[Critique] Some Kind Of Hate

Some Kind Of Hate (2015)

1 h 22 min | Horreur | 2 mai 2015
Note
7/10
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Un lycéen victime de harcèlement est envoyé dans un établissement pour jeunes à problèmes. Là, le fantôme d'une adolescente sème la mutilation et la mort…

Présenté en compétition au PIFFF cette année, Some kind of hate est un premier long-métrage plus que prometteur : presque abouti. Construit autour de la délinquance et de la violence adolescente, par le biais des problématiques de la maltraitance et du harcèlement, ce slasher surnaturel cruel distille un parfum morbide qui vous enivre malgré ses défauts.

Le film décline ses thématiques intelligemment et de façon originale. Il propose un très bel équilibre entre ses niveaux de lecture, prenant pour point de départ une situation étrange : ces adolescents délinquants sont envoyés sans explication dans un centre mystérieux nommé « L’œil de l’esprit », bizarrement situé dans une zone désertique. On peut en déduire qu’ils sont censés y trouver une rédemption…

Some Kind Of Hate

A travers la haine des personnages, au-delà des bourreaux et des victimes, les motifs cinématographiques complexes se répondent. Le réalisateur utilise adroitement les codes de genres qu’il maîtrise, en écho aux sentiments négatifs ici explorés. Un exercice de style particulièrement réussi, où la représentation de la violence n’est pas complaisante car fait sens, notamment à la fin sublime de l’œuvre.

Tous les protagonistes et leurs interactions sont crédibles, complexes et plus ou moins bien interprétés. Les deux héros marginaux à tendance gothique, Lincoln et Kaitlin, fragiles, sont bien racontés dans leur ambivalence, même s’ils n’échappent pas à certains clichés. Ils voient s’inviter dans leurs vies la douloureuse et éternelle Moïra, figure martyre vengeresse fort à propos, qui absorbe et incarne toutes les souffrances et les démons de cette jeunesse perdue. La musique Death Metal, qui porte dangereusement le couple constitue presque, finalement, le personnage principal de ce slasher noir, tant son esprit hante le film, de façon vraiment pertinente.

Some Kind Of Hate

Si Adam Egypt Mortimer nous offre une œuvre cohérente et atypique, visuellement de qualité, il ne parvient en revanche pas à faire exister son personnage de croque-mitaine dont le traitement, bâclé, ne prend de fait jamais corps. Moïra, qui n’a pas de mythologie propre suffisamment développée, ne sera jamais une icône et restera sûrement dans l’ombre des ses prestigieuses sources d’inspiration, en tête bien évidemment le légendaire Freddy Krueger.

Some Kind Of Hate

Some kind of hate n’en reste pas moins une variation relativement exigeante sur ce thème, au-delà des ficelles du genre et vaut le détour par la qualité de son écriture et de sa mise en scène. Hélas, pas de sortie en salles prévue.

Critique par Marie T.

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