon ( les Japonais ont certe le record des jeux télé les plus insolites du monde haut la main, et les participants subissent par moment des sévices corporelles, mais de là à en faire le foyer d’un show où les candidats se font assassiner en direct) , Slashers reste aujourd’hui un temoin, certe maladroit, de l’avènement de la télé réalité, qui n’est pas inédit ( le visionaire prix du danger de Yves Boisset reste le precurseur) mais dont la dérision devrait faire reflechir certains téléspectateurs quant à leurs préférences en matière de programmes télé et l’évolution toujours plus trash de ceux-ci. Le mot de la fin concerne le dvd Français du film qui est pourvu du menu le plus débile jamais imaginé: après avoir inséré la galette, une question vous sera posé, si vous répondez par l’affirmative, aucun problème le menu s’affiche et vous pourrez naviguer sans problème. Si vous répondez non, l’action fera… buguer votre lecteur dvd !

Par Jonathan Roch

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